Shawinigan offre une nouvelle ressource aux entrepreneurs avec l’Accélérateur de croissance Desjardins. De gauche à droite: Jacques St-Louis (président des Caisses Desjardins du Centre-de-la-Mauricie), Simon Charlebois (directeur général du Fonds LaPrade Saint-Maurice), André Granger (chargé de projet, Accélérateur de croissance) et Michel Angers (maire de Shawinigan).

Nouvelle expertise pour propulser la croissance

SHAWINIGAN — Les entreprises du Centre-de-la-Mauricie bénéficient maintenant d’une nouvelle ressource pour accélérer la réalisation de projets d’expansion ou d’acquisition. Mardi matin, Desjardins, la Ville de Shawinigan et le Fonds LaPrade ont confirmé qu’André Granger, retraité de la Banque de développement du Canada, a été choisi pour guider les dirigeants qui se retrouvent au bout du tremplin, mais qui hésitent à plonger.

Dans les services municipaux ou gouvernementaux traditionnels, on retrouve du personnel qualifié pour accompagner le démarrage ou le redressement. La croissance est souvent négligée parce qu’elle est associée aux entreprises qui cheminent bien et qui ont ainsi moins tendance à rechercher l’aide d’experts en développement économique.

«Nous avons compris que des besoins n’étaient pas comblés», explique Simon Charlebois, directeur général du Fonds LaPrade Saint-Maurice, organisme qui a piloté cette initiative. «Un peu malheureusement, on se concentre souvent sur les entreprises qui ont des difficultés. On tient celles qui vont bien pour acquises.»

«Quand il est question d’opportunités d’affaires, de croissance, les gens n’ont parfois pas le temps de s’en occuper», ajoute-t-il. «Il y a aussi une question de compétences. Quand vient le temps de faire une étude de marché, des démarches d’obtention de permis, de gérer les ressources humaines, les entrepreneurs sont souvent pris au dépourvu et les fenêtres d’opportunités sont de plus en plus courtes. Si on ne met pas le projet en place, le compétiteur le fera.»

Le milieu investit donc 270 000 $ sur une période de trois ans pour la création du projet Accélérateur de croissance Desjardins, qui consiste essentiellement à l’embauche d’une ressource commune dédiée à ce mandat. M. Granger partage ses bureaux entre le Centre d’entrepreneuriat Alphonse-Desjardins et le Fonds LaPrade Saint-Maurice et il peut accompagner un entrepreneur sur une période variable, selon les mandats.

«Quand on parle de croissance, on parle souvent de sortir des sentiers battus, sortir de notre routine», explique-t-il. «Lorsqu’on se met à faire des choses différentes, on se pose énormément de questions. Et qu’est-ce qui arrive quand ça devient compliqué? On met ça de côté. Nos entrepreneurs ont des projets, mais la croissance peut prendre plus de temps. L’accélérateur de croissance sera la ressource qui aidera l’entrepreneur à faire ce qu’il avait envie. Souvent, c’est le temps et les ressources qui manquent.»

Desjardins, via son fonds spécial de 100 millions $ créé en 2016, investira 135 000 $ dans ce projet. Il s’agit d’une première annonce pour les Caisses du Centre-de-la-Mauricie dans le cadre de ce nouvel outil.

L’autre moitié est assumée par la Ville de Shawinigan. Le maire, Michel Angers, n’a pas raté l’occasion pour s’enorgueillir de l’éclosion de PME observée sur le territoire, particulièrement depuis la fermeture des grandes usines qui caractérisaient l’économie locale.

«Qui aurait dit qu’un jour, Shawinigan serait citée comme modèle dans la région, la province et même dans le monde?», demande-t-il. «Nous sommes dans un baby-boom entrepreneurial! Nous avons des outils comme le DigiHub et le Centre d’entrepreneuriat. Ce serait facile de s’asseoir sur nos lauriers, mais on se demande toujours si on peut en faire plus.»

M. Granger est entré en fonction à la fin août et il accompagne déjà des entrepreneurs dans des projets de démarche de qualité, de commerce en ligne et d’orientation stratégique notamment. L’accélérateur de croissance Desjardins privilégiera les secteurs manufacturiers, des technologies de l’information et des communications, des services aux entreprises et touristiques.

«La diversification économique est bien en place», résume M. Charlebois. «On tombe maintenant dans une phase de croissance d’entreprise et ce projet tombe exactement là-dedans.»