Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet.

Retour au travail à l’ABI: Boulet débloque 1,4 M$ pour la formation des syndiqués

Bécancour — Alors que les travailleurs syndiqués de l’Aluminerie de Bécancour reprennent graduellement le boulot depuis la fin du lock-out, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, a annoncé mardi aux parties que son ministère contribuera à raison de 1,4 million de dollars à la réalisation d’un plan de formation.

«Ces formations ont pour objectif de permettre la mise à niveau des compétences des travailleurs syndiqués. Mon ministère s’est ainsi engagé, à compter du 26 juillet 2019, date où la première cohorte de travailleurs a été rappelée au travail, à rembourser 50 % des dépenses admissibles à l’employeur sur présentation des pièces justificatives», explique-t-il dans une lettre adressée au vice-président ressources humaines chez Alcoa Canada, Claude Vincent, et au président par intérim de la section locale 9700 du Syndicat des Métallos, Éric Drolet.

Le ministre Boulet leur a rappelé que le 19 juillet dernier, ils avaient signé un protocole d’entente statuant sur l’acceptation de l’offre soumise par l’employeur. «Cette entente mettait fin à un conflit de travail de dix-huit mois à l’ABI», souligne-t-il.

À titre de ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, le député de Trois-Rivières raconte avoir rapidement mobilisé ses équipes, tant des services des relations du travail que des services publics d’emploi, pour transmettre aux parties une offre de services d’accompagnement des gestionnaires et des travailleurs syndiqués.

«Depuis, la Direction régionale de Services Québec du Centre-du-Québec a établi des collaborations avec l’équipe des ressources humaines d’ABI», précise M. Boulet.

Dans ce contexte, celui-ci les encourage à explorer la possibilité de mettre sur pied un comité paritaire pour suivre le déploiement de ces formations, lequel comité pourra être soutenu financièrement par son ministère. Du même souffle, il les assure de la disponibilité du personnel de la Direction régionale de Services Québec pour les conseiller dans cette démarche.

D’ailleurs, à sa correspondance, M. Boulet a joint un document présentant l’offre de services ministérielle, dont celle de séminaires dispensés par le Secrétariat du travail pour améliorer les relations du travail.

Entre autres, on peut y lire que différentes activités peuvent être planifiées dans un plan d’intervention, telles qu’une gestion prévisionnelle de la main-d’œuvre, un plan d’intégration en emploi des travailleurs suite à un arrêt de travail de plus d’un an, des activités au niveau du climat organisationnel, etc.

De plus, si l’entreprise a un projet lié à l’achat de nouveaux équipements ou de nouvelles technologies visant à améliorer la productivité, le taux de subvention pour les activités au niveau de la gestion des ressources humaines serait de 85 %. Il en serait de même pour tout projet concernant l’amélioration des processus de travail ou l’organisation du travail.

«Moi, j’appelle ça un plan d’accompagnement qui s’appuie essentiellement sur de la formation et du développement des compétences, et dans mes mesures de concertation à l’emploi, j’encourage fortement les parties à créer un comité paritaire pour discuter de la nature de la formation, comment ça va se décliner et comment on peut s’assurer que les travailleurs aient les compétences requises par l’environnement de travail qu’on veut plus compétitif», a-t-il indiqué en entrevue au Nouvelliste. «Mon timing est parfait. J’espère insuffler un nouveau dynamisme à tout ce processus-là», renchérit le député trifluvien.

Au-delà du montant de 1,4 million de dollars, il y a donc, dit-il, ces ressources de personnes expertes, spécialisées dans le domaine des relations de travail, «et j’ai ma gang à mon service de conciliation-médiation qui peuvent se déplacer, aider les parties à résoudre des problèmes, les guider dans les processus de recherche de solutions».

«Le succès du plan de formation des employés syndiqués et l’établissement de bonnes relations du travail m’apparaissent essentiels à l’avenir de l’entreprise et à la poursuite de son rayonnement au Québec et ailleurs dans le monde. Je vous souhaite le meilleur des succès dans la reprise des opérations d’ABI», a-t-il conclu dans sa lettre.

Finalement, Jean Boulet dit suivre de près le dossier de l’usine Sural, à Bécancour. «C’est un dossier parallèle à l’ABI. Il y a des discussions avec un acheteur potentiel. Par la suite, y aura-t-il des demandes de contribution, de développement d’un partenariat avec le gouvernement? Quand on sera rendu là, on discutera, on va analyser les besoins, et si c’est compatible avec nos intérêts de développement économique régional, on va faire ce qu’on pourra faire, en tenant compte des circonstances du dossier», a commenté prudemment le ministre.