Un avion Bombardier de la CSeries CS100.

Plainte de Boeing: Bombardier demande d’autres informations

À l’approche d’un important vote, Bombardier s’adresse à la Commission internationale du commerce des États-Unis (USITC) dans une tentative visant à mêler Embraer à son litige commercial avec Boeing à propos de la C Series.

Alors que la société brésilienne discuterait d’un rapprochement ou d’une alliance avec le géant américain, des avocats de l’avionneur québécois ont envoyé mardi une lettre à la secrétaire de l’organisme américain, Lisa Barton. Bombardier désire notamment porter à l’attention des autorités américaines une mise à jour effectuée vendredi dernier par Embraer à l’endroit de sa famille d’appareils E-Jets E2 - des concurrents directs de la C Series.

L’avionneur québécois cite un article dans lequel Embraer indique que la portée de son avion E190-E2, qui peut transporter jusqu’à 114 passagers, pourrait atteindre 2900 milles nautiques, plutôt que les 2850 initialement estimés, étant donné que l’appareil consomme moins de carburant.

Bombardier y voit un changement majeur, puisqu’il s’agit de la portée minimale citée par Boeing dans sa plainte déposée contre la C Series auprès du département américain du Commerce l’an dernier sur les avions de 100 à 150 places dotés d’une portée minimale de 2900 miles nautiques.

«Depuis le début, Boeing a évoqué les 2900 milles nautiques (...) pour prétendre qu’Embraer ne rivalisait pas avec la C Series ou la famille des 737 (construits par Boeing)», peut-on lire dans le document.

Selon les détails techniques cités dans l’article déposé par Bombardier, cet avion du constructeur brésilien répond à tous les critères énumérés dans la plainte de l’avionneur américain pour faire partie de l’enquête en cours.

La multinationale québécoise a récemment soulevé la thèse selon laquelle Boeing voulait écarter la C Series du marché américain afin de favoriser les appareils d’Embraer.

C’est le 21 décembre dernier que les échanges entre Boeing et Embraer ont été révélés, après les audiences qui s’étaient déroulées devant la USITC et auxquelles ont notamment participé Bombardier, Boeing, Delta Air Lines ainsi que des représentants du gouvernement canadien.

«Depuis le début, Boeing fait des réclamations fallacieuses, en commençant par demander au gouvernement américain d’ignorer le rôle qu’Embraer joue dans le marché, alors qu’il tentait secrètement d’acheter Embraer», a dénoncé le vice-président aux communications et affaires publiques de Bombardier, Mike Nadolski, dans une déclaration envoyée par courriel.

Cette récente mise à jour d’Embraer «réduit à néant la prémisse de la plainte de Boeing», a-t-il affirmé, ajoutant que la USITC devait inclure cette nouvelle information au dossier.

Mardi, l’avionneur brésilien a également publié un communiqué de presse pour vanter les performances de l’avion E190-E2 - dont sa portée - lors des essais en vol qui s’avèrent meilleures que ce qui était initialement prévu.

La USITC devrait trancher jeudi quant à savoir si la vente de 75 appareils CS100 à Delta en 2016 a porté préjudice à Boeing et sa famille d’appareils 737 MAX 7. La récente paralysie temporaire du gouvernement fédéral pourrait toutefois provoquer un report du vote.

En cas de défaite pour Bombardier, les C Series exportés au sud de la frontière devraient être frappés de droits compensatoires et antidumping finaux de 292,21 pour cent déterminés par le département du Commerce le mois dernier.

Boeing accuse Bombardier de concurrence déloyale, alléguant que la multinationale québécoise a bénéficié de subventions gouvernementales indues pour vendre ses avions à des prix jugés dérisoires à Delta, le plus important client de la C Series.

À la Bourse de Toronto, l’action de catégorie B de l’avionneur québécois a clôturé à 3,15 $, inchangée par rapport à la veille.