La ministre déléguée au Développement économique régional, Marie-Eve Proulx, et le directeur du Parc Micro Sciences, Jean-Philippe Chenel.

Pôles régionaux d'innovation: «Il y a des ponts à reconstruire»

TROIS-RIVIÈRES — Tout en maintenant sa volonté de remettre en question les pôles régionaux d’innovation, la ministre déléguée au Développement économique régional, Marie-Eve Proulx, admet «qu’il y a des ponts à reconstruire» avec le directeur du Réseau national, Philippe Nadeau, au terme d’une rencontre tenue lundi. Et elle continue de parler d’un lac-à-l’épaule qui aurait coûté 70 000 $ alors que le principal intéressé rapportait une facture de 35 000 $.

«On commence une tournée et c’est la tournée qui va nous permettre d’évaluer si ça sera à revoir ou si c’est un modèle idéal pour tout le monde. C’est sûr que dans les dernières semaines, il y a eu plusieurs messages qui se sont passés par les médias et ce n’est pas toujours la meilleure voie de communication pour régler un dossier», a-t-elle admis en point de presse au Technocentre à Trois-Rivières.

La ministre amorçait en Mauricie une tournée dans toutes les régions du Québec afin d’échanger avec les acteurs clés sur certaines mesures du Plan d’action gouvernemental en entrepreneuriat 2017-2022. Or, la révision des pôles régionaux d’innovation et du rôle du Réseau national des pôles régionaux d’innovation fait partie des discussions.

«Je ne dirais pas que le réseau est menacé, je dirais qu’on est justement à évaluer toutes les mesures qui sont dans le plan d’action. Ça en fait partie. Nous, on va prendre le temps de rencontrer les acteurs pour connaître leur avis, pour s’assurer que c’est la meilleure mesure pour aider, accompagner les entrepreneurs et surtout les régions. On veut valider avec les entrepreneurs de partout au Québec s’il y a des mesures qui sont à modifier, s’il y a des choses qui sont à changer. C’est important pour moi de prendre le pouls des entrepreneurs et des acteurs économiques sur le terrain», a-t-elle précisé.

Disant vouloir faire le tour des régions «pour connaître exactement ce qu’on doit faire», Mme Proulx insiste toutefois pour dire que «les sommes dédiées dans le plan d’action vont rester pour les régions». «J’ai cette préoccupation importante que l’argent puisse être dans les régions, que les moyens soient là pour permettre aux entrepreneurs de se développer et de grandir comme entreprises», fait-elle savoir.

«Ce n’est pas l’ensemble des pôles qui étaient signés pour le moment, mais les sommes, c’est clair qu’elles se dirigeront vers les régions, il n’y a aucun doute. À savoir maintenant, est-ce que c’est la forme actuelle ou une forme différente, nous pourrons l’évaluer au fur et à mesure de notre tournée», renchérit la ministre.

Sa visite au DigiHub l’a-t-elle convaincu du bien-fondé des pôles d’innovation? «C’est notre première visite. Je veux vraiment me donner le temps. On va aller rencontrer les autres régions pour entendre l’ensemble des entrepreneurs. Je pense qu’il y a plusieurs acteurs aussi. Le gouvernement précédent a mis en place la loi 122 qui donnait la responsabilité du développement économique aux MRC. Ces gens-là ont aussi leur mot à dire. On va tenir compte de leur avis, on va vraiment entendre ce qu’ils ont à dire, et après ça, on pourra voir comment on va fonctionner pour les pôles. Au mois de juin, on devrait avoir pas mal avancé la tournée, on va pouvoir rencontrer les gens pour donner un peu les résultats», a-t-elle indiqué.

Par ailleurs, cette dernière continue d’affirmer que le montant du fameux lac-à-l’épaule était de 70 000 dollars. «Nos informations étaient justes, parfois, il y a de la distorsion dans les messages, on a toujours été clair avec M. Nadeau, notre information était juste, avait été validée, c’est pour ça qu’on a continué d’aller de l’avant avec notre décision et qu’on leur a demandé d’annuler ce lac-à-l’épaule. Le budget était clairement indiqué à 70 000 dollars. Nous, on a pris la décision sur ce chiffre, maintenant, s’il y a moins de monde, nous autres, on n’était pas au courant. Pour nous, c’était évident que dans les budgets, c’était 70 000 dollars. C’est eux-mêmes qui nous ont fourni l’information. Donc, on s’est basé sur ce qu’ils nous avaient fourni comme information», a-t-elle pris la peine de souligner.

Parlant d’une rencontre qui s’est bien passée avec M. Nadeau, «pour découvrir ce qu’était le DigiHub, leurs préoccupations et leurs enjeux», Mme Proulx considère «avoir bien entendu ce qu’il avait à me dire».

«J’ai parlé trois fois avec M. Nadeau préalablement à cette rencontre où il a pu exprimer ce qu’il avait à dire, j’ai pu exprimer aussi notre perspective par rapport à ce lac-à-l’épaule et à notre analyse du dossier. On avait eu plusieurs échanges avant, au-delà de ce qui avait été traduit dans les médias», conclut celle qui s’est dite inspirée par ses échanges avec les entrepreneurs de la Mauricie.