Ex-dirigeants de Nemaska Lithium, Guy Bourassa et Michel Baril siégeaient également sur le conseil d’administration de la Corporation aurifère Monarques jusqu’au 24 avril.
Ex-dirigeants de Nemaska Lithium, Guy Bourassa et Michel Baril siégeaient également sur le conseil d’administration de la Corporation aurifère Monarques jusqu’au 24 avril.

Nemaska Lithium obtient un peu de liquidités

SHAWINIGAN — Toujours en processus de restructuration, Nemaska Lithium a trouvé une façon d’obtenir de nouvelles liquidités en procédant à la vente de sa participation dans la Corporation aurifère Monarques. Cette transaction, approuvée par la Cour supérieure du Québec, lui permet de mettre la main sur environ 3,5 millions $.

Pour Monarques, il s’agit d’une décision importante, puisque Nemaska Lithium détenait 6 % des parts de la société abitibienne, avec ses 15,8 millions d’actions. Le président et chef de la direction de l’entreprise, Jean-Marc Lacoste, précise toutefois que cette transaction, prévisible dans le contexte de restructuration, avait été suivie d’une prise de possession équivalente d’investisseurs américains.

Le titre de la jeune société aurifère a reculé jusqu’à 0,225 $ jeudi, mais s’est ensuite replacé pour clôturer à 0,265 $ vendredi à la bourse de croissance TSX.

«Pour nous, c’était important de mettre ce bloc entre les mains d’actionnaires majeurs aux États-Unis», explique M. Lacoste. «On ne voulait pas qu’il soit vendu sur le marché. La transaction a été organisée par des courtiers de Toronto et nous avons trouvé preneur pour ce bloc, qui représentait quand même près de 16 millions d’actions.»

M. Lacoste explique que Nemaska Lithium a participé à la création de Ressources Monarques, en 2011. La jeune société minière préférait alors se concentrer sur le développement du lithium.

«Monarques avait pris tous les actifs d’exploration de la Baie James qui ne concernaient pas le lithium», explique-t-il. «Depuis ce temps, Nemaska Lithium a toujours été actionnaire de Monarques. Quand Nemaska s’est mise sous la protection de ses créanciers en décembre, nous savions que le bloc que l’entreprise détenait dans Monarques serait vendu pour répondre à son manque de liquidités.»

Guy Bourassa, président et chef de la direction de Nemaska Lithium et Michel Baril, ex-président du conseil d’administration de la même société, siégeaient sur le conseil d’administration de Monarques depuis sa création jusqu’à ce qu’ils remettent leur démission, le 24 avril.

«On peut dire que la vente de ce bloc était complémentaire à leur départ», résume M. Lacoste.

Les activités de Monarques sont concentrées en Abitibi. «Nous avons une capitalisation boursière d’environ 70 millions $», précise le président et chef de la direction. «Nous avons deux usines et six projets aurifères lancés en Abitibi.»

En ce qui concerne Nemaska Lithium, le processus de restructuration se poursuit. PricewaterhouseCoopers a produit son cinquième rapport cette semaine, qui ne porte toutefois que sur la vente des parts de Monarques.

Dans son rapport précédent du 9 avril, le contrôleur avait précisé que 146 parties potentiellement intéressées à la relance de Nemaska Lithium avaient été contactées. En date du 6 avril, 22 avaient confirmé leur intérêt.

PwC n’a toutefois pas mis cette information à jour dans son dernier rapport. Rappelons que les entreprises ou partenaires financiers intéressés avaient jusqu’au 17 avril pour soumettre des lettres d’intention non contraignantes.

La relance de Nemaska Lithium est suivie de près à Shawinigan, où le démarrage d’une usine de transformation de plus de 800 millions $ est prévu en 2023.