Le maire de Shawinigan et président du DigiHub, Michel Angers, en compagnie du directeur général du Réseau national des pôles régionaux d’innovation, Philippe Nadeau.

Pôles régionaux: un message à passer à la ministre Proulx

SHAWINIGAN — Difficile de faire ressortir l’impression qui s’est dégagée, à Shawinigan, à la suite de la visite de la ministre déléguée au Développement économique régional, Marie-Ève Proulx, lundi matin au DigiHub. Une femme à l’écoute, en mode découverte au Centre d’entrepreneuriat Alphonse-Desjardins, mais qui a laissé très peu d’indices sur l’avenir qu’elle réserve au Réseau national des pôles régionaux d’innovation.

La ministre entamait à Shawinigan sa tournée provinciale sur le Plan d’action gouvernemental en entrepreneuriat 2017-2022. En trame de fond se joue toutefois l’avenir du RNPRI depuis l’annulation du lac-à-l’épaule prévu les 7 et 8 février à Saint-Alexis-des-Monts. L’année financière 2018-2019 tire à sa fin et les responsables des 18 pôles régionaux se questionnent sur la suite des événements. Le réseau lui-même, dont la direction est établie à Shawinigan en raison de l’expérience du DigiHub, vit dans l’incertitude, malgré une entente de quatre ans signée avec le gouvernement l’an dernier.

En plus de saluer la présence de la ministre et son écoute, le maire, Michel Angers, glisse que la rencontre a surtout permis d’insister sur l’importance de continuer à bâtir ce réseau plutôt qu’à le faire vaciller.

«Notre objectif est bien clair: on veut sauver le travail qu’on a fait jusqu’ici», témoigne-t-il. «On ne peut pas jeter aux poubelles toute l’énergie qui a été mise pour le réseau national. Tout ça a été construit avec la collaboration des fonctionnaires du ministère (de l’Économie et de l’Innovation), qui nous ont donné un certain nombre d’orientations. Si elle souhaite mettre ça à sa couleur, nous allons nous ajuster sans aucun problème. Ce qu’on veut, c’est faire du développement régional.»

La visite et la rencontre ont duré environ 75 minutes. Le directeur général du RNPRI, Philippe Nadeau, souligne qu’au-delà des explications, il n’a rien décelé des intentions de cette visiteuse très attendue.

«Elle était en mode écoute», relate-t-il. «Il n’y a pas eu d’échanges particuliers. Elle est peut-être repartie un peu étonnée de tout ce que nous lui avons présenté.»

«Nous lui avons bien montré que nous n’étions pas une coquille de noix vide ou un simple observatoire éloigné des régions», ajoute M. Nadeau. «Nous posons des actions sur le terrain et nous avons des solutions.»

Ironiquement, le DigiHub fait partie de la majorité des pôles régionaux d’innovation qui n’ont toujours pas signé leur convention avec le ministère, même s’il s’agit de l’exemple qui avait inspiré l’ex-premier ministre, Philippe Couillard, pour en faire un modèle à reproduire dans l’ensemble du Québec, selon les forces de chaque région.

Par contre, le RNPRI a signé son entente de quatre ans. En principe, pour la première année se terminant le 31 mars, le gouvernement avait prévu un million de dollars pour la mise en place du réseau. M. Nadeau croit qu’un montant de 800 000 $ devrait finalement être suffisant.

L’entente prévoit le versement de 750 000 $ pour chacune des trois prochaines années financières, sous réserve des redditions de compte habituelles. Le directeur général précise qu’il n’a encore reçu aucune indication que des modalités de ce contrat avec le gouvernement puissent être modifiées.