Étienne Gélinas, vice-président d’Omnifab, pose devant le futur agrandissement de l’usine en compagnie du député de Maskinongé, Marc H. Plante.

Omnifab poursuit son expansion

LOUISEVILLE — Le vent qui souffle dans les voiles d’Omnifab depuis plusieurs années refuse de s’essouffler. L’entreprise de Louiseville investit 1 825 000 $ dans un projet d’agrandissement de ses installations dont la superficie doublera d’ici quelques mois.

Depuis trois ans, la compagnie voit son chiffre d’affaires augmenter de 20 % à 25 % par année et celui-ci approche neuf millions de dollars en 2018. Spécialisée dans l’usinage et la conception de pièces mécaniques, Omnifab n’a d’autre choix que d’agrandir son usine de l’avenue Dalcourt.

«On est plein actuellement. C’est pour soutenir notre croissance», raconte Étienne Gélinas, vice-président de la compagnie.

L’usine passera de 50 000 pieds carrés à 100 000 pieds carrés. De nouveaux équipements feront leur arrivée. De plus, Omnifab prévoit embaucher une vingtaine de personnes d’ici un an, ce qui portera son personnel à 100.

La volonté de nombreux clients d’Omnifab de développer l’aspect automatisation est une des raisons qui expliquent le boum du carnet de commandes. Omnifab réalise aussi des contrats d’installation de machines industrielles en plus de son travail de conception, ce qui vient diversifier sa palette de produits et services.

«Depuis environ deux ans, on a 10, 12 mécaniciens d’entretien qui offrent le service de maintenance en externe. Le service se promène. Les gars sont allés au Nunavut pour du travail de maintenance sur des projets d’installation de machineries et aussi pour des projets de modification. On est allé chez Olymel à Saint-Esprit (dans la région de Lanaudière) pour installer un équipement en provenance du Danemark. Et depuis 2013-2014, on a une équipe mobile d’usinage. On avait récemment des gars chez ArcelorMittal à Wabush durant trois semaines pour de l’usinage de pelles, de camions 20 tonnes. C’est pour de l’entretien et des réparations», continue M. Gélinas.

Omnifab veut diversifier son offre de services, mais veut aussi élargir son marché. L’entreprise commence par contacter ses clients au Québec qui ont aussi des usines aux États-Unis dans le but de se rendre au sud de la frontière pour réaliser différents contrats. L’État du Texas pourrait bien être le premier à recevoir la visite des gens d’Omnifab.

«L’exportation est pour continuer la croissance, dit le vice-président. On regarde pour que ça se fasse d’ici 2020.»

Le plan d’agrandissement d’Omnifab reçoit un coup de pouce de la part du gouvernement du Québec. Investissement Québec accorde un prêt de 660 000 $. Quelque 300 000 $ sont versés sous forme de prêt sans intérêt via le Fonds de diversification économique du Centre-du-Québec et de la Mauricie.

Marc H. Plante n’a pas raté l’occasion de souligner que l’aide gouvernementale frôle le million de dollars. Selon le député de Maskinongé, ce soutien est offert à une entreprise qui se démarque par son dynamisme et son sens de l’innovation.

«On ne peut pas être plus fier, car ce sont des gens avec une vision d’avenir. Ils sont capables de s’adapter aux marchés», raconte M. Plante, en lançant le défi à la direction d’Omnifab d’atteindre les 150 emplois d’ici 2022.

Cet investissement suit celui amorcé il y a plus de trois ans. À l’époque, quelque 884 000 $ avaient été consacrés pour agrandir l’usine et acquérir des équipements. Omnifab avait reçu des prêts totalisant 400 000 $ de la part du gouvernement du Québec.

Innover pour recruter du personnel

L’innovation est un principe à appliquer pour assurer la croissance d’une entreprise, mais aussi pour attirer de nouveaux travailleurs en cette période de pénurie de main-d’œuvre. La direction d’Omnifab en est pleinement consciente, elle qui doit trouver 20 nouveaux travailleurs d’ici 12 mois alors que la région affiche un taux de chômage sous les 6%.

«Vingt jobs, ce n’est pas évident, confesse le vice-président, Étienne Gélinas. On essaie d’innover. On n’a pas le choix.»

La direction mise sur certains aspects (aménagement d’une salle d’entraînement, participation à des activités sportives, présence d’une masso-kinésiologue) afin de régler cette partie du plan. 

De plus, elle s’apprête à bâtir son programme de formation pour chaque poste de travail. L’entreprise bénéficie déjà des programmes en apprentissage offerts par Emploi-Québec. Elle va s’en inspirer afin de permettre aux employés d’évoluer au sein de la compagnie à mesure qu’ils atteindront les objectifs fixés par ladite formation.

«Si tu réussis, tu montes de classe d’employés. On veut les faire cheminer comme ça. C’est un outil pour garder notre monde.»

Omnifab offre aussi des conditions salariales concurrentielles. Pour le personnel de la production, le salaire d’entrée est de 15,50 $ l’heure. Il peut
monter jusqu’à 25 $ à mesure que l’employé progresse au sein de l’entreprise.

«On n’a pas le choix de suivre la vague. Mais on se démarque par nos massages offerts le midi, les horaires flexibles, on s’est formé un club de dekhockey à Louiseville. Ce sont toutes des petites choses qui soudent l’esprit d’équipe», conclut M. Gélinas.