Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, travaille depuis trois ans à la réalisation d'un incubateur green tech.

Projet d'incubateur: Bécancour passe à l'action

Concocté depuis trois ans, le projet d'incubateur green tech de 6,6 millions de dollars à Bécancour vient de franchir une étape importante vers sa réalisation avec l'adoption du montage financier.
Même si le règlement fixe à 5 133 850 dollars le montant engagé, le maire Jean-Guy Dubois a tenu à préciser aux citoyens présents à la séance du conseil municipal que le montant net pour la Ville est plutôt de 1 580 000 dollars. Si la somme de 580 000 dollars couvre les frais d'acquisition d'un terrain situé sur la rue Jean-Demers, à l'extrême ouest du parc industriel, dans la zone PME, le montant d'un million de dollars va servir, en partie, de fonds de roulement à l'incubateur.
Par ailleurs, le plan de match comprend un prêt de plus de 3 553 000 $ à la Corporation de promotion et de développement de Bécancour, cautionné à 50 % par la municipalité. Et une aide financière totalisant 2,4 millions de dollars est attendue des deux ordres de gouvernement.
Le futur incubateur de 33 000 pieds carrés orientera le positionnement de Bécancour dans les créneaux des technologies environnementales et de l'agrotechnologie. En ce sens, des discussions sont prévues avec des représentants de l'UPA pour récupérer, par exemple, des tiges de maïs.
Pour le premier magistrat, la création d'un parc industriel municipal vise à «accommoder des entreprises» et à provoquer le développement au lieu de l'attendre.
Dernièrement, la Ville a reçu la visite du directeur exécutif de Bioindustrial Innovation Canada, Sandy Marshall. Selon lui, Bécancour doit saisir cette opportunité, à l'instar de Sarnia, qui s'est tournée avec succès vers la bioéconomie pour compenser le déclin de l'industrie pétrochimique. Plus tôt cette année, Jean-Guy Dubois s'était rendu en Ontario, en délégation, pour constater ce tournant amorcé il y a une décennie.
Avec l'aide de différents partenaires et grâce au leadership d'industriels expérimentés, le milieu a su mettre en place l'infrastructure et l'écosystème nécessaires à la commercialisation de technologies vertes. Et cette concertation a impliqué le monde agricole.
Résultat? BioAmber, une entreprise de produits chimiques de Montréal, de concert avec son partenaire Mitsui, a ouvert il y a deux ans la plus importante installation de fabrication d'acide succinique biosourcé au monde au coeur du pôle chimique de Sarnia-Lambton. À partir de matières premières agricoles, l'usine de 175 millions de dollars fabrique des produits chimiques durables, qui peuvent être utilisés dans un éventail de produits de tous les jours, y compris des plastiques, des additifs alimentaires et des produits de soins personnels. L'usine a créé 60 emplois bien rémunérés, sans compter les centaines d'autres lors de la construction.
«On n'a pas le choix d'investir nous aussi dans les biotechs. C'est profitable pour tout le monde et la Ville va se donner un plan de marketing», a lancé le conseiller municipal, Mario Gagné, en assemblée publique lundi, évoquant cette rencontre avec Sandy Marshall. 
Et ce responsable du dossier économique a rappelé que 60 % des revenus de la Ville venaient du parc industriel avec la présence de grandes entreprises dans le milieu, mais que cette situation avait changé pour, dit-il, «des facteurs mondiaux et technologiques».
«L'avenir n'est pas dans les anciennes technologies. On est dans un virage et on peut en profiter au niveau environnemental et économique», a renchéri le maire Dubois, qui souhaite une première pelletée de terre en novembre prochain, sinon en avril 2018.