Le ministre Jean Boulet est accompagné sur la photo de Martin Milot, directeur recherche et développement chez Bionest, de Jean-Sébastien Dessureault de la Cellule d’expertise en robotique et en intelligence artificielle, de Louis Gendron, directeur général du Cégep de Trois-Rivières, et d’Alain Lemieux, président-directeur général de Noovelia.

Robotique et intelligence artificielle pour augmenter la productivité

TROIS-RIVIÈRES — La robotique et l’intelligence artificielle (IA) sont de plus en plus présentes au sein des entreprises et devraient l’être encore davantage dans les prochaines années. Et à l’heure où la région, tout comme l’ensemble du Québec, connaît une pénurie de main-d’œuvre, la robotique et l’IA peuvent contribuer à améliorer la productivité des entreprises.

Afin de mieux s’adapter à l’industrie 4.0, les entreprises de la région peuvent maintenant compter sur l’aide de la nouvelle Cellule d’expertise en robotique et intelligence artificielle du Cégep de Trois-Rivières. «Nous sommes dans un contexte de rareté de main-d’œuvre, la population vieillit et le nombre de personnes en âge de travailler diminue. Conjugué à la croissance économique, il y a des besoins de main-d’œuvre partout, dans toutes les régions du Québec, et dans tous les secteurs. Et nous avons un retard de productivité au Québec», soutient le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale et ministre responsable de la Mauricie, le député de Trois-Rivières, Jean Boulet.

Le Québec est en effet en retard au niveau de la productivité par rapport à notre voisin l’Ontario ou encore les États-Unis ou la France. «Quand on se compare à ces endroits, on constate que notre PIB par habitant est beaucoup plus bas qu’ailleurs. En terme de productivité, les économismes me disent qu’il ne faut pas travailler plus, il faut travailler mieux», mentionne le ministre Jean Boulet. «L’amélioration de la productivité passe par la robotisation et l’intelligence artificielle.»

La Cellule d’expertise en robotique et intelligence artificielle offrira notamment de l’accompagnement, des conférences et de la formation aux entreprises souhaitant moderniser leurs façons de faire. D’ailleurs une première conférence du chercheur Yoshua Bengio sur Le progrès en intelligence artificielle et enjeux sociétaux sera présentée lundi matin au Cégep de Trois-Rivières. Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale encourage fortement les entreprises à bénéficier des services de cette nouvelle cellule. «C’est une voie de l’avenir, si on veut améliorer notre productivité et la qualité de vie de nos travailleurs», soutient Jean Boulet.

Toutefois, il reste encore beaucoup de sensibilisation à faire auprès des entreprises afin que celles-ci considèrent les avantages de faire davantage de place à la robotique et à l’intelligence artificielle. Le ministre Boulet affirme que selon un sondage mené par son ministère, 70 % des entreprises ne veulent pas se robotiser, se numériser ou encore emprunter la voie de l’intelligence artificielle. «Il y a beaucoup de conscientisation à faire», avoue-t-il. «Mais c’est une nécessité économique, sociale et humaine. On doit améliorer notre productivité si on veut devenir compétitif.»

Les entreprises qui souhaitent prendre ce virage pourront compter sur l’aide de Québec, assure le ministre Boulet. Le député de Trois-Rivières a d’ailleurs déjà annoncé que son ministère assume 85 % des coûts de formation et d’adaptation des entreprises qui adhèrent aux nouvelles technologies. Le projet de Cellule d’expertise en robotique et intelligence artificielle a été développé par Jean-Sébastien Dessureault, qui s’est joint il y a quelques mois à l’équipe de la direction de la formation continue et des services aux entreprises. «Les techniques de l’intelligence artificielle sont maintenant suffisamment matures et diversifiées pour pouvoir être utiles dans une majorité de PME. Elles sont pourtant encore méconnues», explique M. Dessureault.

Le président-directeur général de Noovelia, Alain Lemieux, était présent lors du lancement de la nouvelle cellule. Son entreprise a rapidement embarqué dans l’aventure, car elle cherche un moyen de valoriser les nombreuses données récoltées qui doivent être analysées par l’intelligence artificielle. «Il va créer l’avenir différemment de ce que c’était dans le passé», soutient-il.

Bionest est aussi une des premières entreprises à bénéficier des services de la Cellule d’expertise en robotique et en intelligence artificielle. L’entreprise recherche une façon de traiter les résultats des tests annuels réalisés sur les milliers de systèmes de traitement des eaux usées de l’entreprise.