Sonia Chevalier, vice-présidente de Textiles Patlin, Patrice Chevalier, président de l’entreprise, et Marc H. Plante, député de Maskinongé, posent avec Amélie Lacerte, infographiste.

Produits personnalisés chez Textiles Patlin

Saint-Paulin — Textiles Patlin mise sur la personnalisation de ses produits pour se démarquer de la concurrence. Grâce à l’acquisition de deux équipements hyper spécialisés, cette personnalisation du produit n’aura aucune limite.

La direction de cette entreprise de Saint-Paulin annonçait vendredi un investissement un plan de développement de quelque 550 000 $, dont 400 000 $ ont été utilisés pour acheter des équipements d’impression qui sont inédits au Canada. Une imprimante numérique et une calandre pour le transfert par sublimation permettent au fabricant de produits d’habillage de fenêtres et de lits de produire des motifs et des couleurs au gré des désirs de sa clientèle provenant de magasins de décoration ou d’hôtels.

Le plan de développement établi par la direction repose sur deux objectifs: la diminution de l’inventaire de tissus et la possibilité de produire selon la volonté du client.

«Notre objectif est de doubler les ventes en trois ans», explique Patrice Chevalier, président de Textiles Patlin, une compagnie fondée en 1991.

L’imprimante numérique fonctionne avec de l’encre à base d’eau. On imprime d’abord sur du papier. Par la calandre, on transfère le motif sur le tissu.

«Le procédé est que c’est chauffé à 220 degrés Celcius sur le tissu qui restera résistant à l’usure causée par le soleil, le lavage. C’est important pour un hôtel qui investit dans ses chambres et qui veut que ça dure plusieurs années. Il n’y a pas de limite à ce qu’on peut faire pour l’aspect visuel pour des rideaux, des coussins, etc.», ajoute M. Chevalier.

L’idée de prendre ce virage numérique a commencé à germer dans la tête des dirigeants il y a quatre ans. Le projet s’est mis en branle il y a deux ans et l’entreprise est fin prête à conquérir de nouveaux marchés. Actuellement, 60 % de ses ventes sont destinées au secteur commercial et 40 % pour le secteur hôtelier. Textiles Patlin s’attend à ce que ces données soient inversées à court terme.

«C’est le marché qui veut ça, à cause des produits chinois et des ventes en ligne. Je me souviens qu’au début, on faisait des couvre-lits piqués qui se vendaient entre 1000 $ et 2000 $. Après on a changé nos équipements et on produisait des couvre-lits de 300 $ à 500 $!», rigole M. Chevalier.

La personnalisation du produit sera un solide élément de vente auprès du secteur hôtelier. De l’ensemble des ventes de ce secteur, 10 % sont réalisées au Québec, alors que le reste du Canada représente 70 % du volume d’affaires. Quelque 20 % proviennent du marché international, notamment des États-Unis et du Qatar. L’entreprise porte une attention particulière à ce pays. Le Qatar accueillera la Coupe du monde de soccer en 2022 et Textiles Patlin entend bien profiter du boom hôtelier pour y brasser des affaires.

Le développement des affaires à l’étranger complète l’investissement de ce plan de développement qui reçoit entre autres l’appui du gouvernement canadien, du gouvernement québécois (par le biais du Fonds régional de diversification économique), de la SADC  et de la MRC de Maskinongé.

Refrain connu

«Le défi est de prendre des commandes, mais aussi de les faire!»

Patrice Chevalier vit une réalité qui ressemble à bien d’autres chefs d’entreprises de la MRC de Maskinongé œuvrant dans le vêtement et le rembourrage de meubles. La direction de Textiles Patlin a des visées de développement, mais le manufacturier peine à trouver des employés pour répondre aux demandes de la clientèle.

Quelque 50 personnes travaillent à cette usine de Saint-Paulin. Trente sont affectés à la production, dont 25 sont des opératrices et des opérateurs de machines à coudre. Le plan de développement annoncé vendredi entraîne l’arrivée de huit nouveaux emplois. D’ici trois ans, entre 10 et 15 emplois devraient être créés.

«C’est difficile de trouver des couturières, reconnaît volontiers M. Chevalier. J’en prendrais quatre maintenant. Mais il n’y a pas de relève et les jeunes ne connaissent pas la couture.»

Une employée provenant d’un programme de formation en opération de machines à coudre s’est greffée à l’équipe. Pour faciliter le recrutement, l’entreprise forme elle-même ses futurs travailleurs. «Ils apprennent nos façons de faire, sur nos machines. Au fond, tout ce que ça prend, c’est quelqu’un de manuel et qui veut travailler. On offre un salaire entre 13 $ et 15 $ l’heure, les gens travaillent entre 35 et 40 heures par semaine et terminent leur semaine le vendredi midi.»

M. Chevalier croit que les instances gouvernementales doivent mettre en place des mesures facilitant l’arrivée de travailleurs immigrants. Il aimerait que les programmes destinés aux entreprises agricoles soient applicables aux compagnies comme la sienne.

Quelques clients de Textiles Patlin

  • L’auberge Godefroy de Bécancour
  • L’hôtel Delta de Trois-Rivières
  • L’auberge du Lac-à-l’Eau-Claire de Saint-Alexis-des-Monts
  • L’hôtel Marriott de Niagara Falls