Les visiteurs étaient au rendez-vous pour les vacances de la construction dans plusieurs pourvoiries, c’est le cas à L’Aventurier du Gouin (sur la photo)
Les visiteurs étaient au rendez-vous pour les vacances de la construction dans plusieurs pourvoiries, c’est le cas à L’Aventurier du Gouin (sur la photo)

Pourvoiries: «On leur a fait découvrir le paradis»

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
LA TUQUE — Les pourvoiries de la Mauricie ont été prises d’assaut par les Québécois durant les vacances de la construction. Plusieurs d’entre elles ont affiché complet pendant les deux dernières semaines. D’un bout à l’autre de la région, les pourvoyeurs ont accueilli de nouveaux visages dans leurs établissements et ils estiment que plusieurs d’entre eux ont eu la piqûre.

«Ce que l’on a perdu en mai et en juin, c’est perdu. On arrête de vivre dans le passé et on vit dans le présent. Les gens étaient très heureux et ils sont repartis le sourire fendu jusqu’aux oreilles. C’était plein à 100 %», lance le propriétaire de la pourvoirie Domaine touristique à La Tuque, Dany Tremblay.

«J’ai été très étonné de voir la solidarité des Québécois. On sent qu’il y a plus de monde qui reste au Québec, pour plusieurs c’était leur première expérience. On leur a fait découvrir le paradis», ajoute-t-il.

Ce constat, il s’est fait aux quatre coins de la région pendant les deux dernières semaines de juillet. À la Pourvoirie Waban-Aki, on avoue battre des records de fréquentation. On a dû refuser des gens. Le propriétaire souligne même que le mois d’août est complet. À l’Aventurier du Gouin, c’est un peu le même constat.

«Pour nous, c’est une des très bonnes années, mais les vacances de la construction c’est toujours bon. En termes de réservations, le mois d’août est beaucoup plus fort que ce que l’on avait les autres années. On pense que ça va nous permettre de compenser un peu pour le mois de juin», note Geneviève Gingras, responsable de L’Aventurier du Gouin.

Ce que l’on constate également sur le terrain, ce sont les nouveaux visages, adeptes de pêche ou non, qui s’aventurent dans les pourvoiries pour la première fois. On remarque qu’il s’agit principalement de familles en provenance de grands centres.

«Les gens ont redécouvert ce que c’est une pourvoirie de l’an 2000. Les gens ont pris du poisson malgré toutes les canicules cet été. On ne les reverra pas tous, mais les gens nous ont découverts. Il y a encore beaucoup de gens qui pensent que les pourvoiries c’est un shack dans le fond du bois avec peu de services», lance le directeur des ventes et du marketing de la Pourvoirie du lac Blanc de Saint-Alexis-des-Monts, Daniel Grenier.

Des pertes importantes

Par ailleurs, la situation n’est pas rose pour tout le monde et la période de vacances qui tirent à sa fin inquiète certains pourvoyeurs.

Le propriétaire de la pourvoirie Domaine Touristique à La Tuque assure que les gens étaient au rendez-vous dans les dernières semaines.

«Il y a des pourvoiries qui ont plus de rebooking à faire en raison de l’absence de la clientèle européenne. Pour eux, c’est différent», indique Bruno Caron, président de l’Association des pourvoiries de la Mauricie.

C’est le cas de la Seigneurie du Triton où l’on pense que les pertes seront très importantes. Les dirigeants ont reçu des clients, certes, mais la situation a été éphémère.

«On a eu du monde presque comme à la normale pendant une semaine et là, ça redescend comme en juin. […] Présentement, toute notre clientèle européenne est annulée. Ça va être une fin de saison pénible. On a pris la décision de rester ouvert pour s’assurer que notre équipe puisse travailler avec nous tout l’été, pour montrer que le Triton est là malgré la crise et on va rester debout jusqu’à la fin de la saison», assure Nicolas Bernard de la Seigneurie du Triton.

On espère que les gens seront au rendez-vous pour le reste de l’été et à l’automne parce que l’offre d’activités est encore très intéressante, mais on ne se fait pas d’illusions.

Le son de cloche est le même à la Pourvoirie du lac Blanc de Saint-Alexis-des-Monts.

«C’est certain que ce n’est pas comme quand on a le marché européen. Ce n’est pas pareil, mais c’est quand même un bel été pour nous. Le mois d’août va être en deux temps, jusqu’aux alentours du 15 et du 20, ça va être encore bon. Après, c’est là que ça va être difficile pour les pourvoiries comme nous, qui habituellement ont environ le 2/3 de clientèle Européenne», souligne Daniel Grenier.

On se doute que les Québécois répondront présents à l’automne, mais surtout les week-ends alors que les touristes venus de l’Europe et des États-Unis occupaient les établissements pendant plusieurs jours dans la semaine.

«On ne rêve pas. Ça va être difficile», avoue M. Grenier.

Le retour à l’école pourrait également faire diminuer le taux d’occupation dans certains établissements même si la période de pêche a été prolongée.

«On peut pêcher jusqu’à la fin de septembre, c’est une nouvelle expérience, mais on a hâte de voir à la rentrée scolaire», a conclu Dany Tremblay.