Retirer la clause de force majeure

Bécancour — Selon le porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de travail, Alexandre Leduc, le ministre Jean Boulet doit faire pression pour que la fameuse clause de force majeure favorable à l’Aluminerie de Bécancour soit retirée.

«Un an de lock-out, ça veut dire qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans la logique actuelle. Et ce qui devient de plus en plus ridicule comme situation, c’est la clause qu’on appelle en anglais Act of God qui est dans le contrat d’électricité qu’Hydro-Québec réserve à ABI et qui fait perdre 215 millions de dollars», affirme le député de Québec solidaire.

«C’est vraiment pernicieux. Ça fait en sorte que collectivement, on finance en quelque sorte le lock-out. Si ABI devait payer le bloc d’énergie et la pénalité, c’est pas mal certain qu’elle n’aurait pas les reins solides pour continuer un lock-out sur une durée aussi longue», renchérit-il.

Selon lui, le conflit ne peut se régler facilement «si M. Boulet reste dans le carcan du pur droit du travail». «Il faut absolument qu’il aille voir le ministre de l’Énergie, qu’il aille voir Hydro-Québec pour mettre de la pression sur cette clause-là, pour qu’elle soit retirée, qu’elle soit renégociée, comme ça a été le cas à Alma où le gouvernement a retiré la clause. Ça ferait de la pression sur le dossier actuel s’il commençait à remuer un peu ces eaux troubles-là», croit M. Leduc.

Malheureusement, dit-il, le ministre Boulet ne semble pas très intéressé par cette solution, après l’avoir rencontré avant les Fêtes. «Mais force est de constater que les autres moyens qu’il a utilisés ne sont pas suffisants pour faire bouger Rio Tinto et Alcoa. Il faut absolument que ce dossier-là soit rouvert, parce que visiblement, c’est possible de changer de type de clause-là», insiste le député d’Hochelaga-Maisonneuve.

À son avis, «collectivement, il faut le constat qu’on n’a pas d’affaire à subventionner via Hydro-Québec un lock-out qui perdure comme ça. C’est inadmissible, c’est notre argent, on perd énormément d’argent jour après jour, il faut que ça cesse».

«Il va falloir que le ministre du Travail aille voir son collègue des Ressources naturelles, aille voir le conseil des ministres, aller chercher un mandat d’aller renégocier la clause avec Hydro-Québec ou en tout cas, au moins menacer de le faire, pour qu’ABI sente la pression, parce que la pression doit être sentie sur le dos de l’employeur», conclut celui qui réitère sa solidarité envers les lockoutés.