L’entreprise AAR Aircraft Services Trois-Rivières est appelée à se développer davantage avec ce projet d’un nouveau hangar.

Retombées de la transaction entre Air Canada et Transat A.T. : vers un nouveau hangar pour AAR

Trois-Rivières — Bonne nouvelle pour AAR Aircraft Services Trois-Rivières qui vient de signer une lettre d’intention avec Air Canada en lien avec la future acquisition du voyagiste québécois Transat A.T. L’entreprise trifluvienne se verrait ainsi confier la maintenance des cellules des flottes d’A330 d’Airbus. Encore faut-il, toutefois, qu’AAR se dote d’un nouveau hangar, ce qui nécessite un investissement de plusieurs dizaines de millions de dollars.

«On aimerait bien ça avoir ce travail-là, mais ça ne rentre pas dans le hangar chez nous. C’est trop gros. Ça sous-entend des investissements majeurs de construction d’un autre hangar à Trois-Rivières. Ce sont des implications majeures pour AAR. Il y a beaucoup de pain sur la planche. On va sûrement avoir besoin de l’aide des différents paliers de gouvernements», a confié au Nouvelliste le vice-président Opérations chez AAR, Stéphane Rochette.

La transaction d’environ 720 millions $ concernant Transat A. T., dont la clôture est prévue à la fin du deuxième trimestre de l’année en cours — soit la fin juin — doit notamment obtenir plusieurs approbations réglementaires pour aller de l’avant.

AAR fait déjà l’entretien des appareils A320 et des Embraer E190 d’Air Canada. Elle pourrait donc hériter de l’entretien des Airbus A330 et de la famille d’appareils A320 de la flotte combinée d’Air Canada et Transat A.T.

Par ailleurs, Air Canada a l’intention de confier à Avianor l’entretien de ses A220 — l’ancienne C Series de Bombardier. Là encore, un nouveau hangar serait nécessaire, mais à Mirabel.

«Cette entente conclue entre Air Canada et AAR Services d’aéronefs est une excellente nouvelle pour Trois-Rivières. On s’attend à des retombées économiques majeures dans la région, à des investissements importants dans le parc industriel aéroportuaire et à la création de nombreux emplois. L’aéronautique est un créneau prioritaire de notre Stratégie de développement économique 2020-2025. Nous sommes donc particulièrement fiers de voir AAR se développer à son plein potentiel à Trois-Rivières», a commenté Mario de Tilly, directeur général d’Innovation et Développement économique Trois-Rivières.

Or, non seulement faut-il une nouvelle construction, mais l’embauche d’une centaine de nouveaux travailleurs représentera également un défi. «On a déjà une situation difficile. S’il faut rajouter 100-125 emplois, il faut que je les trouve ces gens-là. Évidemment, on va travailler avec tous les gens concernés, que ce soit l’immigration, Emploi-Québec, les différents paliers de gouvernement, la Ville. On va avoir besoin de tout le monde là-dedans si on veut aller de l’avant», renchérit Stéphane Rochette, dont l’entreprise fait déjà travailler 425 personnes à Trois-Rivières.

Selon lui, «si les décisions se prenaient vite, il y aurait moyen peut-être de faire des fondations cet automne». «On va voir la faisabilité dans les prochaines semaines. Si nos partenaires ne nous lâchent pas, ce sera peut-être la construction d’un autre hangar pour peut-être opérer et avoir notre premier avion dans un an et demi, deux ans», poursuit-il, évoquant deux lignes de production.

«Nous sommes honorés de travailler en étroite collaboration avec un transporteur aussi respecté qu’Air Canada depuis tant d’années, et d’avoir été choisis comme fournisseur de services de maintenance pour les flottes d’A330 et d’A320. AAR est fière de soutenir l’économie canadienne et d’étendre son empreinte globale à Trois-Rivières, en particulier pour l’A330», a fait savoir Chris Jessup, chef des affaires commerciales d’AAR. AAR a l’intention de faire les investissements nécessaires dans l’infrastructure de ses installations de Trois-Rivières pour y réaliser des travaux sur la flotte regroupée de gros-porteurs A330 d’Air Canada et d’Air Transat, puisque le volume de révision et d’entretien lourd serait suffisant pour justifier ces investissements et établir un centre d’excellence.

On s’attend donc à ce que cette entente crée des emplois supplémentaires dans le secteur de l’aéronautique à Trois-Rivières et que les nouvelles capacités d’AAR lui permettent d’obtenir des contrats de maintenance des cellules d’autres exploitants de l’A330.

«Depuis notre tout premier projet à Trois-Rivières, nous avons constaté un solide engagement envers la qualité, la sécurité et le rendement opérationnel. Alors que notre principale plaque tournante n’est pas très éloignée, nous sommes ravis qu’un partenaire de confiance comme AAR prenne le même engagement que nous à l’égard de l’excellence. Nous sommes aussi fiers d’augmenter les travaux de révision et d’entretien lourd réalisés au Québec, et plus particulièrement sur les gros-porteurs. Ce contrat portant sur des travaux supplémentaires à Trois-Rivières représente un investissement à long terme dans la maintenance accrue des cellules au Québec», a affirmé Rich Steer, premier vice-président – Exploitation d’Air Canada

Depuis son inauguration en 2002, le centre de Trois-Rivières a affiché une croissance constante de ses clients et de ses services de révision et réparation générales, de modifications, de réaménagement des cabines et de peinture.

«C’est une excellente nouvelle pour Trois-Rivières. L’aéronautique est un créneau qui est en développement à Trois-Rivières. C’est fondamental non seulement pour l’économie de Trois-Rivières, mais de toute la région. Mon ministère a déjà des ententes avec AAR pour le recrutement et la formation de la main-d’oeuvre. Ce n’est qu’une nouvelle positive qui va permettre de mettre un ingrédient additionnel nous permettant d’atteindre nos objectifs et notamment de s’approcher encore plus près de la réalisation du projet de la nouvelle aérogare», a souligné le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet.

Finalement, la Fédération des chambres de commerce du Québec y voit une opportunité de renforcement de l’expertise du secteur aéronautique au Québec et une occasion unique pour les régions de bénéficier des retombées économiques positives.

«Déjà en pleine expansion chez nous, le milieu de l’aéronautique pourra poursuivre son essor en offrant des emplois d’une très grande qualité. Évidemment, si tout ça se concrétise, AAR aura besoin de l’appui de tous les paliers gouvernementaux pour mettre en place rapidement les infrastructures nécessaires pour l’accueil des appareils A330. La Chambre s’engage à offrir le soutien nécessaire à cette entreprise qui joue déjà un rôle majeur dans le développement de notre ville», a conclu la présidente de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières, Johanne Hinse.

En collaboration avec la Presse canadienne