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Le lait bio des Lampron, c’est de l’amour en bouteille et des vaches heureuses comme le soulignent Alexandre et Gabriel Lampron.
Le lait bio des Lampron, c’est de l’amour en bouteille et des vaches heureuses comme le soulignent Alexandre et Gabriel Lampron.

Prestigieux prix pour la Ferme Y. Lampron

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
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Saint-Boniface — La Ferme Y. Lampron de Saint-Boniface se fait connaître du grand public par son lait biologique commercialisé depuis un an et demi en bouteilles de verre consignées.

Cette ferme de 150 ans, qui en est à la septième génération, vient de remporter le certificat Or Lait’xcellent Bio des Producteurs de lait du Québec décerné à la ferme laitière biologique ayant la meilleure qualité de lait au Québec.

«L’an passé, tant pour le conventionnel que le bio, on était en deuxième position», précise Gabriel Lampron qui est de la septième génération de producteurs chez les Lampron.

Une tape dans le dos comme celle-là fait du bien à l’entreprise qui table sur le bien-être de son cheptel de 350 têtes, dont 180 vaches en lactation qui produisent 5000 litres par jour. Les animaux sont traités selon des normes qui leur assurent une meilleure santé. Les vaches ont de l’espace pour brouter et faire de l’exercice et leur alimentation répond au cahier de charges strict de l’industrie biologique. Bref, le lait bio des Lampron, c’est de l’amour en bouteille et des vaches heureuses.

Gabriel Lampron ne cache pas que la Ferme Y. Lampron s’inspire en effet du modèle extraordinaire de l’entreprise ontarienne Harmony Organic dont les principes de gestion assurant un meilleur bien-être animal ont été élaborés par Lawrence et Mathilde Andres, Suisses d’origine venus s’établir au Canada en 1979 et premiers producteurs de lait bio au Canada.

Eux aussi vendent leur lait en bouteilles.

Pour l’instant, seulement 5% de la production de la Ferme Y. Lampron est vendue en bouteilles consignées. Le reste est fusionné avec le lait des autres producteurs biologiques du Québec. «Les gens voulaient acheter le lait de notre ferme», explique Gabriel Lampron. L’idée de le vendre en bouteilles consignées directement aux consommateurs permet à l’entreprise de mettre en valeur son lait produit selon des pratiques «meilleures pour l’environnement et plus responsables. On veut faire un lait de vache avec ces valeurs-là», dit-il.

La Ferme Y. Lampron compte cinq actionnaires, «mon père, trois de mes oncles et moi qui suis de la septième génération», précise Gabriel Lampron, 28 ans. «Mon frère et deux autres cousins seraient intéressés à moyen terme», ajoute-t-il.

Le jeune homme constate que la croissance, dans le lait bio, augmente d’année en année. «On voit un petit plafonnement à cause du lait végétal, mais comme tous les produits biologiques, le marché est bon», dit-il. «Les gens sont de plus en plus conscients du coût réel des aliments. En achetant biologique, ils encouragent l’environnement et toutes les valeurs sociales qui gravitent autour de ça», plaide-t-il. «Le coût d’un aliment biologique, c’est vraiment le coût réel d’un aliment», fait-il valoir. «Lorsqu’on achète un aliment conventionnel, parfois, il y a des coûts qu’on ne paie pas, mais la société va les payer à un moment donné, ces coûts-là.»

«Ici, on soigne les vaches aux petits oignons et l’on respecte l’environnement. On croit à notre modèle», dit-il. «Ça fait longtemps qu’on gagne des prix pour la qualité de notre lait, mais il était mélangé avec celui des autres producteurs bios avant d’être vendu. Cette fois-ci, avec ce prix, les consommateurs pourront goûter directement le meilleur lait bio du Québec produit à notre ferme», se réjouit-il.

Le lait en bouteilles consignées «amène un coût de plus au produit parce qu’il y a de la manutention, du lavage des bouteilles, mais le consommateur embarque parce que c’est un produit réutilisable», fait valoir le producteur. Les consommateurs peuvent rapporter les bouteilles chez le marchand comme ils le feraient pour des bouteilles de bière. Les 2 $ de consigne sont donc remboursés aux clients.

Pour l’instant, la Ferme Y. Lampron fait aussi du lait au chocolat en bouteilles consignées et espère pouvoir fournir toutes les gammes de produits à ses clients, du lait écrémé à la crème. Le fromage éventuellement? «On ne ferme la porte à rien, mais on y va une étape à la fois pour rester en contrôle», explique-t-il. Ultimement, les actionnaires rêvent de voir l’entreprise transformer elle-même toute sa production. «Si le marché en a besoin, on va être là pour lui», assure-t-il.