La réhabilitation de la centrale Rapide-Blanc, en Haute-Mauricie, se fait dans un contexte de pandémie.
La réhabilitation de la centrale Rapide-Blanc, en Haute-Mauricie, se fait dans un contexte de pandémie.

Rénover la centrale Rapide-Blanc en temps de pandémie

Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
LA TUQUE — Réaliser la réhabilitation de la centrale Rapide-Blanc dans un contexte de pandémie: voilà le défi que relève actuellement Hydro-Québec qui a tenu mercredi un salon virtuel de la sous-traitance en collaboration avec la Chambre de commerce et d’industrie du Haut-Saint-Maurice (CCIHSM).

«C’est un contexte exceptionnel», avoue le chef projets, Dominic Pelletier, qui doit s’assurer que les travailleurs arrivant de l’extérieur respectent les normes.

Évidemment, la COVID-19 a eu un impact sur l’échéancier de ce projet évalué à plus de 610 millions de dollars et qui permettra de renouveler les six groupes turbine-alternateur d’ici 2026.

«On a tous eu le même arrêt au mois de mars. La reprise des travaux s’est faite de façon graduelle à partir du mois de mai», a-t-il expliqué.

Son équipe suit de très près les consignes émises par la CNESST pour les respecter. «Il y a plusieurs postes de lavage de mains, on désinfecte les locaux. Au début de chaque semaine, tous les employés doivent remplir un questionnaire pour être certains qu’ils n’ont pas été en contact avec quelqu’un qui pourrait être susceptible d’avoir la COVID», poursuit M. Pelletier.

Selon le chef projets-installations, Carl Morin, des travaux préalables sont en cours. «On a beaucoup de travaux de consolidation de béton, en préparation du premier groupe turbine-alternateur. On refait l’ensemble des systèmes connexes», précise-t-il tout en évoquant aussi des travaux de préparation relatifs à la prise d’eau. La réhabilitation du bâtiment et le réaménagement du site devraient avoir lieu de 2024 à 2026.

Des travaux préalables sont en cours à la centrale Rapide-Blanc.

Maintien de l’exploitation de l’aménagement tout en faisant les travaux, grande coordination des activités compte tenu de l’espace restreint de la centrale et de la quantité de travaux réalisés par plusieurs entrepreneurs en même temps, remplacement des groupes l’un après l’autre, respect de l’équilibre environnemental et mise en place de différentes mesures pour le milieu d’accueil: voilà autant d’enjeux soulevés par Dominic Pelletier.

«En 2019, le volume d’affaires transigé à des entreprises de la Mauricie aura atteint 132 millions de dollars dont plus de 100 millions de dollars en travaux et achats de biens», a tenu à mentionner Claude Sylvain, conseiller-approvisionnement stratégique.

D’ailleurs, le président de la CCIHSM, Patrice Bergeron, est bien conscient que «les retombées économiques dans le milieu peuvent être très importantes» en lien avec la réhabilitation de la centrale Rapide-Blanc.

«L’objectif de ce deuxième salon de la sous-traitance, c’est de pouvoir créer le plus grand nombre de liens d’affaires possible, informer des grands travaux de réfection et des contrats qui sont à venir et être en contact direct avec les entreprises», a-t-il indiqué.

Avant de permettre aux nombreux sous-traitants d’échanger avec les grands donneurs d’ordre dans des rencontres express, M. Sylvain a rappelé le cadre réglementaire et les exigences gouvernementales entourant l’octroi de contrats par Hydro-Québec à des fournisseurs.

Signalisation, récupération du bois, conciergerie, aires d’entreposage, location d’espaces de stationnement, transport des employés, déneigement: voilà autant de contrats connexes en cours.

Le chantier évalué à plus de 610 millions de dollars implique une grande coordination des activités.

Rappelons que la centrale, mise en service en 1934, est exploitée par Hydro-Québec depuis la nationalisation de l’électricité au Québec. Elle comporte six groupes turbines et a une hauteur de chute de 32,92 mètres. La puissance installée est de 204 MW, ce qui permet d’alimenter environ 73 500 résidences en électricité. Son réservoir, le réservoir Blanc, a une superficie de 8260 ha.