L’ancien ministre libéral Pierre Moreau a livré son premier discours public à Trois-Rivières, devant les membres de la CCI3R.

Pierre Moreau: «Je suis en désintoxication»

Trois-Rivières — «Je suis en désintoxication. Oui, je m’ennuie de la politique sauf certains matins car il n’y a pas de pénurie de gérants d’estrade.»

Voilà l’une des confidences de l’ancien ministre libéral Pierre Moreau aux membres de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières lors de son premier discours public depuis sa défaite électorale du 1er octobre 2018.

D’ailleurs, il avait réservé ses premiers mots pour les candidats aux élections fédérales. «Ça prend du courage pour faire ça. Une campagne électorale, c’est une job épouvantable, tu n’as pas de vie», a-t-il lancé en présence du député sortant du NPD dans Trois-Rivières, Robert Aubin, et de sa rivale libérale Valérie Renaud-Martin.

Et à tous ces commentateurs qui disent aux politiciens comment ils auraient dû réagir, le conférencier rappelle qu’en politique, il y a des contraintes qui s’appellent ressources financières.

«La politique exige un engagement entier et les trois ingrédients sont le travail, le travail, et le travail. Les décisions ont un impact sur toute la société québécoise et le premier ministre est à la tête d’un conseil d’administration qui gère 110 milliards de dollars. On peut changer les choses. C’est gratifiant, mais c’est aussi un sport extrême», avoue celui qui aura connu trois victoires «savourées sans se faire d’illusions» et deux défaites «acceptées avec humilité» entre 2003 et 2018.

Depuis un an, l’associé directeur au cabinet d’avocats se plaît à observer l’actualité et l’impact de la volonté politique. Il a cité l’exemple des 50 ans de l’homme sur la lune, un exploit réalisé à la suite d’un discours politique prononcé par le président Kennedy sept années plus tôt. Tout comme la volonté politique aura donné Hydro-Québec, la Révolution tranquille, l’assurance-maladie et les CPE.

«La politique est nécessaire et les partis politiques sont essentiels. Mais on ne se bouscule pas au portillon, au Parti libéral et au Parti québécois», fait remarquer celui qui a renoncé à se lancer dans la prochaine course au leadership du PLQ.

Non seulement, dit-il, les attentes de la population sont élevées, mais des défis tels que l’environnement vont nécessiter des solutions impopulaires et le premier ministre du Québec gagne quatre fois moins cher que le président d’Hydro-Québec alors que 114 employés de l’État gagnent plus que le premier ministre.

Depuis son retour chez Bélanger Sauvé, il a pu constater le développement des technologies alors qu’il avait évolué dans un monde sans Facebook ni Twitter avant de se lancer en politique. «Tout est dans le cloud et on ne voit pas le client. Ça ne se ressemble plus. Je me suis adapté à ça. Mais le contact humain a toujours son importance», a-t-il affirmé, donnant l’exemple de dossiers à Lac-à-la-Tortue qui se traitent maintenant par courriels et non plus par des réunions sur place.

Et selon lui, le monde des affaires doit maintenant composer avec l’urgence environnementale, la volatilité des marchés provoquée par «les tweets du gars en bas», les négociations des accords commerciaux et la pénurie de main-d’œuvre.

«Les perspectives de la Mauricie sont grandes», a-t-il conclu par rapport au pouvoir d’attraction des immigrants, à la présence d’employeurs importants tels que la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, l’UQTR et Marmen, à une démographie en hausse et à des atouts culturels et sportifs.