Philippe Nadeau, directeur général du DigiHub.
Philippe Nadeau, directeur général du DigiHub.

Nouvel outil pour favoriser l’achat local à Shawinigan: monshawilocal.ca

Shawinigan — L’achat local est devenu une marotte dans plusieurs communautés depuis le début de la crise sanitaire. Des entreprises incubées au DigiHub de Shawinigan profitent de l’occasion pour offrir une nouvelle plateforme dédiée à cette mission.

Triade et StartupX ont donc annoncé la création de monshawilocal.ca, qui permet la recherche par géolocalisation des commerces. La plateforme prévoit l’ajout d’une option transactionnelle et la création d’une boutique en ligne de base. L’outil peut être mis à jour par les commerçants, qui seront mis en vedette en rotation.

Une centaine d’adresses sont déjà inscrites. La plateforme est offerte sans frais, autant pour les commerçants que les consommateurs qui veulent privilégier l’achat local.

L’initiative n’aurait sans doute pas autant attiré l’attention dans la société pré-COVID. À l’ère du Panier bleu, le moment est bien choisi pour sensibiliser les commerçants à l’importance de l’étiquette locale... et à la création d’une boutique en ligne.

«Les gens ont reçu un électrochoc», croit Philippe Nadeau, directeur général du DigiHub. «Ils ne s’attendaient pas à devoir fermer aussi vite leur magasin.»

«On se parlait de développer un outil pour le commerce local, sans vraiment avoir le temps de s’y consacrer. La crise a précipité ce besoin. Le fait de parler à des entreprises d’ici, à voir le potentiel nous a incités à unir nos forces pour essayer d’amener une solution à court terme pour l’économie locale, qui en a bien besoin.»

M. Nadeau précise que d’autres briques s’ajouteront à cette initiative, au cours des prochaines semaines, pour «réinventer le commerce local». Il pense notamment à un service de livraison et à l’élaboration de critères pour uniformiser le concept de la fabrication locale, puisque l’interprétation peut varier. Le Regroupement des gens d’affaires du centre-ville de Shawinigan et l’Association des gens d’affaires de Shawinigan-Sud sont d’ailleurs associés à cette initiative.

Lancé au début avril par le gouvernement du Québec, le Panier bleu permet simplement de retracer des commerces locaux. Le site monshawilocal.ca ajoute l’option transactionnelle.

«Les commerçants qui ne sont pas encore très techno pourront mettre en place très rapidement des produits et les vendre de façon très simple», indique M. Nadeau. «Par contre, on ne veut pas devenir des concurrents des entreprises qui font des sites transactionnels. Notre offre sera très limitée. Ce sera une sorte d’initiation.»

Le directeur général du DigiHub se demande si cette plateforme ne réveillera pas également des initiatives qui sommeillent.

«De nouveaux commerces vont émerger, avec des produits ou objets fabriqués localement, de façon très artisanale, qui trouveront une audience avec ce que nous mettons en place», réfléchit-il. «Ça ne peut qu’être bénéfique pour tout le monde.»

Incontournable

Les mesures de confinement et la pause économique décrétée par le gouvernement du Québec ont bousculé la routine des commerces qui se contentent encore d’avoir simplement pignon sur rue pour brasser des affaires.

Une enquête rendue publique récemment par le Centre facilitant la recherche et l’innovation dans les organisations (CEFRIO) indique que les Québécois ont acheté pour une valeur de 12,45 milliards de dollars en ligne en 2019, une hausse de 19 % par rapport à l’année précédente. La valeur moyenne du panier mensuel a augmenté de 9 % pour s’établir à 318 $. Tout près de deux adultes sur trois (63 %) ont fait un achat en ligne en 2019.

Les consommateurs de Shawinigan vivent évidemment sur la même planète. La crise actuelle accentuera sans doute la tendance.

«À peu près tous les commerçants qui ont cette possibilité veulent essayer, même si c’est toujours un peu abstrait pour eux», observe M. Nadeau, qui ne pourrait donner une proportion des commerçants ou des services locaux qui possèdent un site transactionnel.

«Nous avons présentement 108 commerces inscrits et nous en avons à peu près la moitié qui souhaiteraient avoir une boutique en ligne. Ça donne une idée du portrait. Je pense que beaucoup vont s’essayer et y prendre goût.»

En fait, aucune campagne de sensibilisation ne vaudra l’expérience de cette crise, où des pans de l’économie sont tombés en quelques heures.

«Les gens ont sans doute compris que lorsqu’on n’a plus accès à leur commerce et que les consommateurs sont toujours là, il est bon de prévoir quelque chose pour continuer une activité commerciale», croit M. Nadeau. «Avec un minimum d’effort, ces entreprises peuvent continuer à afficher leurs produits et à vendre.»

Le responsable mentionne que des villes françaises ont déjà manifesté leur intérêt pour cette plateforme d’achat.

«L’objectif est toujours de réduire cet écart entre les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) et les petits commerçants locaux», résume M. Nadeau. «Nous allons leur apprendre à pêcher! Nous voulons qu’ils s’approprient les outils qui sont sur la table.»