David Rouault, propriétaire de Kangook paramoteurs, ne baisse pas les bras à la suite du violent incendie qui a ravagé son entreprise.

Paramoteurs Kangook prêt à redécoller

LAC-AUX-SABLES — Après la désolation et le découragement causés par l’incendie qui a pratiquement réduit en cendres, vendredi, dix ans de travail, David Rouault, propriétaire de Paramoteurs Kangook, situé à Lac-aux-Sables, est prêt à mettre les bouchées doubles pour éviter que son rêve et sa passion ne disparaissent en fumée.

«Pendant l’incendie, dans ma tête, c’était fini. On voit ça et on se dit que ce n’est pas possible. La première journée, on a juste envie de se mettre en boule et d’attendre que ça se passe. Le lendemain, ça allait un peu mieux, et le dimanche matin, froidement, c’est là que je me suis dit que je ne pouvais pas arrêter et on est reparti», raconte le père de quatre enfants.

C’est vendredi midi que l’incendie s’est déclaré dans l’une des bâtisses de Kangook. En quelques minutes, les flammes se sont propagées à l’ensemble du bâtiment.

«On a essayé d’éteindre avec les extincteurs, mais il était trop tard. Il y avait une énorme fumée, on avait des flammes au-dessus de la tête. Il fallait juste prendre soin de nous et sortir en urgence. Quand les pompiers sont arrivés, il ne restait déjà plus grand-chose», mentionne M. Rouault.

Les quatre personnes qui se trouvaient sur place n’ont heureusement pas été blessées. Toutefois, pour ajouter au malheur, l’entreprise de M. Rouault n’était pas assurée. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé. «J’avais essayé de m’assurer et c’était très compliqué parce qu’on est dans le domaine de l’ultraléger. Un domaine un peu à part et peut-être trop risqué pour les assureurs.»

Après le choc, il a fallu qu’il constate l’ampleur des dégâts. «Il faut être positif. C’est dur. Je ne cache pas que c’est dur, mais il faut regarder vers l’avant. C’est beaucoup d’argent, beaucoup d’investissements. En tant qu’entrepreneur, on ne se paie pas beaucoup. Moi, ce que j’ai fait chaque année, c’est améliorer la bâtisse, acheter de nouveaux équipements plus efficaces et plus productifs, c’est ça mon objectif, mais là on doit recommencer. Mais on n’a pas tout perdu. Notre expertise est encore là, alors on continue.»

Lundi, une corvée a été organisée pour nettoyer et tenter de récupérer du matériel. Voisins, clients et amis: une douzaine de personnes se sont déplacées. «Ça fait du bien de recevoir de l’aide comme ça. Ça réchauffe», lance le résident de Sainte-Thècle. De plus, une campagne de sociofinancement a été lancée sur le site GoFundMe par un client de l’Ontario. «Ça permet de racheter quelques équipements pour repartir, ça aussi c’est un baume au cœur.»

Cette entreprise qui existe depuis 2008 compte des clients non seulement dans le reste du Canada mais aussi un peu partout dans le monde. Environ 90 % de la production est exportée. Brésil, Australie, Suède, Italie, elle compte 17 distributeurs à travers le monde. En dix ans, Paramoteurs Kangook a fabriqué 1500 appareils. Elle conçoit aussi beaucoup d’accessoires.

L’entreprise est d’ailleurs en nomination dans la catégorie Développement de marché hors région au Gala reconnaissance de la Chambre de commerce de Mékinac. «On apprenait mardi matin qu’on était en nomination pour le Gala reconnaissance et trois jours plus tard il y avait l’incendie...»

M. Rouault a été en mesure de récupérer plusieurs gabarits, des pièces très importantes pour son entreprise, ainsi que des chassis et autres équipements. «On ne va pas repartir de zéro parce qu’on a quand même une base. On va se relever les manches, racheter l’équipement nécessaire et on va être de retour dans quelques semaines.»

Il ne sait pas s’il va rester à l’endroit actuel, mais il aimerait trouver une bâtisse dans la MRC de Mékinac. La MRC l’a d’ailleurs déjà contacté pour lui proposer son aide. En plus, il peut compter sur l’aide et la générosité de sous-traitants. L’un d’eux lui a offert de refaire des pièces gratuitement. Un autre lui a proposé d’accueillir ses deux employés pour qu’ils puissent poursuivre la production. «Techniquement, la semaine prochaine, on est prêt à repartir, pas avec nos équipements à nous, mais temporairement, on pourrait redécoller en attendant de trouver un local adéquat. Juste ça, c’est extraordinaire. On est loin d’avoir tout perdu.»