La présidente de Steamatic, Nancy Raymond.
La présidente de Steamatic, Nancy Raymond.

Nouveau modèle de franchises: Steamatic passe à la vitesse supérieure

Pierre Théroux
Collaboration spéciale
Steamatic écrit un nouveau chapitre de son histoire. Le réseau pancanadien de franchises spécialisé dans la restauration après sinistre a récemment mis en place un nouveau modèle d’affaires qui lui permettra d’accélérer sa croissance et d’offrir un meilleur soutien au développement des franchisés. «On va maintenant pouvoir passer à la vitesse supérieure», se réjouit Nancy Raymond, présidente de Steamatic Canada dont le siège social est situé à Gatineau.

Pour ce faire, l’entreprise a notamment décidé d’ouvrir sa toute première franchise corporative, inaugurée à Montréal-Ouest à la fin décembre. Or, outre les différents services de restauration et de nettoyage habituellement offerts aux particuliers et aux entreprises, la création de cette franchise vise également à servir de laboratoire.

L’Académie Steamatic

L’entreprise y implantera en effet l’Académie Steamatic, un endroit où elle pourra tester de nouvelles technologies avant de les déployer dans l’ensemble du réseau, ou encore élaborer des processus de gestion et des façons de faire pour assurer une meilleure conformité des services offerts à l’échelle du pays.

Steamatic souhaite ainsi faciliter l’adhésion des franchisés à l’implantation de nouveaux modes de fonctionnement. «Ç’aurait été difficile de demander à des franchisés d’investir des milliers de dollars dans une nouvelle technologie, par exemple, sans l’avoir auparavant expérimentée. C’est la même chose pour certaines pratiques en matière de gestion et de ressources humaines. Une franchise corporative nous permet de mettre de l’avant des projets-pilotes», précise Nancy Raymond.

L’entreprise fait aussi d’une pierre deux coups. Cette franchise corporative permettra en effet aux nouveaux franchisés d’y parfaire leur formation. Auparavant, l’entreprise demandait à des franchisés implantés à proximité du site du futur franchisé de les prendre sous leur aile. Avec «le risque de ne pas apprendre correctement et de reproduire les mêmes façons de faire. Ils pourront maintenant être formés à l’Académie», souligne Mme Raymond qui souhaite en implanter d’autres ailleurs au pays. La formation sera également offerte à des employés qui veulent gravir les échelons.

Nouveau bassin de franchisés

Un mois avant l’ouverture de cette première franchise corporative, Steamatic Canada avait aussi ouvert la première franchise semi-corporative du réseau, à Laval. La création d’une toute première franchise du réseau à être dirigée conjointement avec le siège social vise encore là à favoriser sa croissance.

«Des franchisés souhaitaient ouvrir d’autres établissements. Mais l’expérience passée nous avait démontré qu’une deuxième succursale exploitée par un même franchisé avait tendance, pour diverses raisons, à moins bien performer et on refusait de leur en octroyer d’autres. En travaillant en partenariat avec un franchisé, à la fois comme gestionnaire et investisseur, les chances de réussite sont plus grandes», explique Nancy Raymond.

Steamatic prévoit l’ouverture d’autres franchises semi-corporatives avec des franchisés actuels ou non. «En offrant un coup de pouce financier, ça nous permet d’élargir le bassin de franchisés auprès d’entrepreneurs qui n’auraient pas les moyens de démarrer une franchise», indique Mme Raymond.

Acquisitions en vue

La croissance de Steamatic Canada, qui regroupe 50 franchises au Canada dont 27 au Québec, passe aussi par des acquisitions. L’entreprise a ainsi acquis un réseau de cinq franchises en Ontario en 2019 et reste à l’affût d’autres occasions partout au pays. «L’industrie est en mode consolidation et nous souhaitons faire d’autres acquisitions.»

Nancy Raymond a elle-même fait l’acquisition en août 2016 de la bannière Steamatic Canada, créée il y a plus de 50 ans, et ce, après avoir dirigé pendant près de dix ans un autre réseau de franchises spécialisé en restauration après sinistre, au Québec. L’entreprise a enregistré une progression de son chiffre d’affaires de 23 % dès la première année et a poursuivi sur sa lancée avec des hausses annuelles de plus de 10 %.

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Exploiter en toute franchise

1) Concept à valider. On ne devient pas franchiseur du jour au lendemain, prévient Stéphanie Destrempes, associée du cabinet d’avocat Lavery, qui œuvre au sein du groupe Franchise et distribution. «Il ne suffit pas d’avoir un bon concept. Il doit d’abord avoir fait ses preuves pendant au moins un an ou deux et il est même recommandé d’exploiter deux ou trois succursales corporatives dans d’autres marchés», précise-t-elle.

2) Le bon casting. Ce n’est pas parce qu’un client adore un produit ou service qu’il faut lancer des franchises ou même en faire…un franchisé. « Il n’y a rien de pire que de choisir un mauvais franchisé. Et il faut faire attention de le choisir sur la simple base que c’est un bon entrepreneur. Ça ne veut pas dire qu’il sera à l’aise d’oeuvrer au sein d’un réseau, surtout s’il a une nature plus indépendante et qu’il n’aime pas se plier aux règles établies», prévient Mme Destrempes.

3) Un réseau à entretenir. «Un franchiseur doit avoir les ressources financières et humaines suffisantes pour soutenir le démarrage et le développement à long terme d’un réseau. L’enthousiasme du début peut vite se transformer en difficultés s’il n’a pas pris le recul nécessaire pour établir un plan de match solide et durable», note Stéphanie Destrempes.

En collaboration avec l’École d’Entrepreneurship de Beauce et le Groupement des chefs d’entreprise