Les propriétés riveraines bénéficient d'une valeur ajoutée, mais le dépôt des rôles d'évaluation leur a réservé des hausses complètement démesurées par rapport à la moyenne des propriétaires fonciers, selon le RACELS.

Rencontre cruciale pour le RACELS

L'action future du Regroupement des associations de cours d'eau et de lacs de Shawinigan sera dictée par le résultat d'une importante rencontre qui se déroulera le samedi 25 mars à 13 h, au bureau régional de la Fédération des travailleurs du Québec sur la rue Marion, à Trois-Rivières.
L'objectif demeure de former une grande coalition provinciale pour inciter le gouvernement du Québec à trouver une solution aux fortes hausses d'évaluation foncière de ces propriétés au fil des années.
«Si on a l'impression qu'on est seul à se battre, on va arrêter», convient Michel Dupont, porte-parole du RACELS. «Mais si on sent que d'autres personnes sont prêtes à faire cette lutte, on va continuer à travailler ce dossier.»
Le RACELS a été formé au cours de l'été 2015. En juin 2016, le regroupement a rencontré le caucus des députés de la Mauricie pour les sensibiliser aux fortes variations de l'évaluation des propriétés situées sur le bord de l'eau.
Le RACELS souhaitait obtenir une rencontre avec le ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, Martin Coiteux, mais il semble que l'accueil ait été plutôt glacial.
«La mobilisation des députés pour obtenir une rencontre avec le ministre n'a pas été convaincante», déplore M. Dupont. «Ça a été une fin de non-recevoir du bureau de M. Coiteux. Si on veut faire pression sur le gouvernement, il faudra se mobiliser largement et c'est ce qu'on va tenter de faire.»
En octobre, le conseil municipal de Shawinigan avait adopté une résolution d'appui au RACELS dans le cadre de ses démarches. Le regroupement estime que la méthode de calcul des évaluations municipales doit être revue. Sans nécessairement posséder des châteaux, des propriétaires ont vu la valeur de leur maison atteindre des proportions qui rendent les comptes de taxes indigestes pour la classe moyenne.
Le RACELS souhaite donc une réforme, mais pour la réaliser, il doit attirer l'attention du gouvernement provincial. Jusqu'à maintenant, il s'agit de la partie la plus ardue.
M. Dupont estime que 35 associations et regroupements de propriétés riveraines ont été invités samedi. Il souhaite qu'au moins une quinzaine soient représentés à la rencontre.
«Ce qui est difficile, c'est que dans certaines régions, entre autres les Laurentides, des groupes ont déjà essayé de faire la bataille et ça n'a rien donné», observe M. Dupont. «Ces gens se disent qu'ils ont déjà tout tenté.»
Le porte-parole réitère que tout en demeurant conscient que les propriétés riveraines bénéficient d'une valeur ajoutée, le dépôt des rôles d'évaluation leur a réservé des hausses complètement démesurées par rapport à la moyenne des propriétaires fonciers. À la longue, ces mauvaises surprises déstabilisent un budget et peuvent conduire à des décisions déchirantes.
«On pense qu'il y a des solutions envisageables», avance-t-il. «On ne dit pas qu'on ne veut pas payer de taxes, mais on veut payer une taxation équitable. Là, on a l'impression d'être la vache à lait.»
«Le système par îlot amène des situations totalement aberrantes», ajoute-t-il. «Sur le bord de la rivière Saint-Maurice, j'ai un bon ami qui est dans l'îlot voisin du mien. Lors du dernier rôle d'évaluation, nous avons eu une légère baisse, tandis que ceux de l'îlot voisin, sur le bord de la même rivière, dans le même environnement, ont eu une hausse de plus de 10 %. Comment expliquer ça?»
Évidemment, il s'agit d'une vente à fort profit par rapport à l'évaluation municipale pour que l'impact se fasse sentir dans tout le secteur. Une technique à revoir, insiste M. Dupont.
«Même les villes s'interrogent sur les façons de faire des firmes d'évaluation», observe-t-il.