La Cour supérieure du Québec approuve le plan de relance de l’entreprise Nemaska Lithium, qui veut notamment exploiter une usine de transformation à Shawinigan, sur le site de l’ancienne usine Laurentide.
La Cour supérieure du Québec approuve le plan de relance de l’entreprise Nemaska Lithium, qui veut notamment exploiter une usine de transformation à Shawinigan, sur le site de l’ancienne usine Laurentide.

Nemaska Lithium: la Cour supérieure approuve le plan de relance

Mathieu Lamothe
Mathieu Lamothe
Le Nouvelliste
SHAWINIGAN — Près de deux mois après sa présentation, la Cour supérieure du Québec approuve le plan de relance de l’entreprise Nemaska Lithium porté par Investissement Québec, la société Orion et la firme londonienne Groupe Pallinghurst.

Le juge Louis J. Gouin en vient à cette conclusion dans un jugement étoffé de 33 pages qui est tombé jeudi. Du même coup, il rejette la requête en contestation du créancier Victor Cantor, qui demandait que la proposition d’Investissement Québec et de ses deux partenaires ne soit pas entérinée. Par ailleurs, le magistrat insiste sur le fait que le plan de relance doit être mis en branle rapidement.

«Il est urgent que l’offre Orion/IQ/Pallinghurst soit approuvée et mise en oeuvre dans les meilleurs délais, les offrants n’ayant pas à subir davantage des délais que le Tribunal considère injustifiés dans les présentes circonstances. En plus de nuire aux offrants, tout délai additionnel nuit aux débitrices, à leurs employés et fournisseurs, à leurs créanciers, à la communauté et aux régions affectées par cette situation», peut-on notamment lire dans la décision.

Rappelons que Nemaska Lithium, qui s’était placée à l’abri de ses créanciers en décembre 2019, désire exploiter une mine près de la Baie-James et une usine de transformation à Shawinigan, sur le site de l’ancienne usine Laurentide.

Dans sa nouvelle forme, la compagnie ne sera plus cotée en Bourse. L’État québécois – qui a jusqu’ici perdu 71 millions $ dans l’aventure – et Pallinghurst détiendront l’entreprise à parts égales et Orion demeurera le principal créancier garanti, à hauteur d’environ 135 millions $.

La concrétisation de ce scénario signifie que les petits actionnaires de l’entreprise, parmi lesquels figurent des milliers de Québécois, vont complètement perdre leur mise, étant donné que la compagnie ne sera plus cotée en Bourse. Son titre avait d’ailleurs été radié du parquet torontois en février dernier.

Ayant pu se faire entendre pendant le processus juridique ayant mené à ce jugement, le Regroupement des actionnaires de Nemaska n’a pas réussi à rallier le juge Gouin à la cause de ses membres. Pour son ancien président depuis peu, Alain Clavet, la récente décision ne constitue cependant pas une surprise.

«Il n’avait pas le choix, car il n’y avait pas d’autre [offre]», laisse tomber celui qui indique que cette saga est terminée pour lui, et ce, même si d’autres membres du conseil d’administration envisagent prendre d’autres recours, si cela s’avère possible.

En ce qui concerne l’offre refusée du groupe Edda Stock Finance et Zingher Construct, dont il avait révélé l’existence lors d’un point de presse tenu à l’Assemblée nationale à la mi-septembre, M. Clavet assure qu’il croyait qu’elle était sérieuse. Or, à la lecture de la décision du juge Gouin, cela n’était pas le cas. Ce dernier indique que ce groupe avait fait fi des «règles fondamentales applicables» dans un tel processus de dépôt de soumission.

«Je suis d’accord avec le juge que cette offre n’était pas sérieuse. Mais nous ne le savions pas à l’époque. On croyait qu’il s’agissait de gens sérieux et qu’ils feraient le dépôt de 5 %, ce qui représentait un montant de 25 millions de dollars canadiens. Tout comme le juge, je considère que c’était une perte de temps, mais ce n’était pas de la mauvaise volonté», précise M. Clavet.

Ce dernier souligne par contre que cette histoire a mis en lumière le fait que les petits investisseurs ne sont pas assez protégés au Canada. En ce sens, il entend faire des représentations dans le futur auprès des gouvernements provincial et fédéral afin qu’une législation plus adéquate soit adoptée.

En guise de réaction, la direction de Nemaska Lithium s'est contentée d'émettre un communiqué en début de soirée dans lequel elle explique en long et en large les technicalités découlant du plan de relance, notamment en ce qui a trait aux impacts qu'il a pour les détenteurs d'actions. 

On peut également y lire que «l’opération est conditionnelle au respect des conditions de clôture usuelles. Nemaska Lithium et les promoteurs prévoient que la clôture de l’opération devrait avoir lieu au quatrième trimestre de 2020».