Le ministre des Finances Eric Girard
Le ministre des Finances Eric Girard

Retour au plein-emploi dans un an et demi, prévoit Girard

Le taux de chômage a presque quadruplé au Québec à cause de la COVID-19 et du confinement, passant de 4,5 % en février à 17 % en avril. Le ministre des Finances prévoit un retour au plein emploi dans un an et demi, soit vers la fin de 2021.

«Ce que je vise, c’est finir l’année autour de 8 %... Inférieur à 10 %. Je dirais 8 %. Nous étions à 4,5 % en février, mais on peut dire que le Québec était au plein-emploi, autour de 5 %. Là, on vit une récession, une interruption de l’activité économique qui est très importante. On a un taux de chômage de 17 %, mais c’est plus que ça. Les heures travaillées sont en baisse de 35 %. Il y a des gens qui se sont retirés du marché du travail. Alors, si on pouvait revenir, à la fin de l’année, autour de 8 %, ça voudrait dire que le déconfinement, la relance s’est bien passée. Et j’aimerais revoir le 5 % à la fin 2021», a déclaré Eric Girard, jeudi.

Le ministre des Finances et le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, annonçaient le devancement de 2,9 milliards $ de dépenses en infrastructures pour accélérer la relance de l’économie québécoise. Après avoir fermé 40 % de l’économie pendant huit semaines.

Ces 2,9 milliards $, qui iront entre autres dans la construction de Maisons des aînés, dans la rénovation d’écoles, dans les projets de transport en commun à Montréal et dans le réseau routier, s’ajoutent aux 11 milliards $ déjà prévus au Plan québécois des infrastructures (PQI) du 1er avril 2020 au 31 mars 2021. Le PQI grimpe donc à 13,9 milliards $ pour l’année.

«C’est toujours dans l’enveloppe qui a été annoncée au budget de 130 milliards $, précise M. Girard. C’est un devancement, ce n’est pas un ajout. L’impact serait approximativement de 0,3 % du PIB en 2020 et l’impact budgétaire serait de l’ordre de 210 millions $ sur le budget 2020-2021», puisque les paiements sont étalés sur plusieurs années.

En temps de récession, la pire depuis la Seconde Guerre mondiale, le rôle du gouvernement est «de se substituer à la demande privée qui a fléchi», répète M. Girard.

Appels d’offres modifiés

L’un des objectifs s’avère de «faciliter l’accès des entreprises aux contrats publics», en passant par une «méthode alternative d’appel d’offres» où la règle du plus bas soumissionnaire ne fera plus foi de tout, indique M. Dubé.

Pas question de couper dans les services ou d’augmenter les impôts, assurent de plus les deux ministres argentiers de l’État québécois.

Parti d’une «position enviable» de 4 milliards $ de surplus prévus pour 2020-2021, le Québec épongera plutôt un déficit de 12 à 15 milliards $ pour l’année et ne retrouvera l’équilibre budgétaire que dans trois à cinq ans.

«Dans le temps, avec le retour de la croissance économique, avec des dépenses responsables, on va y arriver, sur trois à cinq ans, à reprendre l’équilibre», promet M. Girard.

Qui se dit contre un nouvel impôt de pandémie pour les grandes entreprises profitables, comme le suggère le parti d’opposition Québec solidaire.

«Les grandes entreprises font déjà leur part au Québec. Elles représentent 1 % des entreprises et 50 % des impôts corporatifs. Et notre intention, ce n’est pas d’avoir plus d’impôts. En fait, on veut avoir plus de grandes entreprises, plus de sièges sociaux au Québec et, de maintenir une fiscalité compétitive, c’est très important pour ça», répond le ministre des Finances.

Maintenant qu’une bonne part de son budget du 10 mars est obsolète, le ministre Girard présentera un énoncé complémentaire budgétaire autour de la Saint-Jean-Baptiste, fin juin, avant la mise à jour économique prévue pour l’automne.

Où iront ces 2,9 milliards $ devancés :

  • 1,1 milliard $ à des projets d’infrastructures pour le réseau de l’éducation, dont la réfection et l’agrandissement d’écoles partout au Québec;
  • 700 millions $ au réseau de la santé et des services sociaux, dont le démarrage accéléré des Maisons des aînés;
  • 600 millions $ à des projets de transports collectifs, principalement à Montréal;
  • 370 millions $ pour le réseau routier;
  • 130 millions $ aux autres secteurs, dont 75 millions $ pour les technologies de l’information en éducation.