Mario Vincent, propriétaire du restaurant Vincenzo.

Pénurie de main-d'oeuvre: le Vincenzo ferme temporairement

La pénurie de main-d’oeuvre qui frappe actuellement l’industrie de la restauration a des répercussions directes pour le restaurant Vincenzo du centre-ville de Trois-Rivières, qui se voit contraint de fermer temporairement faute de personnel en cuisine. Devant le manque de main-d’oeuvre, le propriétaire a préféré rapatrier toute son équipe à sa succursale du secteur Cap-de-la-Madeleine, tout en lançant un cri du coeur pour tenter de trouver des employés qualifiés et prêts à venir travailler dans son établissement.

La pénurie de main-d’œuvre qui frappe actuellement l’industrie de la restauration a des répercussions directes pour le restaurant Vincenzo du centre-ville de Trois-Rivières, qui se voit contraint de fermer temporairement, faute de personnel en cuisine. Devant le manque de main-d’œuvre, le propriétaire a préféré rapatrier toute son équipe à sa succursale du secteur Cap-de-la-Madeleine, tout en lançant un cri du cœur pour tenter de trouver des employés qualifiés et prêts à venir travailler dans son établissement.

Il y a déjà plusieurs mois que le problème se fait sentir pour Mario Vincent. Le propriétaire de Vincenzo avait fermé le restaurant du secteur Cap pour la période estivale, en concentrant ses énergies au centre-ville durant cette période touristique achalandée. Avec le retour de la saison plus fraîche, l’équipe retourne donc à la succursale du secteur Cap pour l’hiver, et on ferme temporairement le Vincenzo de la rue des Forges. 

«Ce n’est pas faute de clientèle. Mais je n’ai pas assez de cuisiniers. Si je veux continuer d’offrir un bon service à ma clientèle, encore faut-il que je sois capable de fournir en cuisine autant que dans le restaurant», constate-t-il. Sur la page Facebook du restaurant, la direction a lancé un nouvel appel de recrutement, tout en annonçant la fermeture temporaire du restaurant. 

Mario Vincent estime qu’il y aurait des besoins pour recruter au moins cinq nouveaux cuisiniers. «Si on avait tout notre monde, le restaurant ouvrirait demain matin», ajoute-t-il.

À cause du manque de personnel en cuisine, le propriétaire du restaurant Vincenzo a dû fermer temporairement les portes de la succursale de la rue des Forges à Trois-Rivières.

Depuis trois ou quatre mois déjà, le propriétaire du Vincenzo dit avoir entamé des démarches pour recruter des travailleurs étrangers, plus spécifiquement mexicains, pour venir combler les besoins, mais les démarches administratives sont longues. Un constat que fait également l’Association des restaurateurs du Québec (ARQ), qui a récemment adressé des demandes au gouvernement afin d’assouplir certaines mesures et d’aider l’industrie à passer à travers cette pénurie de main-d’œuvre.

«Nous estimons que jusqu’en 2025, ça va continuer d’empirer. Dans cette optique, il faut trouver des alternatives. Peut-on permettre d’assouplir les règles imposées aux demandeurs d’asile pour qu’ils puissent venir travailler dans l’industrie en attendant? Ou encore assouplir les programmes pour travailleurs étrangers? Ce n’est pas comme s’ils allaient voler les emplois des Québécois, car on n’arrive déjà pas à recruter ici», croit Claude Gauthier, propriétaire du Castel des Prés et président de l’ARQ.

D’autres demandes ont également été formulées afin de revoir les calendriers scolaires des cégeps pour que les collégiens terminent l’école plus tard au printemps et reprennent plus tard à l’automne pour combler un manque dans la haute saison touristique. Le fameux dossier du partage des pourboires avec le personnel en cuisine fait également partie des revendications de l’ARQ, de même que plusieurs autres mesures.

«C’est un ensemble de mesures qui, mises en commun, nous aideront sans doute à pallier le manque de main-d’œuvre», résume Claude Gauthier, qui rappelle qu’en 2015, déjà 70 % des restaurateurs au Québec disaient vivre des difficultés de recrutement. «Je ne serais pas surpris qu’en 2017, ce nombre passe à 85 % ou 90 %», ajoute-t-il.

Formation

Au Centre de formation Bel-Avenir, on vit également le contrecoup de cette pénurie de main-d’œuvre pour le programme de formation en cuisine, que l’on explique à la fois par la baisse démographique, mais également par les exigences toujours plus grandes de la nouvelle clientèle face au marché du travail.

Le directeur du centre Bel-Avenir, Pierre Laliberté, est catégorique: il aurait la capacité d’ouvrir de nouveaux groupes sans problème si seulement la demande pour la formation de cuisinier était plus grande. 

«L’an dernier, nous avons diplômé 32 finissants. Mais j’aurais la capacité de diplômer une fois et demie ce nombre. Et je suis convaincu que tous les finissants termineraient la formation avec un emploi en poche», constate-t-il.

M. Laliberté confirme que le centre de formation reçoit de nombreux appels chaque année de restaurateurs de la région ayant besoin de main-d’œuvre qualifiée, mais ne parvient pas à fournir à la demande. Il remarque par ailleurs que bien souvent, de nombreux étudiants qui entament la formation de 1350 heures ne la compléteront pas.