Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, a échangé avec plusieurs visiteurs immigrants, dont Fabiola Cordero, à droite, qui est gastro-entérologue.

Quand Bécancour est en mode speed dating

Bécancour — Le temps d’un dîner, l’hôtel de ville de Bécancour s’est transformé en véritable lieu de rencontre mardi midi. En effet, une dizaine d’employeurs ont profité de la formule du speed dating pour faire connaître leurs besoins de recrutement auprès d’une soixantaine d’immigrants provenant du programme de francisation du Centre d’éducation des adultes du Chemin-du-Roy à Trois-Rivières.

Parmi les visiteurs d’un jour, dont la majorité n’avait jamais emprunté le pont Laviolette, on retrouvait Fabiola Cordero qui tente de faire reconnaître ses compétences de gastro-entérologue. La dame du Venezuela a présentement un statut de demandeur d’asile. Quant à Bagalwa Shashika, de la République démocratique du Congo, il a exprimé son intérêt pour des emplois en agriculture.

Profitant de l’occasion pour faire déguster ses excellents produits, la directrice financière de la Fromagerie L’Ancêtre, Nancy Boulanger, avait des postes à offrir, dont ceux de fromager et de manœuvre.

Nouvellement installée à Bécancour, l’entreprise Métaux DMS était à la recherche de deux journaliers. Et fort d’une embauche heureuse d’un Népalais qui a même acheté une maison à Fortierville, Damien Adam, de Soudure Camille Castonguay, était à la recherche de trois employés.

Il faut dire que cette municipalité est impliquée dans un projet visant justement à former et intégrer en milieu de travail des personnes immigrantes, avec Sainte-Françoise. Un succès, selon le maire de cette dernière localité et préfet de la MRC de Bécancour, Mario Lyonnais, alors qu’une vingtaine d’immigrants ont adopté la région.

D’ailleurs, selon la coordonnatrice du projet d’accueil et d’intégration solidaire (PAIS), Céline Auger, il est important d’agir en concertation pour trouver des solutions à la pénurie de main-d’œuvre et au recul démographique de la région.

«Les actions du PAIS stimulent l’arrivée de nouvelles familles et répond à des besoins de main-d’œuvre. Lorsque nous consultons les statistiques, nous constatons qu’il est urgent de prendre des mesures concrètes pour assurer la vitalité de la MRC de Bécancour et de ne pas négliger l’immigration comme piste de solution à la revitalisation de notre milieu. Considérant que les personnes immigrantes dans la catégorie des réfugiés sont celles qui ont les familles les plus nombreuses et que 56 % d’entre elles sont peu scolarisées, nous croyons que le projet pilote et les résultats sur le terrain depuis trois ans sont une voie prometteuse à emprunter pour recruter une main-d’œuvre stable tout en revitalisant notre milieu», affirme-t-elle.

Et s’il y a un domaine où la pénurie de main-d’œuvre se fait sentir, c’est bien dans l’industrie du camionnage, d’où la présence, mardi, de Gilles Mailloux, de Transport OSI. Celui-ci aimerait bien mettre la main rapidement sur deux chauffeurs, un mécanicien et un journalier. Un domaine qui semblait intéressé un participant haïtien. Toutefois, ce dernier ne s’est pas gêné de faire savoir au maire Jean-Guy Dubois que sa Ville n’offrait «ni disco, ni cinéma».

«On n’a pas de dépanneur, de cinéma, de salle de quilles à côté, ni de centre-ville. Mais on a de l’espace ici et des gens accueillants. Il faut s’adapter à un milieu de vie plus rural», a d’ailleurs plaidé le premier magistrat lors de son allocution.

Avec la présence d’entreprises telles qu’Excavation Alain Lemay, Résidence des Jardins, Go-Élan et PureSphera, le maire Dubois se disait confiant que «des mariages puissent se réaliser à Bécancour». «Ouvrez vos yeux et vos oreilles toutes grandes pour saisir les occasions. Et les employeurs vont être capables de vous accommoder», a-t-il conclu.