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Candide Bellerose se bat pour maintenir en vie l’entreprise qu’elle a lancée il y a cinq ans.
Candide Bellerose se bat pour maintenir en vie l’entreprise qu’elle a lancée il y a cinq ans.

Où est passée l'empathie pour les petites entreprises?

Sébastien Lacroix
Sébastien Lacroix
Le Nouvelliste
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Trois-Rivières — L’exaspération des gens envers la pandémie est telle que certains sont de moins en moins enclins à faire des concessions pour aider les petites entreprises qui se démènent pour survivre malgré les contraintes imposées par la Santé publique. La propriétaire de Lounika comportement canin, Candide Bellerose, en a vécu un échantillon, la semaine dernière, quand elle a vu une vague de désinscriptions après avoir investi de nombreux efforts pour mettre sur pied un cours en ligne de qualité pour garder la tête hors de l’eau.

En mars dernier, la clientèle avait pourtant été très compréhensive et avait sauté à pieds joints dans l’aventure alors que l’entreprise avait dû se revirer sur un dix cents après avoir été contrainte de fermer ses locaux. «Durant la première vague, les gens nous avaient suivis haut la main, mais là, ils sont tellement tannés qu’ils ne sont plus aussi compréhensifs», raconte Candide Bellerose.

Pourtant, forte de l’expérience acquise au printemps, son équipe s’est démenée pour mettre sur pied une offre de formation qui était encore meilleure pour pouvoir passer au travers les prochaines semaines de confinement. Celle-ci comprend de la théorie et des exercices pour les chiots ou les chiens. «Elle est tout autant individualisée, sinon plus, que celles qui se faisaient en présence. C’est comme s’ils étaient en classe», fait-elle valoir.

Après avoir travaillé fort pour préparer sa formation, Candide Bellerose était sur son nuage, convaincue d’offrir un produit de qualité qui allait plaire à sa clientèle. Un nuage duquel elle est rapidement tombée en voyant les demandes de remboursement entrer à la chaîne.

Elle a convoqué une «conférence de presse» sur la page Facebook de l’entreprise pour expliquer les changements et diminuer les craintes. Tout ça pour réussir à convaincre une personne de rester et trois autres de prendre un crédit, mais aussi pour voir d’autres demandes de remboursement se mettre à entrer. En deux jours à travailler d’arrache-pied, elle a dû remettre un total de 885 $ à une douzaine de personnes.

Celle-ci croit que la patience des gens est à bout avec les annonces des derniers jours. «Les gens sont tellement tannés que l’empathie semble avoir pris le bord, que c’est difficile d’être conciliant et qu’ils sont capables d’aller jusqu’à tomber sur la tomate d’une petite entreprise (…) comme si c’était leur faute s’ils doivent faire des concessions», observe Candide Bellerose.

«J’ai eu beaucoup de "ce n’est pas pour ça que j’ai payé, je veux un remboursement", ou du "je comprends, mais...". On a essayé de leur expliquer, mais c’était un non catégorique», se désole celle qui voit l’entreprise qu’elle a montée au cours des cinq dernières années être de plus en plus précaire. Au point où il lui sera difficile de faire les payes pour son équipe...

Sans supplier qui que ce soit, la propriétaire entend tout de même poursuivre la formation avec les quelques clients qui n’ont pas hésité à se lancer dans l’aventure de la formation à distance. Elle tentera comme elle le peut de vendre les places qui se sont libérées en quelques heures, la semaine dernière.

Son entreprise offre des cours de maternelle, des cours pour chiens adolescents, des cours pour les sportifs, des cours semi-privés pour les chiens réactifs en laisse et des consultations privées.

Dès le début du confinement, le printemps dernier, elle avait converti l’ensemble de ses services physiques en cours en ligne et des consultations par vidéoconférence.

Un service que la propriétaire de Lounika comportement canin entend continuer d’exploiter après le confinement si, bien sûr, la demande est au rendez-vous. Ce qui pourrait lui permettre de développer une clientèle provenant de l’extérieur de la région, fait-elle valoir.