À Shawinigan, la mise en exploitation de l’usine commerciale n’est pas attendue avant l’automne 2021.

Nemaska Lithium met une croix sur 350 millions $

SHAWINIGAN — Incapable d’en venir à une entente avec le fiduciaire d’obligations de 350 millions $ sur de nouvelles modalités liées aux échéanciers du projet, Nemaska Lithium a annoncé, mardi, qu’elle se passerait de cette somme dans son montage financier. Cette décision devrait accorder plus de latitude à ses partenaires en les libérant de certaines contraintes.

L’émission de ces obligations de 350 millions $, administrées par le fiduciaire Nordic Trustee, avait été annoncée en mai 2018, donc avant le dépôt d’une lettre d’intention du groupe britannique Pallinghurst, le 19 juillet dernier. Cet investisseur prévoit injecter jusqu’à 600 millions $ dans cet important projet minier, incluant un placement privé de 200 millions $ au prix de 0,25 $ par action.

Rappelons qu’en février, Nemaska Lithium annonçait que la poursuite du projet à la mine Whabouchi et à l’usine de production de Shawinigan nécessitait un investissement supplémentaire de 375 millions $. Depuis ce temps, les travaux de construction sont suspendus sur le site de l’ancienne papeterie Laurentide, bien que les travaux d’ingénierie de détail se poursuivent.

À la fin juillet, Nemaska Lithium annonçait de nouveaux échéanciers dans l’évolution de ses deux investissements majeurs. Si les nouvelles ententes de financement sont complétées à l’automne tel que prévu, les travaux de construction à Shawinigan pourraient reprendre en novembre. Le début de la production à la mine Whabouchi serait ainsi repoussé en juin 2020, tandis que sur les rives du Saint-Maurice, la mise en exploitation de l’usine commerciale n’est maintenant pas attendue avant novembre 2021. Grosso modo, les échéanciers en vigueur avant l’annonce des dépassements de coûts ont été déplacés d’un an.

Or, ce nouveau calendrier ne respectait plus l’une des conditions convenues avec la fiduciaire des obligations annoncées au printemps, plus précisément celle qui prévoyait l’achèvement du projet en juin 2021. Malgré les discussions des dernières semaines, les parties n’ont pu s’entendre sur aucun compromis pour maintenir ces obligations de 350 millions $ à de nouvelles conditions.

«La Société a pris la décision de ne plus poursuivre cette avenue et d’informer le fiduciaire des obligations et le comité ad hoc de même que son conseiller juridique qu’elle reconnaissait la compensation des obligations et le remboursement prescrit en vertu des modalités à la suite de l’événement modifiant la date d’achèvement du projet», émet Nemaska Lithium par voie de communiqué.

Son président et chef de la direction, Guy Bourassa, précise que la jeune société minière n’avait pas encore accès à ces capitaux et que cette décision lui permet même d’éviter de payer des intérêts sur ces obligations, prévues à l’origine pour une période de cinq ans à 11,25 % par année.

«Une autre condition portait sur la réserve d’un montant de 40 millions $ en cas de dépassement des coûts», ajoute Gabrielle Tellier, responsable des communications chez Nemaska Lithium. «Ce montant est maintenant débloqué et donc, plus accessible pour la société.»

Il semble que le Groupe Pallinghurst appuie cette orientation, puisque la vérification diligente de sa proposition se poursuit. Nemaska Lithium possède une entente d’exclusivité avec ce partenaire potentiel jusqu’au 19 octobre, mais ce délai peut être prolongé à la suite d’un accord entre les parties.

Mme Tellier mentionne que la décision de mettre immédiatement fin à ces obligations permettra à Nemaska Lithium de gagner en flexibilité. Mardi, le titre a fléchi de tout près de 8 % à la bourse TSX, clôturant à 0,29 $.

«Ces obligations venaient avec des conditions un peu plus contraignantes que certaines autres formes de financement qui pourraient se trouver accessibles et qui ne l’étaient pas quand cette entente avait été conclue», fait remarquer la porte-parole. «Nous avons peut-être des partenaires qui voudraient mettre une plus grande mise. Nous sommes confiants que cette nouvelle n’affectera pas la capacité du projet d’être mené à bien.»