Des employés syndiqués de la SAQ se sont rassemblés devant le bureau du député Jean-Denis Girard afin qu’il contribue au règlement du conflit de travail.

Piquetage devant le bureau de Girard

Trois-Rivières — Une centaine de personnes étaient présentes devant le bureau du député provincial Jean-Denis Girard, mercredi midi, afin de réclamer une action du député quant au conflit de la Société des alcools du Québec (SAQ). C’est dans le cadre d’une deuxième journée de grève des syndiqués de la SAQ que ce rassemblement avait lieu.

«On demande au gouvernement de faire plus que des promesses», indique Paul Lavergne, président du Conseil central du Coeur du Québec à la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

Les employés syndiqués de la SAQ, dont la convention collective est échue depuis plus d’un an, demandent de meilleures conditions quant à la conciliation travail-famille.

Le travail à temps partiel, un point central
Une des principales revendications des syndiqués de la SAQ est d’obtenir une stabilité d’emploi plus rapidement au sein de la société d’État. D’ailleurs, 70 % des salariés de la SAQ ont un poste à temps partiel.

«Ça prend à peu près 12 à 15 ans avant d’avoir un poste permanent, et donc d’avoir accès aux assurances», explique M. Lavergne. Selon lui, ces conditions plongent les employés de la SAQ dans une situation d’insécurité pendant plusieurs années. «On est capable de vivre avec cela quand on est jeune ou qu’on commence un nouvel emploi, mais après 10 ou 12 ans, on a hâte d’avoir une stabilité», dit-il.

Le nombre important de postes à temps partiel à la SAQ amène également certains employés à quitter leur emploi à la société d’État, selon Paul Lavergne. «Il y a beaucoup de gens qui ont leur formation, qui sont embauchés, mais qui quittent parce qu’ils n’ont pas d’heures. Il y en a aussi qui ont deux ou trois emplois pour arriver», soutient-il. Il faut dire qu’entre 700 et 800 employés de la SAQ travaillent entre 0 et 10 heures par semaine durant certaines périodes de l’année.

Les employés syndiqués demandent également à la partie patronale de garantir la publication des horaires de travail à l’avance.

Rencontre avec Jean-Denis Girard
Une rencontre a eu lieu mercredi entre Paul Lavergne, Isabelle Gélinas, déléguée régionale du Syndicat des employés de magasins et de bureaux de la SAQ (SEMB-SAQ), et Jean-Denis Girard.

«On a demandé à M. Girard s’il allait porter notre message à son gouvernement», explique M. Lavergne. Bien que les représentants syndicaux de la SAQ avaient rencontré le député auparavant, c’était la première fois qu’ils demandaient l’opinion de M. Girard concernant le conflit.

«Ce que M. Girard nous dit, c’est qu’il comprend notre demande, parce qu’il a lui-même une famille», affirme Paul Lavergne. «La conciliation travail-famille, il achète le produit.»

Par contre, Jean-Denis Girard ne cache pas aux représentants syndicaux que son pouvoir est limité quant à ce dossier. M. Lavergne et Mme Gélinas souhaitent tout de même que le député de Trois-Rivières y mette du sien pour que ce conflit qui perdure depuis 16 mois se règle une fois pour toute.

«Rapporter le message de ses concitoyens vers le haut, ça fait partie de son travail et on espère fortement qu’il le fera», note M. Lavergne.

En négociation depuis mars 2017
C’est en juin dernier que les membres du SEMB-SAQ ont voté à 91 % pour un mandat de six journées de grève. Ce mercredi marque la deuxième de cette série. La première journée de grève avait eu lieu plus tôt cet été, le 17 juillet.

Les 5500 employés membres du SEMB-SAQ sont sans convention collective depuis mars 2017. Il faut savoir que les points qui achoppent dans les négociations ne concernent pas de demandes salariales, mais bien la conciliation travail-famille. Les employés de la SAQ ont un salaire initial de 19,33 $ de l’heure, soit un peu plus de 7 $ au-dessus du salaire minimum au Québec.

Plus de 50 rencontres de négociation ont eu lieu entre la partie syndicale et patronale.

La SAQ en région
Les employés de la SAQ en Mauricie et au Centre-du-Québec représentent 232 travailleurs, dont 170 sont à temps partiel. Au total, on compte 22 succursales en région, soit 13 en Mauricie et 9 au Centre-du-Québec.

Ce mercredi, les succursales de la rue des Forges, à Drummondville, de la rue Notre-Dame Est, à Victoriaville, et du boulevard des Forges, à Trois-Rivières, demeurent ouvertes malgré la grève.