Le tourisme de plein air et de nature aura sans doute la cote cet été, avec la distanciation sociale.
Le tourisme de plein air et de nature aura sans doute la cote cet été, avec la distanciation sociale.

Promotion touristique: miser sur la région, puis sur le Québec

TROIS-RIVIÈRES — Le déconfinement progressif de l’industrie touristique, avec l’annonce cette semaine de la réouverture des campings, pourvoiries et location de chalets par exemple, permet de plus en plus à l’industrie touristique de passer à l’action pour la saison estivale. Les campagnes de marketing entourant la saison estivale demeureront cependant plutôt locales, puisque les mesures sanitaires ne permettent toujours pas aux voyageurs de l’extérieur du Québec de venir nous rendre visite.

Il faut dire que malgré les annonces de déconfinement et de réouverture progressive, Québec n’encourage toujours pas le déplacement entre les régions. Dans le cas, par exemple, des locations de chalets, on incite les vacanciers à se rendre du point A au point B et de prévoir tout le nécessaire pour ne pas avoir à faire d’arrêt en cours de route.

À Tourisme Centre-du-Québec, la ligne de conduite est claire: la promotion actuelle se fait dans un mode intrarégional. Lorsque le gouvernement permettra l’ouverture des régions, on étendra la stratégie à l’intraQuébec.

Pour le directeur général, Yves Zahra, l’effort est présentement mis sur les principales attractions qui ont reçu le feu vert pour ouvrir, soit les musées, centres d’interprétation, les terrains de golf et l’industrie du plein air.

Yves Zahra, directeur général de Tourisme Centre-du-Québec.

«C’est une année un peu spéciale, il faut le reconnaître. Mais c’est aussi une année où on a l’occasion de miser sur notre monde, d’inciter les gens à découvrir leur région. Souvent, on se dit que parce que c’est juste à côté, on ira un autre tantôt et on préfère s’éloigner pour les vacances. Mais l’opportunité est là, cette année, d’y aller maintenant et de découvrir sa région», croit-il.

Et alors qu’on entendait certaines régions exprimer des craintes quant à l’idée de recevoir des gens de régions beaucoup plus touchées par le coronavirus, comme la grande région de Montréal par exemple, Yves Zahra est d’avis que cet état d’esprit n’est pas présent au Centre-du-Québec. «En Mauricie et au Centre-du-Québec, nous avons nous aussi été frappés par de nombreux cas, et je ne sens pas de crainte. Probablement parce qu’on a vécu une réalité similaire», mentionne-t-il.

À Tourisme Mauricie, on ouvre aussi grand les bras à quiconque voudrait venir nous visiter. Pas question de se montrer réticent envers une région plutôt qu’une autre, à condition évidemment que les activités touristiques respectent les normes dictées par Québec.

Le directeur général de Tourisme Mauricie Stéphane Boileau explique que des campagnes de promotion intra-Québec seront menées maintenant que l’on sait que plusieurs attraits touristiques importants pour la région de la Mauricie pourront ouvrir.

Stéphane Boileau, directeur général de Tourisme Mauricie.

«Dès le début du confinement, on voyait que ce qui allait peut-être sauver la saison, c’était la présence de grands espaces et de tourisme de plein air chez nous. C’est la meilleure façon de respecter la distanciation sociale. Le temps nous a donné raison et depuis l’annonce de l’ouverture des chalets, des pourvoiries et de plusieurs activités de plein air, le téléphone ne dérougit pas», indique-t-il.

Les efforts sont donc déployés présentement pour concocter une offre qui permettra d’en faire bénéficier au plus grand nombre de joueurs de l’industrie touristique déconfinée en Mauricie. La création de forfaits où l’on inclura des hôteliers et des restaurateurs prêts à livrer des repas est notamment sur la table.

Par ailleurs, Tourisme Mauricie a lancé plus tôt cette semaine le projet Synergie, qui consiste en un nouveau fonds à l’intérieur duquel les entreprises pourront déposer des projets novateurs et structurants afin de les aider à maintenir leurs activités, à condition qu’elles se regroupent entre elles. Au minimum sept entreprises doivent s’allier pour déposer un projet pour lequel elles pourront recevoir une contribution financière d’un minimum de 7 500 $ jusqu’à un maximum de 15 000 $.

Au Centre-du-Québec, les campagnes promotionnelles s’adapteront au fur et à mesure que les annonces gouvernementales continueront. Toutefois, on espère toujours que ces annonces arrivent plus tôt que tard, parce que pour certains opérateurs, c’est la différence entre choisir d’ouvrir ou de ne pas ouvrir.

«Le tourisme a vécu une période difficile et les défis sont grands pour nous. Mais le tourisme ne doit pas être vu comme une menace sociale. C’est donc important que nos actions et nos promotions se fassent en tout respect des gens et surtout des mesures sanitaires», souligne Yves Zahra.