La récolte totale de canneberges pour la saison 2016 a atteint 275 893 685 livres de fruits, propulsant ainsi le Québec au 2e rang mondial parmi les régions productrices après l'État du Wisconsin.

Récolte de canneberges: hausse de 32 % en 2016

L'Association des producteurs de canneberges du Québec (APCQ) vient d'annoncer que la récolte totale de canneberges pour la saison 2016 a atteint 275 893 685 livres de fruits.
C'est une augmentation de l'ordre de 32 % par rapport à l'année 2015 (208 millions de livres), propulsant ainsi le Québec au 2e rang mondial parmi les régions productrices après l'État du Wisconsin.
En totalité, ce sont 9502 acres qui ont été récoltés en 2016, et ce, principalement dans la région du Centre-du-Québec. «Grâce à nos connaissances acquises sur les besoins des plants et aux bonnes conditions météorologiques, nous avons enregistré un taux moyen de 29 000 livres à l'acre sur nos fermes», a mentionné le président de l'APCQ et producteur, Louis-Michel Larocque.
Quant à la récolte de canneberges biologiques, elle a connu une forte croissance, passant de 21,6 millions de livres de fruits en 2015 à 40,4 millions de livres en 2016, soit une «fulgurante augmentation» de l'ordre de 87 %. Et les superficies biologiques afficheront une forte progression au cours des prochaines années pour atteindre 31 % du total des superficies mises en production en 2018.
Par ailleurs, l'Association a rendu public Un portrait de la faune utilisant les cannebergières du Québec, réalisé par le Bureau d'écologie appliquée (BEA) au cours de l'année 2016.
«Nous savions que nos fermes regroupaient plusieurs espèces animales, mais nous manquions de connaissance pour déceler les espèces qui sont favorisées par l'aménagement de nos réserves et canaux d'eau à circuit fermé. L'objectif étant aussi de faire reconnaître que nos cannebergières offrent des milieux humides propices pour attirer une biodiversité des plus riches», a expliqué M. Larocque.
L'étude stipule que la plus grande richesse en espèces fauniques se retrouve dans les plus vieilles cannebergières en raison d'une juxtaposition d'habitats diversifiés et complémentaires. Les champs offrent peu de support pour la faune, à l'exception de quelques espèces.
Par contre, les réservoirs, les canaux d'irrigation et les lisières boisées s'avèrent être plus fortement utilisés par la faune. Les inventaires ont permis de constater que plusieurs espèces à risque ou d'intérêt régional utilisent les cannebergières pour au moins un de leur cycle vital primordial, cela confirmant que malgré une utilisation humaine, les habitats qu'offrent les cannebergières conviennent à la faune et, dans certains cas, favorisent même des espèces rares.
«L'aménagement des réservoirs est la clé pour favoriser la diversité faunique. Avec le temps, des réservoirs conçus actuellement en tenant compte des besoins spécifiques sur le plan faunique viendraient à créer des milieux humides de qualité comme c'est le cas sur les fermes les plus anciennes», souligne Audrey Lachance, du BEA.
Plusieurs espèces d'insectes et d'amphibiens ont été documentées et ces organismes sont à la base de la chaîne alimentaire et leur présence offre des utilités diverses, dont celle d'être les proies d'autres espèces fauniques. Ainsi, les insectes nuisibles à la culture de canneberge peuvent être naturellement décimés, ce qui représente un apport indéniable en culture biologique puisque le tiers des superficies en culture de canneberges s'effectue aujourd'hui en régie biologique.
Parmi les résultats obtenus par l'installation de détecteurs, on signale la présence de chiroptères (chauves-souris) qui utilisent les cannebergières comme habitat.
«Les chauves-souris sont des mammifères insectivores qui peuvent être des alliées très appréciées en milieu agricole, d'où l'importance de conserver des lisières forestières et favoriser la plantation d'arbustes ou d'arbres en pourtour des champs», précise Mme Lachance.
Outre les chauves-souris, on note plusieurs espèces d'oiseaux en déclin. La couleuvre verte, la tortue des bois et la tortue serpentine représentent des espèces vulnérables ayant élu domicile dans les cannebergières.
Aussi, on y retrouve une variété d'espèces en passant du grand héron au cerf de Virginie, plusieurs variétés de grenouilles, de rainettes, de canards. Des rats musqués, marmottes, renards, et visons font notamment partie de la faune ayant adopté les cannebergières comme milieu de vie tout comme des centaines d'autres espèces.
Pour les initiateurs de cette étude, Luc Decubber (FMIC Canneberges Bécancour) et Rémi Asselin (Canneberges des Cyprès), «plus que nous perfectionnons notre savoir sur le plan de la faune, plus nous pourrons adapter nos pratiques culturales de façon à améliorer la biodiversité sur nos fermes et favoriser la prolifération d'espèces vivant en milieu humide».
À cet égard, un guide en vue d'outiller les producteurs de canneberges sur les moyens pour conserver, protéger et multiplier certaines espèces sera élaboré par le BEA et déjà plusieurs producteurs ont entrepris des démarches pour réaliser des aménagements dès l'été 2017.
Le portrait faunique a été effectué dans la région du Centre-du-Québec où l'on retrouve 85 % des acres en production au Québec. Or, 7,8 % des espèces répertoriées sur les fermes étudiées sont classées parmi les espèces à risque ou en situation précaire au Québec ou au Canada.
«Ce pourcentage important démontre que les cannebergières, malgré leur vocation et conception humaine, créent et maintiennent des habitats de qualité pour les éléments les plus fragiles de la biodiversité», conclut Mme Lachance.