Mine de rien, pas moins de sept millions de dollars ont été investis par Nemaska Lithium à Shawinigan l’été dernier.

Nemaska: une direction rassurante

SHAWINIGAN — Le marché boursier a plutôt bien accueilli l’annonce de la prolongation des discussions entre Nemaska Lithium et le Groupe Pallinghurst, qui souhaite investir jusqu’à 600 millions de dollars dans l’entreprise minière. Mardi, le titre a clôturé à 0,235 $, en hausse de près de 7 % par rapport à la veille.

Rappelons qu’en fin d’après-midi lundi, Nemaska Lithium publiait un communiqué de presse dans lequel l’entreprise annonçait que les négociations avec Pallinghurst pourraient finalement se prolonger jusqu’au 31 décembre, selon la volonté des deux parties. Lors de l’annonce de l’arrivée de ce précieux investisseur en juillet, elles prévoyaient conclure la transaction en octobre.

Mardi matin, les investisseurs et les analystes financiers étaient invités à participer à une conférence téléphonique au sujet des derniers développements. En plus du président et chef de la direction de Nemaska Lithium, Guy Bourassa et de son chef de la direction financière, Steve Nadeau, le cofondateur du Groupe Pallinghurst, Arne H. Frandsen, participait à l’exercice.

Ses propos rassurants au sujet de son intérêt et du potentiel de la mine et de l’usine commerciale ne sont pas passés inaperçus. Le Groupe Pallinghurst étudie notamment la possibilité, de concert avec d’autres investisseurs tels que le Groupe Softbank et Investissement Québec, de bonifier sa participation pour remplacer les obligations de 350 millions $ que Nemaska Lithium doit rembourser, incapable de rencontrer les échéanciers qui étaient associés à cette mise. «Pourquoi avons-nous besoin de plus de temps que prévu?», questionne M. Frandsen. «Il est important de considérer que lorsqu’on regarde l’ensemble du montage financier, il faut savoir clairement d’où proviendront les fonds. Lorsque nous nous présenterons devant nos actionnaires pour suggérer cette transaction, nous saurons que le projet sera absolument viable, qu’il pourra être complété.»

«Nous avons convenu de prolonger notre coopération jusqu’à la fin de l’année, ce qui ne signifie pas que nous irons jusqu’à la fin de l’année», nuance M. Frandsen. «Cela signifie que nous aurons la paix d’esprit de poursuivre nos analyses jusqu’à la fin de l’année. Nous voulons voir comment pourrons-nous optimiser notre structure financière afin que le Nemaska Lithium qui sortira de cet exercice deviendra un leader mondial dans l’industrie du lithium.»

Usine Phase 1

Même en ralentissement depuis le début du printemps en raison des dépassements de coûts appréhendés, Nemaska Lithium a tout de même investi 7 millions de dollars à Shawinigan entre le 30 juin et le 31 août. Cette somme comprend non seulement des investissements en ingénierie de détail, mais aussi en équipements à longs délais de livraison.

L’ensemble du projet à la mine Whabouchi et à l’usine commerciale de Shawinigan est estimé à 1,3 milliard $, dont 821 millions $ sur les terrains de l’ex-papeterie Laurentide. En date du 31 août, seulement 130 millions $ avaient toutefois été engagés à cet endroit. Rappelons que l’été dernier, la société avait annoncé que la mise en exploitation de cette usine était encore repoussée d’un an, en novembre 2021.

Ces développements allongent toutefois la durée de vie de l’usine phase 1, dite de démonstration, jusqu’au 31 décembre. Dans le cadre du calendrier original, Nemaska Lithium prévoyait mettre fin à son exploitation l’été dernier.

«À la fin des activités de l’usine Phase 1, les employés devaient être transférés pour la préparation de l’usine commerciale», rappelle Gabrielle Tellier, chef du service des communications chez Nemaska Lithium. «Étant donné qu’il y a un certain délai dans les échéanciers, si on avait fermé cet été, il y aurait eu un espace. Dans ce contexte, nous avons décidé de poursuivre les opérations jusqu’au 31 décembre.»

Mme Tellier reconnaît que ce calendrier peut encore bouger, dans la perspective où la mise en exploitation de l’usine commerciale n’est pas attendue avant encore deux ans.

«Le calendrier ne peut pas être déterminé tant que le financement ne sera pas confirmé», convient-elle. «Nous regardons toutes les options sur la table pour optimiser l’utilisation de nos liquidités et le travail des employés.»

Prévue principalement à l’origine pour fournir des échantillons d’hydroxyde de lithium à d’éventuels clients, l’usine phase 1 fournit une certaine production à Johnson Matthey Matériaux pour batteries et à Leverton-Clarke.