Plusieurs clients attendaient en file quelques minutes avant l’ouverture des Galeries du Cap.
Plusieurs clients attendaient en file quelques minutes avant l’ouverture des Galeries du Cap.

Place au magasinage à la sauce COVID-19

Trois-Rivières — Ça y est. Depuis lundi matin, il est de nouveau possible de se rendre dans les centres commerciaux de la région afin d’y effectuer des achats qui attendaient, ou tout simplement pour se gâter un peu en ces temps de pandémie.

C’était notamment le cas aux Galeries du Cap dans le secteur Cap-de-la-Madeleine à Trois-Rivières. Signe que les consommateurs avaient hâte d’y retourner, ils étaient plusieurs à attendre impatiemment en file à l’extérieur – en respectant évidemment les règles de distanciation –l’ouverture des portes, qui s’est exceptionnellement faite sur le coup de 11 heures. Ils semblaient vraisemblablement impatients de franchir cette nouvelle étape dans le déconfinement progressif qu’orchestrent les autorités québécoises depuis quelques semaines.

La propriétaire de la bijouterie La Perle rare, Krystel Levasseur, était notamment très heureuse de rouvrir cette succursale, après avoir pu faire de même avec celle de la rue Bellefeuille.

La propriétaire de la bijouterie La Perle rare, Krystel Levasseur.

«Ça fait du bien de voir des clients, mais également nos employés. Nous ne nous étions pas vus depuis la fermeture [le 17 mars]. On ressent beaucoup de fébrilité et il y aura une certaine adaptation, notamment car nous devons maintenant désinfecter les bijoux après qu’un client les ait essayés», explique-t-elle, avant d’ajouter qu’elle se considère chanceuse de vendre des produits en métal. Pour cette raison, elle n’est pas tenue de mettre en quarantaine les items essayés par un client, comme doivent le faire les marchands de chaussures par exemple.

«On peut les nettoyer facilement avec un produit désinfectant à base d’alcool. Mais on demande tout de même aux clients de ne pas essayer plus de deux produits», poursuit-elle.

Tout comme les commerçants qui louent des locaux dans l’édifice qu’ils gèrent – qui avaient d’ailleurs pratiquement tous rouvert leurs portes lundi matin – les gestionnaires du centre commercial de la rue Barkoff ont également mis en place une procédure et pris des mesures afin que les recommandations de la Santé publique soient respectées.

Les tables de la foire alimentaire du centre Les Rivières sont toujours inaccessibles.

Entrée et sortie limitées à une seule porte, flèches indiquant la direction à suivre quand on circule dans le mail, stations pour se désinfecter les mains à plusieurs endroits et affiches rappelant aux clients de respecter la distance de deux mètres: les règles que martèle le docteur Horacio Arruda depuis plus de deux mois ont été bien entendues.

Du côté du centre commercial Les Rivières, des mesures similaires ont également été mises en place. Mais comme l’endroit est beaucoup plus grand et achalandé que les Galeries du Cap, leur implantation a nécessité une plus grande logistique. La présence de plusieurs agents de sécurité – dont devant la seule porte par laquelle il était possible d’entrer et de sortir –, la limitation du nombre de personnes se trouvant en même temps dans les salles de toilettes et l’interdiction de s’asseoir aux tables de la foire alimentaire pour déguster un repas acheté dans un des restaurants ouverts font partie des initiatives de la firme Cominar, qui compte Les Rivières ainsi que la Plaza de la Mauricie à Shawinigan dont son portefeuille immobilier. La vice-présidente Talent et organisation, Sandra L’Écuyer, soutient d’ailleurs que tout a également été fait au centre commercial shawiniganais pour que la grande réouverture se déroule sans anicroche.

Pas foule

Soit parce que les acheteurs étaient encore un peu craintifs ou tout simplement parce que cette phase du déconfinement se déroulait un lundi, les clients étaient peu nombreux en fin d’avant-midi aux Rivières. Il était donc assez facile de respecter les règles de distanciation à l’intérieur du centre commercial du boulevard des Forges. De plus, la moyenne d’âge était plus basse qu’à l’habitude, signe que les gens âgés de 70 ans et plus, qui sont généralement nombreux à s’y rendre pour socialiser, ont préféré suivre les recommandations sanitaires que de reprendre leur routine.

Les clients étaient peu nombreux au centre commercial Les Rivières, peu avant-midi lundi.

Du côté du Carrefour Trois-Rivières-Ouest, il était encore plus facile de circuler sans devoir enfreindre les règles sanitaires. Le mail était en effet quasi désert en fin d’avant-midi. Par contre, il y avait toujours une longue file d’attente devant le magasin Walmart, comme c’est régulièrement le cas depuis le début du confinement. Rappelons que les magasins grandes surfaces de cette multinationale sont considérés comme essentiels par les autorités. Ils sont donc demeurés ouverts pendant la crise.

Aux Galeries La Tuque, la majorité des commerçants ont repris du service lundi matin. Quelques clients s’affairaient dans les boutiques. Il fallait toutefois faire preuve de patience pour faire des emplettes chez Dollorama, les clients ont dû faire la file à l’extérieur du commerce en raison d’un fort achalandage. Une seule boutique sur la dizaine était fermée lors du passage du Nouvelliste. À l’intérieur du petit centre commercial, des consignes de distanciation étaient bien visibles pour les clients.

Respecter l’image de marque

En ce qui concerne la signalisation et l’affichage usuels en cette période de crise sanitaire, la direction du centre Les Rivières a prêté une attention toute particulière au message ainsi qu’à la façon qu’elle le présente.

Aux Galeries La Tuque, la majorité des commerçants ont repris du service lundi matin.

«On a accordé une certaine importance à l’aspect visuel afin d’être arrimé avec notre image de marque. Oui il y a des contraintes dans tout ça et les messages doivent être clairs et concis, mais notre équipe de design a travaillé pour avoir une finalité qui est visuellement intéressante. Il y a également des messages qui sont plus chaleureux et ludiques», mentionne Mme L’Écuyer.

En insistant sur ce détail, Cominar voulait rendre plus agréable l’expérience de magasinage des clients, et ce, même si elle est grandement handicapée actuellement.

Avec la collaboration d’Audrey Tremblay