Le projet Cap sur 2030 du Port de Trois-Rivières est évalué à environ 235 millions de dollars.

Port de Trois-Rivières : le caractère urbain à développer

TROIS-RIVIÈRES — Que diriez-vous de vivre dans une tour d’habitations située sur les terrains du Port de Trois-Rivières, avec vue sur les activités du port et sur le fleuve Saint-Laurent? Si le projet Cap sur 2030 se réalise comme le souhaite Gaétan Boivin, cette idée pourrait bien se concrétiser d’ici quelques années.

Fort d’un plan de réfection de ses infrastructures, le Port de Trois-Rivières vise maintenant à améliorer sa productivité et aussi à développer son caractère urbain en lançant son projet Cap sur 2030, un projet de 235 millions de dollars qui aborde le développement résidentiel et commercial sur sa propriété.

Ce projet, dont les composantes ont été dévoilées mercredi après-midi à Trois-Rivières, est la suite logique de Cap sur 2020. Quelque 131,6 millions de dollars ont été investis au cours des dernières années afin de refaire et d’améliorer différents équipements du port trifluvien.

«Avec Cap sur 2020, on a fait quelque chose de bien. Le défi est de l’améliorer encore. On a besoin de plus d’infrastructures», commente M. Boivin, le président et directeur général du Port de Trois-Rivières.

Le nouveau projet prévoit l’amélioration de la chaîne logistique, l’ajout d’espaces d’entreposage et le développement de la zone riveraine qui comprend l’utilisation d’une partie de ses installations à des fins récréotouristiques, résidentielles et commerciales.

«On est un port urbain. On veut être un port accessible, être une fenêtre sur le fleuve, être un pôle d’attraction, avec des activités diversifiées. Pour le volet récréotouristique, on va travailler avec la Ville et les citoyens. La Ville veut amener des citoyens au centre-ville. On veut participer à la densification, amener des commerces de proximité. On veut vivre notre urbanité», raconte M. Boivin, en ciblant la zone située à l’est du terrain du port (entre le hangar numéro 1 et les bureaux administratifs).

Des investissements de 100 millions de dollars pourraient résulter de projets récréotouristiques, résidentiels et commerciaux. Mais avant de lancer quelque projet que ce soit, le Port de Trois-Rivières doit obtenir l’aval du gouvernement canadien afin d’obtenir le pouvoir nécessaire. Des discussions sont amorcées et l’atmosphère est positive, selon le pdg, qui souhaite une réponse dans les meilleurs délais.

L’amélioration de la compétitivité de la chaîne logistique est un élément sur lequel Gaétan Boivin insiste depuis longtemps. Le plan Cap sur 2030 vise à bonifier les services de transport maritime, mais aussi ferroviaire et routier. Du travail de lobbying devra être effectué auprès des responsables des services autres que portuaire et M. Boivin est convaincu d’y parvenir.

«Tu peux avoir le meilleur port, mais l’expéditeur recherche la meilleure chaîne. On met nos infrastructures à jour, il faut travailler sur les autres maillons. Il y a des défis qu’on veut relever. Il faut influencer et on est capable de le faire.»

La direction du port désire aménager de nouveaux espaces d’entreposage et construire des quais vers l’ouest. L’objectif est d’ajouter 175 000 mètres carrés aux terminaux du port. Celui-ci devra acquérir des terrains pour réaliser cette partie du projet.

Ce volet représente des investissements évalués à 125 millions de dollars. C’est sans compter les quelque 10 millions de dollars découlant des activités des fonds visant à soutenir l’innovation et le déploiement de projets environnementaux.

Le Fonds innovation veut appuyer la création de solutions novatrices dans le but d’augmenter la compétitivité du port. Par le biais du Fonds environnement, on vise à améliorer le bilan environnemental.

«Il faut garder le port productif. Le développement durable est important et il faut être innovant», souligne le pdg.

Si des discussions ont été amorcées avec le fédéral pour que la mission du port trifluvien soit adaptée afin de lui donner le pouvoir de réaliser du développement récréotouristique, résidentiel et commercial, le port souhaite que les gouvernements québécois et canadien embarquent financièrement dans le volet infrastructures.

Le projet Cap sur 2020 a profité de subventions des deux paliers de gouvernement totalisant 30,4 millions de dollars, soit environ 23 % des investissements globaux.