Le développement de l’aéroport est freiné par l’absence de la contribution fédérale pour un nouvel aérogare.
Le développement de l’aéroport est freiné par l’absence de la contribution fédérale pour un nouvel aérogare.

Quatre millions $ manquants pour l’aérogare: «il faut que le fédéral soit dans la parade»

Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Alors que le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a avoué que les quatre millions de dollars promis pour un nouvel aérogare à Trois-Rivières n’étaient plus au rendez-vous, le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, soutient «qu’il faut que le fédéral soit dans la parade».

«On considérait qu’on avait un oui de la part du fédéral en vertu de l’initiative de développement des infrastructures économiques régionales du Québec. Suite à ça, il est arrivé un enjeu qui serait bureaucratique ou administratif qui a fait en sorte que finalement, l’argent n’est pas arrivé. Quatre millions, ce n’est pas la mer à boire», a déclaré le premier magistrat.

Lors d’une entrevue éditoriale au Nouvelliste, le ministre Champagne expliquait récemment que le programme qui devait financer le projet d’aérogare avait pris fin.

«Il faut trouver le programme qui va nous permettre de le concrétiser. On n’est plus dans le pourquoi, on est dans le comment», avait-il affirmé.

Pour sa part, le maire Lamarche a rappelé qu’il s’agissait d’un projet d’aérogare vert qui répond aux normes LEED «et qui va nous permettre de remettre notre aérogare au goût du jour».

Quant aux infrastructures aéroportuaires, elles sont excellentes, dit-il. «Notre piste, par exemple, est plus grande que celle de l’aéroport de Québec, ce qui fait qu’on peut se le permettre d’avoir des avions de grand volume comme les 737 qu’on a eus. On a en place, avec AAR, une structure qui nous permet déjà de faire de l’entretien d’appareils», fait-il remarquer.

Selon lui, le contexte de la pandémie représente une opportunité pour «travailler déjà dans les infrastructures qui fonctionnent au ralenti et être prêt quand la relance va commencer». «Le timing est excellent», croit le maire trifluvien.

La députée du Bloc québécois à Trois-Rivières, Louise Charbonneau, est aussi d’avis que «c’est le moment maintenant, pendant la pandémie, de faire cette réfection d’aérogare alors qu’il y a moins de circulation à l’aéroport».

«M. Champagne dit que les quatre millions de dollars ne sont plus là car le programme dans lequel ils s’inscrivaient n’existe plus. Le ministre demande indirectement à son boss de créer un nouveau programme ou une nouvelle enveloppe budgétaire pour que ces quatre millions réapparaissent. Malgré l’unanimité de tous les intervenants économiques autour du projet de l’aéroport de Trois-Rivières, tout porte à croire que ces quatre millions étaient l’une de ces perpétuelles promesses électorales du Parti libéral », martèle celle qui a d’ailleurs tenu une rencontre virtuelle avec le maire Lamarche sur le sujet de l’aéroport.

Or, avec ses homologues de Ville Saguenay, Sept-Îles et Québec, celui-ci a demandé au premier ministre François Legault de considérer le projet de coopérative de transport régional du Québec «qui permettrait d’avoir à court terme du transport de passagers à Trois-Rivières dans une inscription de connectivité».

«Ce que je suis en train de faire aussi avec le dossier de l’aéroport, c’est de l’amener à un autre niveau, de vraiment le contextualiser dans un enjeu régional», révèle le maire Lamarche.

Et le site est sur le point d’accueillir un nouveau joueur, Delastek, de Shawinigan, qui y construit un hangar pour développer des pièces.

«J’ai une porte pour entrer un jet et une porte pour entrer des hélicos. Au départ, ça va être comme une extension de notre centre de recherche. Ça fait longtemps qu’on y pensait. Avec la COVID, on essaie de se renouveler aussi et quand ça va repartir, on sera là», conclut le président Claude Lessard, parlant d’une bâtisse qui sera livrée au début du mois de décembre.