Les activités du parc industriel et portuaire de Bécancour ont une grande influence sur les prévisions économiques 2017-2018 au Centre-du-Québec.

Prévisions modestes au Centre-du-Québec: les politiques de Trump se font menaçantes

En dépit d'une accélération attendue cette année, les perspectives économiques sont modestes pour le Centre-du-Québec en regard des autres régions de la province en 2017 et en 2018, avec une hausse moyenne du PIB nominal de 2,5 %. Et les politiques de Donald Trump se font menaçantes pour un territoire centricois hautement manufacturier. C'est ce qui ressort des dernières études régionales publiées par Desjardins.
On y apprend que le marché du travail devrait se replier à la suite des fortes créations d'emplois observées en 2015 et en 2016, alors que le taux de chômage augmentera légèrement au cours de la période de prévisions. Ce dernier restera toutefois moins élevé qu'au Québec et parmi les plus faibles de la province.
Si les investissements de la région ont progressé dans le Centre-du-Québec au cours des deux dernières années, une stabilité est attendue en 2017 et en 2018.
Les investissements auraient atteint plus de 830 millions de dollars sur la rive sud en 2016, soit une hausse de 11,2 % par rapport à 2015, selon les prévisions de l'Institut de la statistique du Québec.
Dans sa note, Desjardins souligne le cas de Silicium Québec à Bécancour qui, bénéficiant d'un rabais important du tarif d'électricité par le gouvernement du Québec, sera ainsi en mesure de poursuivre ses activités et d'accroître sa productivité, ce qui maintiendra les 
175 emplois existants. De plus, l'entreprise devrait investir au moins 12,6 millions de dollars d'ici quatre ans, notamment dans un projet de production et d'utilisation du charbon de bois provenant de la matière ligneuse de la région pour alimenter les besoins de l'usine.
Pour sa part, l'entreprise Olin investira environ 12 millions de dollars à Bécancour pour, entre autres, rendre l'usine plus sécuritaire, ce qui consolidera les 150 emplois actuels. 
Par ailleurs, le projet de fonderie pour la transformation du fer par la Société internationale métallique à Bécancour est toujours en élaboration. Ce dernier, qui est estimé à un milliard de dollars et qui créerait 174 emplois, a reçu des résultats positifs de l'étude de préfaisabilité. L'entreprise avance donc vers la prochaine étape qui consiste à obtenir les autorisations environnementales. L'ouverture de l'usine est prévue en 2020.
Toutefois, souligne Desjardins, la mise en service des usines d'hydrométallurgie et d'une raffinerie de terres rares de Minéraux rares Quest à Bécancour est retardée à 2021. Ce projet de 1,6 milliard de dollars, annoncé en 2013, doit créer 400 emplois. L'entreprise a évoqué des difficultés à réunir le financement requis pour expliquer ce report. Et on sait déjà que le projet de Gaz Métro Solutions Énergie, évalué à 75 millions de dollars, ne verra pas le jour. 
«Les économies locales demeurent à pied d'oeuvre pour stimuler leur développement. À Bécancour, les efforts mis de l'avant pour soutenir l'expansion des parcs industriels se poursuivent, une zone industrialo-portuaire sera implantée et un nouvel attrait touristique a vu le jour, soit une tour d'observation de quatre étages sur le quai de Sainte-Angèle de Laval», peut-on lire dans l'analyse de mai 2017.
On y rapporte aussi ce partenariat économique entre Trois-Rivières et Bécancour qui a été signé afin d'encourager le développement industriel et commercial de leur territoire d'ici 2018 (prospection, démarchage, accompagnement spécialisé aux projets, etc.). «Également, les MRC de Bécancour et de Nicolet-Yamaska ont conclu un partenariat afin d'associer leurs efforts et leurs actions pour développer les secteurs culturel, de l'agriculture ainsi que du transport des personnes», fait-on remarquer.
Au Centre-du-Québec, le solde migratoire interrégional s'est accru légèrement, bien que de manière modeste, au cours des dernières années. Cela est attribuable au fait qu'il y a de plus en plus de résidents qui demeurent sur le territoire au lieu de quitter pour d'autres régions.
Selon les projections de l'Institut de la statistique du Québec, le solde migratoire interrégional atteindra environ 926 personnes de 2016 à 2021, un niveau quelque peu supérieur à celui des cinq années précédentes (+878 personnes).
En outre, la région a gagné des rangs au chapitre de l'entrepreneuriat, ce qui a stimulé la création de PME et la diversification du tissu industriel centricois. Selon le classement de l'Indice entrepreneurial des villes de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, la ville de Victoriaville est passée du 61e au 19e rang de 2012 à 2016 et Drummondville a progressé de la 46e à la 28e position au cours de cette période. 
Parmi les défis qui attendent l'économie du Centre‐du‐Québec cette année et l'an prochain, on note le vieillissement rapide de la population, surtout dans les milieux ruraux, et les incertitudes entourant le secteur manufacturier. 
C'est que les changements qui risquent d'être apportés aux politiques commerciales par l'administration Trump, notamment en matière de droits de douane, génèrent de l'incertitude en ce qui a trait aux exportations de biens manufacturiers vers les États-Unis.
«Pour le Centre-du-Québec, qui est le centre manufacturier de la province en termes d'emploi (21 % de l'emploi total contre 12 % au Québec), il faudra surveiller comment et à quelle rapidité les mesures protectionnistes annoncées par le nouveau gouvernement américain seront mises de l'avant. La poursuite des efforts pour accroître la productivité dans ce secteur demeurera un atout de taille pour assurer la compétitivité des entreprises régionales», conclut-on, tout en évoquant le rôle particulier du Fonds de diversification économique.