Bien que la légalisation de la marijuana soit en marche au Canada, la Banque Nationale (TSX:NA) n'a pas l'intention de commencer à soutenir financièrement les joueurs de cette industrie potentiellement florissante.

Pas question pour la Banque Nationale de jouer les prêteurs

Bien que la légalisation de la marijuana soit en marche au Canada, la Banque Nationale (TSX:NA) n'a pas l'intention de commencer à soutenir financièrement les joueurs de cette industrie potentiellement florissante.
Ce dossier largement médiatisé a été abordé par le comité de gestion des risques de l'institution financière, qui a finalement préféré demeurer sur les lignes de côtés, a expliqué son président et chef de la direction, Louis Vachon, vendredi, en marge de l'assemblée annuelle qui se déroulait à son siège social de Montréal.
«Nous nous sommes demandés si nous devrions prêter de l'argent aux producteurs de marijuana et si nous devrions agir comme intermédiaire dans la vente d'actions d'entreprises productrices et dans les deux cas, nous avons décidé de ne pas le faire», a-t-il expliqué au cours d'une entrevue.
Aux yeux de la banque québécoise, le nuage de confusion entourant les intentions du gouvernement Trudeau dans ce dossier ne s'est pas suffisamment dissipé.
La Banque Nationale n'est pas la seule institution financière à faire preuve de prudence dans ce dossier: l'an dernier, avant que ne soit déposé le projet de loi visant à légaliser la marijuana, la Banque Scotia ainsi que la Banque Royale du Canada avaient refusé d'honorer des comptes à des entreprises oeuvrant dans le secteur du cannabis.
«Nous estimons qu'il y a encore trop de risques légaux, a affirmé M. Vachon. C'est un débat de société. Même s'il y a une loi, est-ce qu'elle pourrait être renversée par un gouvernement subséquent?»
Sans entrer dans les détails, il a expliqué que la Banque Nationale avait récemment refusé d'agir comme preneur ferme d'une émission d'actions que souhaitait effectuer un producteur de marijuana médicale présent au Canada ainsi qu'aux États-Unis.
Au Canada, une dizaine de producteurs de marijuana médicale sont actuellement inscrits à la Bourse. L'entreprise ontarienne Canopy Growth (TSX:WEED) a même une valeur boursière d'environ 1,54 milliard $ avec une action qui se négocie aux alentours de 9,90 $. De plus, une firme établie à Toronto, Horizon ETFs, vient de lancer un fonds négocié en Bourse composé d'un panier d'actions de 16 sociétés présentes dans le secteur.
D'après une étude publiée à la fin de 2016 par le cabinet de services professionnels Deloitte, le marché principal lié à l'achat de la marijuana récréative pourrait osciller dans une fourchette de 4,9 milliards $ à 8,7 milliards $. Ces prévisions n'incluent pas les impacts découlant de l'activité des producteurs, des dépenses de sécurité, du tourisme ainsi que de l'impôt versé par les joueurs de cette industrie.
M. Vachon n'a pas caché que certaines institutions financières pourraient éviter, pour le moment, de vouloir s'associer à l'industrie de la marijuana pour des questions d'image.
«C'est un autre enjeu, mais on ne s'est même pas rendu jusque-là chez nous avant de prendre notre décision», a-t-il dit.