Les quatre partenaires du projet «2800 Tourisme sportif», devant le chalet principal qui a déjà commencé à recevoir des visiteurs. De gauche à droite: Steeve Carpentier, Marie-Frédérique Allard, Sophie Milette et Stéphane Diamond.

Projet de 3M$ sur les rives du Saint-Maurice

SHAWINIGAN — Lorsque son regard a été attiré par une vieille grange après un autre exténuant entraînement au parc national de la Mauricie au printemps 2017, Steeve Carpentier s’est projeté dans le futur. Il voyait ce site enchanteur, sur les rives du Saint-Maurice, être envahi par des amateurs de plein air fourbus, échangeant entre eux les faits saillants de leur journée.

Il reste encore du travail à abattre, mais le rêve laisse lentement place à la réalité. En séance extraordinaire le 24 septembre, le conseil municipal de Shawinigan a adopté le deuxième projet de résolution d’un projet particulier de construction, de modification ou d’occupation d’un immeuble (PPCMOI) pour le 2800, chemin de Saint-Jean-des-Piles. Il s’agit de la résidence ancestrale de la famille Doucet, une propriété que M. Carpentier et ses trois partenaires d’affaires veulent transformer en site d’hébergement pour la clientèle du parc national de la Mauricie situé tout près, mais aussi pour les amateurs de sport nautique avec la proximité de la rivière.

Le projet consiste en la rénovation de la maison ancestrale pour la transformer en résidence de tourisme pouvant accueillir une quinzaine de visiteurs. De plus, à terme, 19 mini-chalets entoureront cet immeuble, dont «trois ou quatre» pour une clientèle à mobilité réduite. Chacun d’eux pourra héberger entre quatre et six personnes.

Un bâtiment d’accueil, un service de location de vélos et d’embarcations nautiques non motorisées sont également prévus. Le PPCMOI réglemente notamment le nombre de bâtiments permis, l’architecture, le type d’éclairage, le nombre de stationnements, les aménagements extérieurs et l’affichage. Deux quais flottants et deux belvédères seront également permis. La fameuse grange sera réutilisée et des idées de salle de réception et de café flottent dans l’air. Le groupe souhaite également accueillir les motoneigistes pendant l’hiver. L’investissement total est évalué entre 2,5 et 3 millions $.

Steeve Carpentier, Stéphane Diamond, Sophie Milette et Marie-Frédérique Allard ont formé l’entreprise «Le 2800 Tourisme sportif» l’an dernier et ils disposent maintenant d’un délai de cinq ans pour réaliser leur rêve. Dès le printemps prochain, au moins cinq chalets sont prévus. La résidence principale accueille déjà des groupes depuis le mois d’août.

«Le tourisme sportif prend de plus en plus d’ampleur», observe M. Diamond, qui envisageait un développement de mini-chalets locatifs depuis quelques années. «Les gens recherchent des vacances plus actives. Ils veulent prendre soin d’eux, ils sont sensibles à la nature, ils veulent bouger. On veut leur offrir tout sur le même site.»

«Il y a beaucoup de demandes pour le parc national», ajoute M. Carpentier. «Notre terrain de jeu sera juste à côté, avec en plus la rivière tout près.»

Certains sportifs ont pu utiliser les lieux l’été dernier, notamment avec l’équipe de triathlon de M. Carpentier. Même sans pouvoir compter sur l’entrée Saint-Jean-des-Piles du parc national en raison des travaux, les athlètes ont pu découvrir un parcours champêtre à Sainte-Flore.

«Quand on s’arrête et qu’on réfléchit aux opportunités qui s’offrent à nous, c’est fou!», s’enthousiasme Mme Milette. «On y va avec ce qu’on ressent. Dans nos vies, on travaille tous. On n’avait pas absolument besoin d’une opportunité d’affaires, mais on a envie de vivre une belle expérience. On se complète très bien. On veut faire quelque chose de sensé, avec un côté écologique important.»

Beaucoup de vie

Le projet est bien accepté dans la communauté. À l’assemblée publique de consultation présentée à l’hôtel de ville de Shawinigan le 17 septembre, seulement trois citoyens se sont déplacés pour s’enquérir de ce projet. L’approvisionnement en eau et le traitement des eaux usées ont alimenté quelques questions, mais le maire, Michel Angers, a assuré que des solutions seraient trouvées.

«On est rendu là; c’est ce qui nous reste à régler», confie M. Carpentier. «Ce n’est pas simple. C’est un gros défi et c’est compliqué, en raison des considérations environnementales.»

En 2015, le Groupe Terrestria avait dû trimer dur pour obtenir l’acceptation sociale de son projet, situé dans le même secteur, mais de l’autre côté du chemin de Saint-Jean-des-Piles. Pour le moment, deux immenses chalets ont été construits, mais ils ne sont toujours pas terminés. Ils semblent figés dans le temps depuis un an.

Jean Cloutier, responsable du concept de développement, confirme que toute cette propriété est maintenant à vendre. Le financier du groupe, l’homme d’affaires André Bellerive, doit passer à autre chose en raison de problèmes de santé.

M. Carpentier ne croit pas que les deux projets se nuiraient, même si le Groupe Terrestria prévoyait construire des résidences de tourisme à travers des attractions équestres. À elle seule, la première phase était estimée à 20 millions $.

«Si ça part, tant mieux», laisse-t-il tomber. «Je pense que d’ici 15 ans, il va y avoir beaucoup de vie à Saint-Jean-des-Piles.»