Toute la classe politique était réunie pour le dévoilement de la maquette de la marina projetée au pied du pont de Grand-Mère.

Près de 14 millions $ pour une marina

Longtemps désirée, la fameuse marina du secteur Grand-Mère qui doit devenir le point d'ancrage de la navigabilité de la rivière Saint-Maurice entre Shawinigan et La Tuque a été annoncée en grande pompe en fin de matinée mercredi, sur le site de l'ancienne papeterie Laurentide. Un projet évalué à 13,8 millions $, financé à part égales par le gouvernement fédéral, celui de Québec et la Ville de Shawinigan.
Le site de l'ancienne papeterie sera complètement transformé par ce projet de marina, qui prendra forme dès l'an prochain.
Le complexe récréotouristique doit se développer sur deux plateaux, bordés par l'avenue Chahoon, l'avenue de Grand-Mère et la rivière. La phase initiale comprendra 99 quais, qui pourront accueillir des bateaux de plaisance de 20 à 35 pieds. Ce nombre d'espaces est retenu simplement pour éviter un Bureau d'audiences publiques sur l'environnement, nécessaire pour les projets de 100 quais et plus. Étant donné que le pont de Grand-Mère ne permet pas le passage de voiliers, ces derniers devront amarrer en amont, à une marina privée qui compte déjà 70 emplacements. Une entente est déjà prévue pour aménager un lien piétonnier entre les deux sites.
Des services d'essence, d'eau, d'électricité, de vidange septique, de buanderie, de toilettes et douches, de glace, d'Internet, d'entreposage, de restaurant-bar et de location d'équipement sont prévus à la capitainerie. Le site pourra également accueillir les motoneigistes en hiver, un parc pour enfants et une promenade. La rampe de mise à l'eau demeurera gratuite pour les Shawiniganais.
Au palier supérieur, le poste de garde deviendra un pavillon d'accueil avec un café-terrasse et une exposition permanente portant sur l'industrie et la rivière Saint-Maurice. Des discussions sont déjà amorcées pour l'implantation d'une auberge tout près de la Maison de la culture Francis-Brisson, de sorte qu'à terme, d'autres programmes gouvernementaux pourraient être sollicités pour atteindre des investissements totaux de 17 millions $.
Bref, du gros calibre et les intervenants politiques qui ont procédé à cette annonce multipliaient les superlatifs pour décrire leur fierté d'être associés à cet important projet.
Québec et Ottawa avancent donc chacun 4,6 millions $, par l'entremise du Nouveau fonds Chantiers Canada-Québec, volet Infrastructures provinciales - territoriales - Fonds des petites collectivités.
«Je suis sans paroles et pour ceux qui me connaissent, c'est assez rare!», sourit François-Philippe Champagne, ministre du Commerce international et député de Saint-Maurice - Champlain à la Chambre des communes. «Quel beau projet! J'ai grandi juste à côté. Je regarde ça avec une touche d'émotion. Michel (Angers) réussit à nous faire rêver, à nous amener plus loin comme citoyens de Shawinigan. Ça va transformer non seulement le bord de la rivière, mais la 6e (maintenant l'avenue de Grand-Mère).»
Ce projet, ajoute M. Champagne, placera dorénavant le majestueux cours d'eau comme «réelle destination touristique». «Shawinigan pourra se positionner comme la porte d'entrée du Saint-Maurice», image le ministre fédéral.
Julie Boulet, députée de Laviolette et ministre du Tourisme, fait remarquer que cette participation de 4,6 millions $ constitue la plus importante à être versée à partir du volet tourisme du Fonds des petites collectivités.
«Il ne faut pas résumer ce projet à une marina», suggère-t-elle. «Pour moi, où il prend tout son sens, c'est qu'on redonne accès à la rivière Saint-Maurice à l'ensemble de la population de la Mauricie. Tous les citoyens pourront profiter de cette infrastructure.»
Le début des travaux est prévu l'an prochain, sous réserve de nouvelles approbations à obtenir au ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.
«Je souhaite que tout soit parfaitement opérationnel en 2019», indique le maire de Shawinigan, Michel Angers. 
Encore des éloges
En plus d'avoir la fierté de dévoiler ce projet, le maire de Shawinigan a, une fois de plus, reçu un concert d'éloges des deux ministres régionaux. Mme Boulet s'est montrée particulièrement convaincante, saluant la vision et l'audace de Michel Angers. «Un homme qui n'a pas peur de défoncer des portes», partage-t-elle.
Cette annonce enterre celle réalisée en septembre 2013... également à quelques semaines des élections municipales. Les Quais du Saint-Maurice devaient entraîner des investissements privés de 32 millions $, tout près de l'autoroute de l'Énergie. Ce projet pharaonique, qui avait été annoncé avant même que des terrains riverains essentiels à cette marina aient été acquis, est disparu dans la nuit des temps.
«Ça n'aboutissait pas», explique M. Angers. «C'était complexe avec le ministère de l'Environnement et notre schéma d'aménagement. Le promoteur était intéressé, mais c'était devenu extrêmement compliqué.»
La Ville devait garantir une contribution financière pour qualifier le projet au programme d'aide, mais le maire souhaite refiler une partie de cette participation à un promoteur privé pour l'exploitation des lieux. La vente de terrains pour une éventuelle auberge apportera également des revenus, fait-il remarquer.
«Nous avons déjà des discussions en cours», assure le maire.
Ce dernier ne peut s'empêcher de rappeler que trois ans après l'arrêt des activités à la papeterie, les perspectives d'avenir s'annoncent des plus prometteuses à cet endroit avec le projet de Nemaska Lithium qui prend forme, de même que celui de cette marina.
«Nous avons fait le pari d'acheter ce site et de le transformer», rappelle M. Angers. «Deux ans plus tard, on peut dire mission accomplie!»