On reconnaît sur la photo les intervenants qui ont mené à bien le projet, soit Lionel Arseneault, agent de développement du territoire à la MRC des Chenaux, Isabelle Bordeleau, agente de développement du territoire à la MRC de Maskinongé ainsi que responsable du projet, Robert Lalonde, préfet de la MRC de Maskinongé, Jennifer St-Yves Lambert, agente de développement touristique et culturel à la MRC de Maskinongé, Dany Dontigny, responsable de la Division des immeubles à la Ville de Shawinigan, ainsi que Julie Robillard, coordonnatrice aux projets spéciaux, aux relations avec le milieu et responsable du fonds de développement du territoire à la MRC de Mékinac.

Nouveau réseau régional de bornes de recharges

LOUISEVILLE — Plus que jamais, l’environnement est un enjeu qui interpelle et fédère les municipalités. Souhaitant favoriser l’électrification des transports, les MRC de la Mauricie se sont associées avec l’agglomération de La Tuque ainsi que la Ville de Shawinigan pour développer un réseau de 43 bornes publiques de recharge pour véhicules électriques qui s’étend sur l’ensemble du territoire de la Mauricie.

Ces 43 bornes de recharge électrique sont situées dans 27 municipalités de la région, dont plusieurs petites localités. Pour y arriver, les MRC des Chenaux, Mékinac, Maskinongé ainsi que l’Agglomération de La Tuque et la Ville de Shawinigan ont bénéficié d’une contribution de 240 000 $ provenant du Fonds d’appui au rayonnement des régions (FARR) du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation.

«L’environnement doit être une priorité», a affirmé le maire de Saint-Léon-le-Grand et préfet de la MRC de Maskinongé, Robert Lalonde. «Des efforts en développement durable sont souhaités par la population. C’est une priorité qui guide nos actions.»

Une récente consultation menée par la Table des élus de la Mauricie, d’où émane l’idée du réseau mauricien de bornes de recharge de véhicules électriques, a en effet démontré que les citoyens souhaitent que les élus locaux soutiennent et fassent la promotion d’initiatives et pratiques responsables en développement durable. Le nouveau réseau inauguré mardi s’inscrit dans cette démarche.

L’installation de ce réseau de 43 bornes de recharge électrique permettra de favoriser l’électrification des transports dans la région, croient les différents partenaires du projet. Cela répond aux besoins des propriétaires de véhicules électriques, dont le nombre est en constante croissance, mais aussi pour les futurs utilisateurs. Bien que les véhicules électriques soient quinze fois plus nombreux sur les routes du Québec qu’il y a cinq ans avec un total de 43 222 véhicules en circulation, l’absence d’infrastructures pour recharger les voitures est une raison souvent évoquée comme étant un frein à l’électrification des transports.

«Le but de ce projet est de rendre la région de la Mauricie la plus accessible possible pour l’ensemble des électromobilistes qui viennent autant de l’extérieur que du territoire», a expliqué Isabelle Bordeleau, agente de développement de territoire à la MRC de Maskinongé et responsable du comité régional du projet.

«Il y avait un manque à ce niveau. [...] C’est important d’avoir un réseau pour tout le monde avec des bornes qui ne sont pas trop distancées. Si on ne le fait pas, on va être à la traîne. C’est important que les gens puissent découvrir le territoire. C’est bon aussi pour les villages qui étaient moins accessibles en véhicules électriques parce qu’il n’y avait pas de borne électrique. Les gens savent maintenant qu’ils peuvent partir en Mauricie en toute confiance sans tomber en panne sèche, si on peut dire.»

Du courage politique?

Parallèlement à l’inauguration du réseau de bornes de recharge, Environnement Mauricie tenait en partenariat avec Roulons VERT et la MRC de Maskinongé la 3e édition de Roulons électrique, un événement qui permet d’essayer des véhicules électriques et en apprendre davantage sur la mobilité durable. Plusieurs modèles de véhicules fonctionnant à l’électricité pouvaient être découverts sur place, de même que des autobus électriques du constructeur québécois Lion. L’entreprise présentait un modèle d’autobus adapté ainsi qu’un autobus scolaire ayant des autonomies d’environ 225 km. Déjà présents sur certaines routes de la Californie et de la côte Est américaine, cet autobus scolaire entièrement électrique pourrait bien se frayer un chemin au Québec, mais cela nécessite du courage politique, estime Benoit Morin, vice-président vente et marketing chez Lion.

«Chacun des transporteurs privés qui exploitent ce genre de véhicule va nous dire qu’il faut que les Villes nous incitent à aller vers l’électrique. Il faut que les Villes donnent la possibilité aux transporteurs d’investir dans un véhicule qui coûte trois fois le prix et d’avoir un contrat qui va lui permettre de le rentabiliser en cinq ou même huit ans», a souligné en entrevue le représentant de Lion.

Les Municipalités devraient, estime l’entreprise, favoriser les appels d’offres réservés aux seuls véhicules électriques lorsqu’elles souhaitent acheter un véhicule de service. Si on compare simplement les prix des véhicules à combustion par rapport aux prix des véhicules électriques, ces derniers seront toujours défavorisés par la règle du plus bas soumissionnaire qui régit généralement les achats des Municipalités et des Villes.

«Il ne faut pas comparer un véhicule thermique avec un véhicule électrique», a ajouté Benoit Morin. «Et si on applique vraiment la règle du plus bas soumissionnaire, l’électrique va toujours gagner. Ce n’est pas le prix d’achat qui compte, c’est le prix d’exploitation pendant la durée de vie du véhicule.»