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L’augmentation est survenue alors que les prix du bois d’oeuvre en Amérique du Nord ont atteint de nouveaux sommets en mai, alimentés en grande partie par la forte demande de rénovations par les propriétaires durant la pandémie.
L’augmentation est survenue alors que les prix du bois d’oeuvre en Amérique du Nord ont atteint de nouveaux sommets en mai, alimentés en grande partie par la forte demande de rénovations par les propriétaires durant la pandémie.

 Pas un mot à la ministre avant la récente hausse de tarifs sur le bois d’œuvre

James McCarten
La Presse Canadienne
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La ministre fédérale du Commerce international a déclaré qu’elle n’avait reçu aucun avertissement de son homologue américaine avant que les États-Unis ne proposent de doubler leurs tarifs sur le bois d’oeuvre canadien.

Mary Ng a affirmé lors d’une audience d’un comité de la Chambre des communes que la représentante américaine au Commerce, Katherine Tai, n’avait pas mentionné cette possibilité lors des réunions de la Commission du libre-échange le mois dernier.

L’augmentation préliminaire des tarifs sur le bois d’oeuvre résineux par le département américain du Commerce à 18,32 %, par rapport au niveau précédent de 8,99 %, est apparue trois jours plus tard.

Puisqu’il s’agit d’un taux tarifaire préliminaire, les taux actuels de dépôt en espèces continuent de s’appliquer jusqu’à la publication des taux finalisés, probablement en novembre.

L’augmentation est survenue alors que les prix du bois d’oeuvre en Amérique du Nord ont atteint de nouveaux sommets en mai, alimentés en grande partie par la forte demande de rénovations par les propriétaires durant la pandémie.

Ces prix n’ont cessé de baisser en juin, en partie parce que la vaccination et la diminution des craintes concernant la COVID-19 ont contribué à réduire la demande.

Lors de la réunion de vendredi du comité du commerce international de la Chambre des communes, la députée conservatrice Tracy Gray a demandé à Mme Ng si la représentante américaine avait mentionné l’augmentation à venir lorsque les deux se sont rencontrées virtuellement lors des réunions de libre-échange le 18 mai.

«Non, elle ne l’a pas fait», a répondu la ministre du Commerce international.

Lorsque Mme Gray lui a demandé pourquoi elle n’avait pas décroché le téléphone plus tard pour discuter des tarifs avec Mme Tai, Mme Ng a hésité.

«Je défends le secteur canadien de la foresterie de résineux et les travailleurs et entreprises du bois d’oeuvre en tant que priorité absolue», a-t-elle déclaré. «C’est un secteur très important qui emploie beaucoup, beaucoup de Canadiens, et c’est mon engagement à toujours défendre leurs intérêts.»

Les réponses de Mme Ng ont à peine dévié de ce thème tout au long de son apparition d’une heure, sauf lorsqu’elle a fait référence aux récents commentaires publics de la secrétaire au Commerce Gina Raimondo.

Mme Raimondo a déclaré lors d’une audience d’un comité sénatorial la semaine dernière que le prix du bois d’?uvre pourrait être un élan vers la résolution définitive d’un différend qui empoisonne les relations canado-américaines depuis des décennies.

«Le bon côté pourrait être que nous en profitions pour nous mettre tous autour de la table, y compris (la représentante au Commerce), pour trouver une solution à long terme avec le Canada», a déclaré Mme Raimondo lors de l’audience du 26 mai.

«C’est encourageant», a déclaré Mme Ng. «Notre travail ici est de nous assurer que nous défendons les intérêts de nos entreprises et du secteur contre cette révision et contre les tarifs qui ont été appliqués.»

L’industrie américaine du bois affirme que les produits canadiens sont «fortement subventionnés», à cause de droits de coupe jugés trop bas.

L’administration Trump a tenté d’imposer un tarif de 20% sur le bois d’?uvre résineux en 2017, mais cet effort a été sabordé après que l’Organisation mondiale du commerce s’est rangée du côté du Canada l’année dernière.

Arun Alexander, directeur général du bureau de la politique commerciale en Amérique du Nord du ministère des Affaires étrangères, a fait valoir que les tarifs douaniers sur le bois d’oeuvre sur les importations canadiennes n’ont servi qu’à rendre les maisons et les rénovations plus chères aux États-Unis.

«Le coût moyen d’une maison de classe moyenne aux États-Unis (...) a augmenté de 35 000 $ à 40 000 $ en raison des tarifs», a déclaré M. Alexander, citant des données de la National Association of Homebuilders, établie aux États-Unis.

Dans le cas des habitations multifonctionnelles, qui constituent la majeure partie des logements abordables aux États-Unis, l’augmentation a été d’environ 19 000 $, a-t-il ajouté.

L’association, a déclaré M. Alexander, «fait valoir avec beaucoup de véhémence? que les tarifs sur le bois d’oeuvre canadien ont un impact significatif sur le prix du logement aux États-Unis, surtout à la lumière de la reprise et pour le logement abordable».