Éric Bélanger et Louis Dicaire, président et directeur général de l’entreprise AGT Robotics, entourent Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale et député de Trois-Rivières, aux commandes d’un système robotisé.

Productivité et rareté de la main-d’œuvre: un virage numérique nécessaire

Trois-Rivières — Foi de Jean Boulet, c’est en prenant le virage numérique que les entreprises québécoises contourneront le problème de recrutement de main-d’œuvre pour augmenter leur productivité.

Le député de Trois-Rivières et ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale était dans les locaux d’AGT Robotics, jeudi, une entreprise spécialisée en solutions robotiques intégrées. Le travail effectué par cette compagnie trifluvienne, qui produit des équipements robotisés destinés à des entreprises manufacturières, entre parfaitement dans la vision du ministre concernant la nécessité de recourir à cette option.

«Près de quatre entreprises manufacturières sur 10 sont encore gérées avec des processus de production manuelle, 22 % des entreprises ont élaboré des plans ou une stratégie numérique et seulement 8 % des entreprises seraient au niveau de maturité numérique. Dans un contexte de rareté de main-d’œuvre, il faut que les entreprises augmentent leur productivité. La plupart des économistes me mentionnent qu’il ne faut pas travailler plus, mais il faut apprendre à mieux travailler. Et mieux travailler, ça passe par la numérisation, l’informatisation, la robotisation. Le but est d’être plus compétitif à l’échelle internationale.»

Éric Bélanger, président d’AGT, répète à son tour que la difficulté de trouver du personnel est un problème réel à la grandeur de l’Amérique du Nord. Et les prévisions annoncent que la situation va s’aggraver d’ici 10 ans.

«Les gens doivent trouver des solutions et l’automatisation en est une», raconte M. Bélanger, qui salue les programmes d’aide alloués par les gouvernements pour soutenir les entreprises manufacturières dans l’acquisition d’équipements automatisés, mais qui aimerait bien que ces programmes favorisent les entreprises canadiennes qui sont, comme la sienne, des fournisseurs de solutions robotiques.

écart

Selon le ministre Boulet, il faut s’attarder au niveau de productivité des entreprises québécoises qui traîneraient de la patte comparativement à d’autres marchés.

«Il y a encore un écart extrêmement important entre la productivité au Québec, la valeur de l’heure travaillée, quand on la compare en Ontario. Au Québec, c’est 60,15 $ par heure travaillée, alors que c’est 66,75 $ en Ontario. Quand on fait des comparaisons avec des pays membres de l’OCDE (l’Organisation de coopération et de développement économiques), on a du retard.»

Ce retard peut être comblé par la sensibilisation des entrepreneurs à l’importance de prendre ce virage. Le ministre Boulet mise aussi sur la formation à offrir dans le domaine de l’intelligence artificielle, une orientation qui correspond à la décision du gouvernement du Québec d’attribuer 23,4 millions de dollars sur cinq ans à Scale AI, un pôle d’investissement axé sur l’application de l’intelligence artificielle. Des spécialistes vont faire le tour du Québec pour former les entreprises et les travailleurs en intelligence artificielle.