Les Manufacturiers de la Mauricie tiennent un avant-midi en lien avec le développement de la zone industrialo-portuaire. Le ministre délégué aux Affaires maritimes, Jean D’Amour.

Place à la phase promotion des zones industrialo-portuaires

TROIS-RIVIÈRES — Maintenant que les zones industrialo-portuaires (IP) sont implantées à Trois-Rivières et Bécancour, leurs dirigeants viennent d’entrer en phase promotion, d’où cette conférence organisée lundi à l’Auberge Godefroy par les Manufacturiers de la Mauricie et du Centre-du-Québec (MMCQ) en présence du ministre délégué aux Affaires maritimes, Jean D’Amour.

«Les zones industrialo-portuaires sont un outil de développement économique et social pour chacune de nos régions maritimes et le fleuve est un atout lié à la création d’emplois», a commenté le conférencier vedette.

Celui-ci a d’ailleurs dressé un bilan provincial des zones IP: 309 projets dans 15 régions, avec des investissements totaux de 1,673 milliard de dollars, dont 474 millions de dollars provenant du gouvernement du Québec, pour la création et la consolidation de 9854 emplois. Seulement à Trois-Rivières, on parle de 22 projets, pour des investissements totalisant 127,1 millions de dollars, ce qui comprend évidemment Cap sur 2020.

«Le top 3 des zones, c’est la région de Trois-Rivières-Bécancour», a lancé le ministre D’Amour qui a rappelé l’existence d’un Fonds de développement économique de 300 millions de dollars. Et dans un prochain mandat, il rêve déjà d’un deuxième plan d’action à saveur plus touristique et qui serait davantage axé sur les lacs et les rivières.

Par ailleurs, l’invité du jour a évoqué les enjeux de la main-d’œuvre dans le secteur maritime, les 15-24 ans étant sous-représentés. Quant aux métiers recherchés, il a identifié les débardeurs, courtiers en douane, ouvriers dans les usines de transformation et techniciens en chimie. Il a également parlé de l’importance de féminiser l’industrie maritime.

Au nord du fleuve, Innovation et Développement économique Trois-Rivières a mis de l’avant des outils marketing avec pour thème Prenez une décision TRès smart. On y fait mention des 3,15 millions de pieds carrés de terrains industriels disponibles ainsi que du milliard de dollars d’aide possible pour des projets d’investissement.

Fabrication et assemblage métallique, transport et transformation du vrac, biomasse et agroalimentaire: voilà les trois grands créneaux de la zone IP de Trois-Rivières. «C’est un choix intelligent», explique la conseillère en marketing chez IDE Trois-Rivières, Laurie Neault, qui vante la grande intermodalité de la zone trifluvienne, sa qualité de vie et sa main-d’œuvre qualifiée.

Au port de Trois-Rivières, on envisage d’autres projets tels que l’agrandissement de 75 000 mètres carrés de l’aire d’entreposage, le remplacement des échelles de quai, la réfection des quais B1 et B2 ainsi que l’ajout d’un Duc-d’Albe et d’un poste de vrac liquide. Du côté de Bécancour, on rapporte des opportunités d’expansion pour d’autres espaces d’entreposage et le prolongement de quais.

«Nous sommes complémentaires. On est capable de proposer une offre globale», a indiqué le président-directeur général de l’Administration portuaire de Trois-Rivières, Gaétan Boivin, qui s’apprête à participer à une mission en France. «Ça fait 50 ans qu’on se pratique pour notre futur», a renchéri le président-directeur général de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, Maurice Richard, qui est en pleine élaboration d’une planification stratégique.

Selon le ministre D’Amour, les deux villes possèdent les atouts nécessaires pour s’épanouir comme zones IP et «contribuer aux objectifs ambitieux de la toute première Stratégie maritime du Québec et la seule au Canada».

Car, pour 2030, ses objectifs sont les suivants: 30 000 emplois directs, une croissance importante du commerce de marchandises et des investissements publics et privés de neuf milliards de dollars, dont des investissements industriels privés de plus de 2,4 milliards de dollars et la création de 3000 emplois directs dans les zones IP.

«C’est un levier de développement extrêmement important», a soutenu le député de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard. «Le secteur manufacturier de nos deux régions peut tirer davantage profit de la présence des deux ports», a conclu le président du conseil d’administration des MMCQ, Normand Beaulieu.