Le maire de Shawinigan, Michel Angers et la présidente de la Commission des communications et des relations avec les citoyens, Nancy Déziel, ont lancé une nouvelle campagne d’achat local mercredi, au Marché public.

Revoilà la campagne sur l’achat local

Shawinigan — Plutôt que de culpabiliser les consommateurs en estimant les fuites commerciales qui nuisent à l’économie, la Ville de Shawinigan mise sur les liens qui unissent une communauté dans sa nouvelle campagne pour mousser l’achat local. L’initiative a été lancée mercredi matin, au Marché public de l’avenue Champlain.

Au fil des années, autant la Ville que la Chambre de commerce et d’industrie de Shawinigan ont lancé un appel sur l’importance de mettre la priorité sur les détaillants locaux pour satisfaire les besoins des résidants. En janvier 2004, la firme Géocom estimait à plus de 120 millions $ la valeur des achats qui échappaient à l’économie locale chaque année. Cette prise de conscience avait incité la CCIS à lancer une campagne d’achat local en 2006, qui avait remporté un succès mitigé.

En janvier 2013, le maire, Michel Angers, relançait l’appel devant la communauté d’affaires. Quelques jours plus tard, des commerçants lui remettaient sur le nez le fait que la Ville avait retenu les services d’un traiteur de Trois-Rivières pour le souper des Fêtes des employés municipaux. L’année suivante, la CCIS avait essuyé les mêmes reproches pour l’organisation de son Gala Distinction Desjardins.

Bref, il s’agit d’un enjeu complexe. Cette fois, plutôt que de s’attarder aux dollars perdus, la Ville mise sur les relations entre les individus. Le slogan de la prochaine campagne, «Mon commerce, mon voisin» en donne un aperçu. Il s’agit de rappeler à la communauté que les commerçants vivent dans le même environnement.

«C’est une roue qui tourne», rappelle M. Angers. «Plus il y aura de commerces et plus notre ville se développera.»

La campagne publicitaire sera déployée dans plusieurs médias de la région et sur la page Facebook de la Ville. Ils mettront trois ambassadeurs en vedette, à savoir Julia Grenier (fondatrice des boissons Zénit), Justine Prud’homme (propriétaire de Chef Justine et responsable du développement au Marché public) et Félix-Antoine Huard (copropriétaire de Rum&Code). À leur façon, ils insistent sur l’importance de participer à la vie économique locale, dans un milieu sans embouteillages et facilement accessible, ce qui permet de boucler ses courses en peu de temps et ainsi profiter du reste de sa journée.

«C’est une expérience», souligne Nancy Déziel, conseillère du district de la Rivière et présidente de la Commission des communications et des relations avec les citoyens. «S’acheter un pain à la boulangerie, c’est aussi faire le tour, rencontrer les gens, prendre un bon café. C’est prendre le pouls de notre milieu!»

Un rappel

M. Angers précise que Shawinigan touche un potentiel de 90 000 consommateurs avec les municipalités avoisinantes. Il s’y dépense, annuellement, 550 millions de dollars.

Le maire laisse entendre que ce genre de campagne vise avant tout à rappeler aux citoyens l’importance d’encourager les commerçants locaux et non d’en quantifier les résultats.

«Souvent, c’est un réflexe que les gens oublient», mentionne-t-il. «Penser à l’achat local, c’est penser que le commerçant du coin peut être notre voisin, embaucher un de nos enfants, par exemple. Ça sert, d’abord et avant tout, à sensibiliser la communauté au fait que ce petit geste est toujours important.»

Ce rappel prend évidemment tout son sens dans une ère où la consommation peut se régler en un seul clic dans le confort de son foyer.

«Il faut stimuler l’achat local», convient Mme Déziel. «Les gens peuvent penser que c’est plus facile d’aller en ligne, mais quand on regarde le nombre d’heures qu’on passe devant notre téléphone ou notre ordinateur, c’est parfois moins long d’entrer dans le commerce et avoir de précieux conseils. Ce n’est pas la même expérience.»

Le maire ne croit pas qu’il faille voir une contradiction entre une campagne d’achat local et la décision de s’approvisionner dans la capitale régionale.

«On va préférer que les citoyens choisissent Shawinigan, mais Trois-Rivières n’est pas à l’extérieur», nuance M. Angers. «À l’occasion, des choix peuvent y être faits. Trois-Rivières, ce n’est pas l’ennemi! C’est une ville amie, de notre région.»

«Avant de faire un achat en ligne chez Amazon, avant d’acheter à Montréal ou à Québec, quand le produit est disponible ici, allons à Shawinigan. S’il n’est pas disponible, allons ailleurs dans la région et pas seulement à Trois-Rivières.»

Présente à cette conférence d’information, la directrice générale de la CCIS, Jacinthe Béland, salue évidemment cette nouvelle initiative. Elle croit qu’une campagne semblable fera réfléchir les gens.

«Nous voulons mettre en valeur nos commerces locaux», rappelle-t-elle. «C’est important de se poser la question, avant de faire un achat, si je peux avoir cet article à Shawinigan. De cette façon, on fait travailler les gens d’ici.»