Patrice J. Mangin, le directeur général de BELT.

Projet de bioraffinerie à La Tuque: pas d'inquiétudesà avoir, selon BELT

Les inquiétudes, concernant l'approvisionnement en fibre soulevées cette semaine par le directeur de l'usine WestRock de La Tuque, étaient connues des dirigeants de Bioénergie La Tuque (BELT) qui chapeautent le projet de bioraffinerie en Haute-Mauricie. Le directeur général de BELT, Patrice J. Mangin, estime toutefois que ces craintes ne sont pas justifiées.
«Je comprends l'inquiétude de Pierre Pacarar (le directeur de l'usine WestRock de La Tuque), mais je lui fais une déclaration publique et solennelle, nous ne prendrons que la fibre que WestRock n'utilise pas. On ne veut pas mettre en péril l'usine, loin de là», lance Patrice J. Mangin.
«Ses inquiétudes viennent du panier de fibre. On va utiliser les résidus que personne n'utilise aujourd'hui, et même pas WestRock. Il y a une raison, c'est que la qualité de la fibre qui est dans ces résidus de coupe forestière ne serait pas bonne pour les produits de WestRock. On ne prend pas la même fibre», martèle le directeur général de BELT.
Ce dernier est catégorique, les deux entités doivent travailler en symbiose et tout ce qui sera fait par BELT va bénéficier à WestRock. Il n'est pas question de couper des arbres, loin de là, selon lui.
«S'il n'y a pas de résidus forestiers, c'est qu'il n'y a plus de coupe forestière. On sera tous les deux dans le même bateau. On aura le même problème. [...] Il faut que la première transformation fonctionne autant pour eux que pour nous. On a plutôt intérêt à travailler ensemble», souligne-t-il.
«L'objectif n'est certainement pas d'augmenter la pression sur les forêts et de couper les arbres sur pied. C'est loin d'être notre objectif. On veut tout simplement maximiser l'utilisation de la ressource coupée à l'heure actuelle sur le territoire. On ne parle pas de fibres, on parle de résidus, de biomasse forestière résiduelle», a ajouté le président du conseil d'administration Patrice Bergeron.
Il est clair pour eux que la ressource n'est pas infinie comme l'a souligné Pierre Pacarar lors d'une récente entrevue accordée au Nouvelliste. Par ailleurs, ils affirment que «la biomasse nous sort par les oreilles».
«On a qu'à se promener en forêt dans les anciennes coupes pour comprendre qu'il y en reste beaucoup sur le terrain. Les chiffres qu'on avance entre 650 000 et 1,2 million de tonnes métriques de résidus ne tombent pas du ciel. Ce sont des calculs préliminaires qui ont été faits par le forestier en chef à partir des coupes courantes réalisées sur le territoire dans les dernières années. [...] Par le biais de nos études, on va bien évaluer cette disponibilité-là. On va avoir des réponses claires sur les quantités disponibles», soutient Patrice Bergeron.
BELT a également fait savoir que WestRock était encore le bienvenu au sein du conseil d'administration. Le représentant de l'entreprise s'est retiré dernièrement. Patrice Bergeron n'a aucune idée des raisons derrière cette décision. Par ailleurs, le conseil d'administration pourrait bien s'agrandir dans les prochains mois. On étudie attentivement cette possibilité.
Les discussions sont quand même demeurées constantes avec l'entreprise et Patrice Bergeron assure qu'il les tient informés. De plus, BELT prévoit impliquer l'usine dans les importantes études sur l'approvisionnement qui vont être réalisées dans les deux prochaines années.
«Ils vont prendre la place qu'ils veulent bien prendre dans le développement de la stratégie d'approvisionnement», note M. Bergeron.
Quant aux emplois à pourvoir, près de 500 selon les prévisions, l'organisation s'est dite prête à relever le défi que cela représente. On n'a pas manqué de souligner à cet effet le bassin de travailleurs déjà disponibles, notamment les autochtones.
«Il y a un nouveau DEC qui a été créé à Trois-Rivières pour répondre à ses besoins d'emplois», a aussi ajouté Patrice J. Mangin.