La vice-présidente et directrice générale de l’Auberge Godefroy à Bécancour, Marie-Ève Boisclair.

Pas de tout repos pour les hôtels...

BÉCANCOUR — L’industrie hôtelière en région prend tous les moyens pour tenter de s’adapter à la nouvelle réalité de la pandémie. Si certains se voient contraints de fermer leurs portes, d’autres maintiennent leurs activités tant bien que mal.

Et voilà que l’Association Hôtellerie Québec (AHQ) annonçait vendredi que des hôteliers de partout au Québec seront appelés à offrir des services d’hébergement pour alléger le réseau de la santé qui risque la congestion à cause de la COVID-19.

L’Association précise que c’est à la demande des autorités de la Santé publique que les établissements hôteliers seront mis en disponibilité pour accueillir des cas mineurs et non infectieux de COVID-19. Ces personnes seraient placées dans quelques hôtels situés à proximité des centres hospitaliers.

Des représentants de la Santé publique ont déjà pris contact avec des hôteliers membres de l’AHQ afin d’entamer des discussions en ce sens. Dès que les ententes seront confirmées, la Santé publique prendra charge du protocole.

L’AHQ ajoute qu’elle travaille aux côtés des ministères concernés par la crise du coronavirus pour appliquer les mesures sanitaires dans les établissements et pour suggérer les aides économiques aux entrepreneurs et aux employés du secteur hôtelier.

Xavier Gret, président-directeur général de l’Association Hôtellerie Québec, affirme que les hôteliers se sont mobilisés car ils souhaitent contribuer à l’effort global de lutte à la pandémie.

«Nous, de notre côté, on s’est positionné très clairement, on reste ouvert seulement pour les services de première ligne quant aux entreprises qui n’ont pas le choix de demeurer ouvertes pour assurer des services à la population, des relocalisations après sinistre et des espaces de travail très vastes pour pouvoir dépanner», précise la vice-présidente et directrice générale de l’Auberge Godefroy à Bécancour, Marie-Ève Boisclair.

«Nous avons déjà des entreprises de services essentiels qui sont en hébergement à l’Auberge et on se devait de rester ouvert pour eux», renchérit-elle.

Et si jamais la Santé publique devait se tourner vers les établissements hôteliers, Mme Boisclair fait remarquer que plusieurs hôtels sont disponibles à Trois-Rivières. «Je ne sais plus qui est encore ouvert ou non. Si ça devient un besoin vital à la population, à ce moment-là, c’est sûr que le gouvernement va réquisitionner», affirme-t-elle.

Pour l’Auberge Godefroy, la priorité, «c’est de se garder un milieu aseptisé autant que possible». «Il faut assurer la sécurité du petit noyau d’employés qui nous reste et les entreprises qui vont rentrer chez nous. On ne fera pas entrer n’importe qui, même si on les a les espaces. On va choisir minutieusement les entreprises avec qui on va travailler et qu’on va laisser entrer dans nos espaces. Il n’y a qu’une porte d’accès et chaque personne qui rentre est questionnée», fait savoir Mme Boisclair.

Celle-ci ne cache pas essuyer des pertes présentement. «On s’ajuste en temps réel, les mesures de sécurité sont rehaussées à chaque jour pour protéger le peu de travailleurs qui nous restent en place. Et pour les clients, on a mis en place des mesures très rapidement la semaine dernière, avant même que tout se passe, au niveau de la pulvérisation», explique la dirigeante.

De l’autre côté du pont, sur la rive nord, le Holiday Inn Express reste aussi ouvert. «C’est sûr qu’il y a eu pas mal d’annulations, mais c’est un hôtel qui roule bien. Il y a assez de gens pour que ça vaille la peine de rester ouvert» déclare Charles Côté, directeur marketing et communication pour le Groupe Robin, qui est propriétaire du Holiday Inn Express de Trois-Rivières.

C’est sûr, dit-il, «qu’on a changé un peu nos façons de fonctionner». «On suit les règles du gouvernement au niveau sécurité pour les employés. Aucun employé n’arrivait de voyage. On a changé quelques petites choses, il a fallu qu’on ferme la piscine, le gym, qui étaient des endroits communs, on a changé notre formule de déjeuner parce que c’est un peu un buffet, on a transformé ça en buffet plus continental, tous les muffins sont tous enveloppés individuellement. Mais pour le reste, tout fonctionne comme d’habitude. On a augmenté naturellement au niveau de la désinfection des aires communs, les ordinateurs à l’entrée qui sont disponibles pour les gens», a-t-il énuméré.

Et les clients se voient remettre des documents à leur arrivée «pour leur expliquer comment on fonctionne et si jamais eux autres, ils ne sentent pas bien, de nous tenir au courant».

«Ce qu’on fait aussi, c’est que si on a des gens qui passent plusieurs jours chez nous, au lieu d’aller nettoyer leurs chambres à tous les jours, on y va à tous les trois jours pour espacer un peu les contacts entre les différentes personnes. Il y a plein de petites procédures comme ça qui ont été faites pour essayer de rendre le tout le plus sécuritaire possible. On s’entend que ce sont des contraintes assez particulières», reconnaît M. Côté.

En ce qui concerne l’hôtel Delta Trois-Rivières par Marriott, Le Nouvelliste a appris que les opérations se poursuivaient, malgré un taux d’occupation très bas et des mises à pied, et que des mesures d’hygiène exceptionnelles avaient été adoptées.

Finalement, un autre établissement hôtelier de la région, qui ne voulait pas être identifié, a dû fermer complètement ses portes et envoyer 90 % de son personnel au chômage.

Avec la Presse canadienne