Louis Boulet
Louis Boulet

Pas d’inquiétude chez Bottes Boulet

SAINT-TITE — L’entreprise les Bottes Boulet de Saint-Tite est doublement touchée par la pandémie. Puisque les commerces de détail qui vendent ses produits sont fermés, sa production est pratiquement à l’arrêt. À cela s’ajoute le report de la 53e édition du Festival western de Saint-Tite, une opportunité de visibilité en or pour l’entreprise, alors que des politiciens et des célébrités en profitent généralement pour se chausser chez elle. Malgré tout, le copropriétaire de l’entreprise familiale, Louis Boulet, ne s’inquiète pas outre mesure pour l’avenir.

«Ça ne change pas grand-chose pour nous. Les gens disent qu’on vend beaucoup de bottes à Saint-Tite, mais c’est plus pour les magasins de détail que c’est intéressant (le Festival). Pour un manufacturier comme nous, ça ne change pas grand-chose», indique M. Boulet.

Il rappelle par ailleurs que contrairement à un chapeau de cow-boy, les bottes fabriquées à Saint-Tite sont plus rarement le fruit d’un achat impulsif par des festivaliers désireux de ressembler le plus fidèlement à un cow-boy ou une cow-girl.

«Il reste quand même une portion de gens qui achètent au festival, mais c’est relativement marginal», affirme M. Boulet.

Selon lui, la perte de revenus liés à la vente lors du Festival devrait s’équilibrer avec l’absence de dépenses en commandites pour 2020. Il compatit cependant avec les commerçants et entrepreneurs de la région qui pâtiront de l’absence des quelque 600 000 personnes qui débarquent normalement à Saint-Tite pendant une dizaine de jours.

«Pour les commerces locaux, les gens qui louent leur terrain pour les roulottes ou les kiosques, ceux qui louent leur sous-sol, les restos, les dépanneurs et les épiceries, c’est dramatique. Il y a plein de petites compagnies pour qui ça représente une grosse partie de leur chiffre d’affaires, convient-il.

Commandes pour les policiers

Les Bottes Boulet n’échappent toutefois pas aux conséquences de la pandémie de COVID-19. Puisque les détaillants de ses bottes sont pour la plupart fermés, sa production est presque à l’arrêt.

«Je n’ai pas de demande parce que les magasins sont fermés. J’ai un inventaire, un stock en entrepôt. Et quand il va y avoir un retour, il va falloir adapter nos espaces de travail, quoique dans certains départements, on a déjà beaucoup d’espace parce qu’il y a de grosses machines qui séparent les employés. On a déjà des distributrices de Purell, mais il va sûrement falloir en rajouter», indique M. Boulet.

En attendant cette reprise de l’économie, seulement une dizaine de personnes travaillent toujours à l’entreprise qui existe depuis 1933. Elle en compte normalement 150.

«On a quelques employés qui restent pour finaliser quelques contrats avec des corps policiers en Ontario. On fournit les chaussures pour la Police provinciale de l’Ontario (PPO/OPP) et la police de Toronto, ainsi que d’autres villes ontariennes. On a aussi un petit contrat avec la GRC. Mais ce sont des petites quantités», précise M. Boulet.