Les développements résidentiels et commerciaux au District 55 font partie de la liste des investissements répertoriés par Desjardins dans son portrait économique régional.

Portrait économique: hausse des investissements

TROIS-RIVIÈRES — Des investissements en hausse et une croissance de l’emploi qui devrait se poursuivre en 2018: voilà quelques-uns des constats contenus dans le portrait économique publié par Desjardins pour la Mauricie.

D’abord, les investissements régionaux vont croître de 8,7 % en 2017 pour atteindre 819,5 millions de dollars. La croissance devrait également se poursuivre en 2018 et la présence de plusieurs projets en cours ou en élaboration sous-tend ce pronostic.

À cet effet, Desjardins évoque, entre autres, les développements résidentiels et commerciaux au District 55, la modernisation des installations portuaires de Trois-Rivières, l’essor du quartier Cité Nova et les projets d’Olymel à Yamachiche.

«La construction de l’usine de démonstration de Nemaska Lithium s’est récemment terminée, un projet de 38 millions de dollars. Toutefois, des investissements de 310 millions de dollars sont estimés pour la phase de commercialisation qui pourrait débuter d’ici la fin de 2019», peut-on lire dans l’étude.

On y fait également allusion au projet d’un milliard de dollars qui vise à implanter d’ici 2023 à La Tuque une bioraffinerie pouvant produire du diesel renouvelable à partir de résidus forestiers.

«La croissance économique de la Mauricie est en accélération depuis le début de 2017. Celle-ci devrait atteindre un rythme annuel de 2,4 %. Une cadence un peu moins rapide est toutefois attendue en 2018 (+2,1 %). Au cours de cette période, la progression du PIB nominal de la région demeurera en deçà de celle du Québec», fait remarquer l’économiste Chantal Routhier.


La croissance économique de la Mauricie est en accélération depuis le début de 2017
Chantal Routhier

Par ailleurs, Desjardins souligne que l’économie régionale devra faire face à des enjeux importants, notamment les négociations sur le bois d’œuvre et l’Accord de libre-échange nord-américain.

«Les perspectives économiques sont relativement modestes pour la Mauricie en regard des autres régions de la province, en moyenne, pour 2017 et pour 2018», fait-on remarquer dans le rapport.

Le marché du travail évolue en territoire négatif en Mauricie depuis le début de l’année de sorte que le bilan pour 2017 devrait s’inscrire en baisse de 0,2 %. Une croissance de l’emploi est toutefois attendue en 2018. De son côté, le taux de chômage demeure en diminution. Il devrait atteindre 6,3 % en 2017 et 5,9 % en 2018.

Desjardins relève les 270 emplois consolidés à l’usine Kruger de Trois-Rivières grâce aux 250 millions de dollars investis sur la machine numéro 10 pour fabriquer du carton. Et on fait mention du projet d’usine expérimentale de production d’huile pyrolytique fabriquée à partir des résidus forestiers que caressent le groupe Rémabec et Pyrobiom Énergies.

«L’entreprise Saint‐Augustin Canada Electric érigera une usine de fabrication de panneaux solaires à Trois-Rivières, un projet estimé à 28 millions de dollars et qui générera 40 emplois», retrouve-t-on dans la liste. Rapportant la vigueur de l’industrie touristique, Desjardins ne manque pas de parler du Centre d’événements et de congrès interactifs de Trois-Rivières, avec ses 48 millions de dollars d’investissements.

Par ailleurs, en Mauricie, le solde migratoire interrégional s’est accru au cours des dernières années. Cela est attribuable au fait qu’il y a de plus en plus de résidents qui demeurent sur le territoire au lieu de quitter pour d’autres régions. Selon les projections de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), le solde migratoire interrégional atteindra environ 4990 personnes de 2016 à 2021, un niveau quelque peu supérieur à celui des cinq années précédentes (+3673 personnes) 

Au chapitre du revenu personnel disponible et du taux des travailleurs, toutes les MRC de la région ont enregistré des résultats positifs au cours des dernières années. Sur le plan démographique, des croissances ont été observées au sein de la moitié des MRC de 2011 à 2016. «Les économies locales demeurent à pied d’œuvre pour stimuler leur économie», constate Desjardins.

À l’opposé de la majorité des régions du Québec, la croissance de la population sera un peu plus rapide en Mauricie au cours des prochaines années que par le passé. Selon l’ISQ, la hausse attendue se chiffrera à 1,1 % de 2016 à 2021 contre 1,0 % de 2011 à 2016. En 2021, pas moins de 27 % de la population de la région aura 65 ans et plus contre 20,3 % en 2011.

Le rythme de la construction neuve a rebondi en 2016. Au cours des neuf premiers mois de 2017, le nombre de mises en chantier a continué de fortement progresser (+74,2 % contre +15,5 % au Québec), de sorte que le bilan pour cette année devrait de nouveau s’inscrire en hausse. À l’instar du Québec, la construction neuve sera en ralentissement en 2018.

Le taux d’inoccupation restera élevé et atteindra 6,9 % en 2017 et 6,7 % en 2018. Les transactions de revente de propriétés existantes ont aussi été en augmentation depuis le début de 2017. Une hausse de 2,0 % est d’ailleurs prévue pour cette année. Pour l’an prochain, toutefois, une baisse des transactions est attendue. Le prix de vente moyen devrait diminuer de 1,0 % avant de rebondir de 0,6 % en 2018.