L’achalandage est en baisse constante à la bâtisse industrielle pour le Salon de l’emploi Trois-Rivières-Bécancour alors que la version virtuelle s’est avérée intéressante.

Plus de 1200 visiteurs pour le volet virtuel

TROIS-RIVIÈRES — Décidément, la sixième édition du Salon de l’emploi Trois-Rivières-Bécancour aura été celle des nouveaux phénomènes sociaux et économiques. Non seulement la baisse de l’achalandage qui fut constatée à la bâtisse industrielle mercredi reflète-t-elle un taux de chômage peu élevé, mais les bons résultats pour la version virtuelle du Salon, jeudi, témoignent de l’approche préconisée par la nouvelle génération de chercheurs d’emplois.

Vers la fin de la journée, le Salon de l’emploi virtuel avait déjà attiré plus de 1200 visiteurs alors que la direction d’Innovation et Développement économique Trois-Rivières souhaitait en obtenir un millier.

«Et avec 60 % d’entre eux qui proviennent de l’extérieur de Trois-Rivières, dont 22 % de Montréal et Québec, on a atteint l’un des buts du Salon virtuel qui était de rejoindre les gens de l’extérieur. On est vraiment content», a confié au Nouvelliste le directeur général adjoint d’IDETR, Jean Côté.

De plus, les visiteurs restaient sur le site pendant plus de 17 minutes en moyenne, «ce qui est énorme» alors que le taux de rebond était de moins de 2 %. «Les gens qui y allaient, ils y allaient vraiment dans un but, soit de dénicher un emploi», observe-t-il.

Dès la semaine prochaine, celui-ci entend bien tâter le pouls auprès des 25 employeurs qui ont participé au Salon virtuel. Il veut ainsi connaître leur satisfaction et voir «si ça vaut la peine de s’inscrire au Salon virtuel pour eux autres».

Les salons virtuels de l’emploi reproduisent en trois dimensions l’environnement d’un véritable salon traditionnel. Les candidats peuvent donc effectuer leur visite auprès des employeurs et interagir en temps réel directement avec ceux-ci à l’aide d’un espace de clavardage. Des informations et des documents peuvent également y être échangés via la plateforme.

Les employeurs y trouvent de nombreux avantages, car ils utilisent moins de ressources humaines et matérielles pour arriver à rencontrer les candidats alors que les chercheurs d’emploi n’ont pas à se déplacer pour aller à la rencontre des employeurs.

Quant à la formule traditionnelle, les organisateurs prévoyaient une diminution en raison de l’état du marché du travail qui s’est amélioré au cours des dernières années. «On s’attendait à une baisse quand même importante. Mais cela a été au-delà de nos espérances avec 375 visiteurs de plus qu’on s’attendait. On était bien content», avoue M. Côté.

Or, cette tendance à la baisse est bien installée depuis 2015. «Mais j’ai recueilli beaucoup de commentaires des exposants et ils étaient très contents de la qualité des curriculum vitae qu’ils ont reçus. Ça a été pas mal unanime de tout le monde qui était là. Ça rehausse la réputation de notre Salon de l’emploi», croit-il.

Avec un nombre de visiteurs qui est passé de 4400 à 2375 en quatre ans, M. Côté reconnaît «qu’on va devoir réfléchir là-dessus». «Ce qui nous réconforte par contre, c’est le fait que les employeurs nous disent que la qualité était là, que ça vaut la peine de le refaire et que c’est certain qu’ils vont être là l’année prochaine. Si l’on se fie sur les commentaires des participants, des entrepreneurs, on n’a quasiment pas le choix de revenir l’an prochain», souligne M. Côté.

Non seulement la disparition du salon physique est-elle peu probable, mais le nombre croissant d’employeurs pose même un problème d’espace.

«En fait, il va falloir réfléchir parce qu’on a dû refuser presque 30 entreprises. Évidemment, le taux d’employés descend, mais le nombre d’employeurs augmente, ce qui reflète vraiment la situation qu’on vit depuis un an, deux ans. Cette année, on avait plus de 80 employeurs et une centaine de kiosques au total. On est limité dans l’espace, mais on a pu constater qu’on serait capable de positionner une dizaine de kiosques de plus. Ça se fait», affirme-t-il.

Ce dernier admet que le futur Centre d’événements et de congrès interactifs (CECI) est «définitivement une option». «Le problème, c’est que si on change de place, évidemment, c’est parce qu’on va avoir plus de monde, et là, il y a toujours le problème de stationnement qui se pose. C’est tout ça qu’il va falloir évaluer, mais ça fait partie de notre post-mortem», a conclu M. Côté.

Nombres de visiteurs au cours des années 

2013: 4200
2014: 3900
2015: 4400
2016: 3800
2017: 3000
2018: 2375