Les gens d’affaires de Trois-Rivières et Shawinigan s’unissent pour demander des assouplissements qui permettraient aux restaurateurs de traverser la crise économique liée à la COVID-19.
Les gens d’affaires de Trois-Rivières et Shawinigan s’unissent pour demander des assouplissements qui permettraient aux restaurateurs de traverser la crise économique liée à la COVID-19.

Restaurateurs: les gens d’affaires de Trois-Rivières et Shawinigan demandent des assouplissements

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Alors que la pandémie de coronavirus bouscule fortement l’économie, les communautés d’affaires de Trois-Rivières et Shawinigan s’unissent afin de demander une intervention rapide qui aiderait les restaurateurs, durement touchés, à passer à travers la crise. Dans une lettre envoyée récemment à la Régie des alcools, des courses et des jeux de même qu’au gouvernement, on demande différentes mesures d’allégement, mais également la possibilité d’aménager des terrasses extérieures cet été, sur la place publique, permettant ainsi de respecter la distanciation sociale.

L’initiative de Gena Déziel, directrice générale de Trois-Rivières Centre, et de Claude Villemure, directeur général du Regroupement des gens d’affaires de Shawinigan, s’appuie notamment sur des demandes également formulées par l’Association des restaurateurs du Québec, mais prend la voix des restaurateurs de la région afin d’interpeller directement les élus locaux, dont le ministre Jean Boulet, l’un des principaux destinataires de la lettre. La missive a par ailleurs été appuyée par de nombreux intervenants, dont les maires de Shawinigan et Trois-Rivières, les représentants d’IDE Trois-Rivières et de Développement économique Shawinigan, les représentants de Tourisme Trois-Rivières et Tourisme Shawinigan en plus des chambres de commerce de la région et de la Jeune chambre de commerce de la Mauricie.

Selon Claude Villemure, une demande a déjà été formulée à la Ville de Shawinigan afin de voir la Place du marché pouvoir être aménagée en terrasse extérieure pour les restaurateurs cet été, une demande qui a été bien accueillie et qui chemine. Des discussions sont également en cours à Trois-Rivières, notamment pour la portion du centre-ville.

«L’enjeu est grand pour nos restaurateurs, car ils ont des frais fixes importants qui ne s’arrêtent pas parce qu’il y a une pandémie. Pour le moment, on n’a aucune idée du moment où ils seront autorisés à rouvrir. Certains tentent l’expérience des formules à emporter et de la livraison, mais il semble que ça ne soit pas suffisant pour combler totalement les frais fixes», note Gena Déziel.

Une demande a déjà été formulée à la Ville de Shawinigan afin de voir la Place du marché pouvoir être aménagée en terrasse extérieure pour les restaurateurs cet été.

Parmi les demandes, outre la possibilité de pouvoir servir de l’alcool sur des terrasses temporaires extérieures, on demande aussi à ce que les restaurateurs puissent dès maintenant vendre de l’alcool sans nourriture, faire la livraison de bières et de vins par des intermédiaires comme Uber Eats ou Skip the dishes, ainsi que de permettre à un restaurant de vendre des bouteilles de vin ou de bière au détail, comme le font les cavistes en France.

Plusieurs mesures d’assouplissement permettant l’aménagement des terrasses extérieures sont demandées, de même que la limitation des commissions imposées aux restaurateurs par les services de livraison et la possibilité de mettre en place un partage des pourboires entre les employés de l’établissement.

«L’Association des restaurateurs du Québec était très heureuse de pouvoir compter sur la région et souhaiterait même nous donner en exemple à d’autres régions pour démontrer l’importance de la prise en charge régionale et de la solidarité», ajoute Claude Villemure.

Malgré des mesures d’aide mises en place par Québec et Ottawa, une récente étude menée au tout début du mois de mai par Restaurants Canada révèle que près de 70 % des restaurateurs craignent ne pas avoir de liquidités suffisantes pour passer à travers les trois prochains mois.

Les signataires de la lettre espèrent ainsi obtenir une réponse le plus rapidement possible afin de donner un peu d’oxygène aux restaurateurs de la région et d’éviter des faillites ou des fermetures.