Pas moins de 82 employeurs occupaient à pleine capacité le plancher pour offrir des centaines d’emplois.

Quand employeur cherche employé...

TROIS-RIVIÈRES — Habituellement, les chercheurs d’emploi étaient nombreux à attendre l’ouverture des portes de la bâtisse industrielle. Cette fois, c’est à l’intérieur que les employeurs se bousculaient pour occuper un espace tandis que la file d’attente se faisait plutôt modeste à l’extérieur. Voilà un phénomène nouveau qui caractérise le 6e Salon de l’emploi Trois-Rivières-Bécancour.

«Avant, c’était travailleur recherche employeur en or. Maintenant, c’est employeur recherche travailleur en or. Et on aurait pu avoir une trentaine d’employeurs de plus. C’est un changement majeur», a d’ailleurs souligné le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, alors que déjà mercredi, 82 employeurs occupaient à pleine capacité le plancher pour offrir des centaines d’emplois. En fin de journée, on estimait à 2375 le nombre de visiteurs.

Son homologue trifluvien, Yves Lévesque, a également fait mention du taux de chômage historiquement bas en région. Et il faut dire que les gens auront une deuxième occasion, jeudi, d’offrir leurs services à une quarantaine d’employeurs via le volet virtuel du Salon, «un aspect qu’il faut utiliser aujourd’hui», avoue le premier magistrat. 

Les salons virtuels de l’emploi reproduisent en trois dimensions l’environnement d’un véritable salon traditionnel. Les candidats peuvent donc effectuer leur visite auprès des employeurs et interagir en temps réel directement avec ceux-ci à l’aide d’un espace de clavardage. Des informations et des documents peuvent également y être échangés via la plateforme. Les employeurs y trouvent de nombreux avantages, car ils utilisent moins de ressources humaines et matérielles pour arriver à rencontrer les candidats alors que les chercheurs d’emploi n’ont pas à se déplacer pour aller à la rencontre des employeurs.

«Avec tous ces emplois offerts, cet événement de recrutement suscite un engouement et un dynamisme sans équivoque dans le milieu. Cela lance un message aux chercheurs d’emploi: chez nous, on a besoin de vous», a déclaré le directeur du Centre local d’emploi de Trois-Rivières, Steeve Gauthier.

La file était moins longue à l’extérieur de la Bâtisse industrielle que par les années passées.

Chez Hardy Filtration, qui compte 70 employés, la présidente Geneviève Hardy aimerait bien embaucher rapidement de quatre à cinq personnes pour des postes de journalier tels que tailleur et assembleur de filtres. 

Seulement à sa division Wayagamack, Kruger aura une centaine de départs à la retraite à remplacer d’ici trois ans. Mais présentement, on peut y trouver, entre autres, des postes de mécaniciens de machines fixes et d’ingénieurs. 

L’usine WestRock à La Tuque sera confronté avec la même réalité du vieillissement de son personnel, ce qui ne l’empêche pas d’avoir besoin rapidement d’une trentaine de candidats pour des postes de technicien-électricien en instrumentation, mécanicien industriel, machiniste, mécanicien de machines fixes et journalier.

Et chez ATrahan, en plein projet d’agrandissement, le besoin de recrutement à court terme est de 65 travailleurs. Même ICO Technologies, de Shawinigan, voulait profiter du Salon de l’emploi à Trois-Rivières pour tenter de dénicher un programmeur, un chargé de projet ou un administrateur réseau.

En visitant les kiosques, Vicky Marchand explorait des possibilités de travail de bureau alors que son boulot pour une agence de sécurité se veut plus exigeant du côté des horaires. Et de retour d’un périple en Islande, Marc-Antoine Leclerc
tentait sa chance auprès de divers employeurs tandis qu’un travailleur d’expérience en génie civil et transformation du bois voulait proposer ses services comme fin de carrière.

«Il y a 25 000 emplois à pourvoir en Mauricie, et 23 000 au Centre-du-Québec, entre 2015 et 2019», avait déjà fait savoir le directeur Services Québec Bécancour, Yvon Boivin.