Guy Bourassa, président et chef de la direction de Nemaska Lithium.

Nemaska Lithium: «Ce rapport était primordial»

SHAWINIGAN — La confirmation de l’évaluation interne de Nemaska Lithium par une firme indépendante au sujet des sommes supplémentaires nécessaires à l’achèvement des mines Whabouchi et de l’usine de production de Shawinigan rassurera le marché et les investisseurs potentiels, croit Guy Bourassa, président et chef de la direction de l’entreprise.

Dans un communiqué publié hier matin, la société a dévoilé que la firme canadienne BBA «conclut à une estimation légèrement inférieure» au montant de 375 millions $ annoncé en février dernier. Cette somme, rappelons-le, doit s’ajouter aux 1,1 milliard $ déjà recueillis pour compléter les deux importants investissements. M. Bourassa n’a pas voulu dévoiler précisément à quel montant arrivait BBA.

«Leur mandat était de valider nos méthodes d’estimation», explique-t-il. «Ça a confirmé qu’elles étaient appropriées. Au bout du compte, ils arrivent avec un écart peu significatif, mais inférieur. Avec un contrôle plus serré, nous pourrons rentrer dans ce montant. Ça vient rassurer les investisseurs que nous avions déjà approchés. C’est la pierre angulaire pour continuer et fermer le financement additionnel dont nous avons besoin. Ce rapport était primordial et nous sommes contents qu’un tiers vienne confirmer tout ça.»

Au-delà des chiffres, M. Bourassa ajoute que cet audit indépendant confirme la crédibilité des correctifs apportés depuis février, qui devraient réduire les possibilités d’une surprise aussi désagréable au cours des prochains mois. D’ailleurs, un nouveau processus d’évaluation des risques vient d’être lancé avec des partenaires externes afin de «réduire au minimum les conséquences possibles d’éventuels imprévus».

Nemaska Lithium a aussi annoncé que la gestion des contrats et l’approvisionnement ont été rapatriés à l’interne, alors qu’avant le coup de tonnerre du début de l’année, une partie de ces responsabilités était attribuée à une firme de consultante externe.

L’entreprise analyse également ses ententes avec ses fournisseurs pour s’assurer qu’elles sont adaptées au rythme de construction. À Shawinigan par exemple, l’interruption d’au moins trois mois dans l’aménagement de l’usine de production permet d’avancer l’ingénierie du projet et ainsi, de préciser les devis.

«Nous avions des soumissions pour certains contrats qui n’avaient pas encore débuté», précise M. Bourassa. «Or, quand on va en appel d’offres avec 40 % ou 45 % d’ingénierie de détail, les entrepreneurs se protègent et il y a des possibilités de coûts supplémentaires. Pour certains contrats, nous avons donc décidé de retourner en appel d’offres quand nous serons plus avancés en ingénierie de détail. Ça aura un impact sur le prix. Il n’y aura plus beaucoup de place pour l’inconnu.»

2021?

Dans son communiqué, M. Bourassa parle de démarrer la production commerciale «dès que possible». Nemaska Lithium vise toujours une mise en exploitation de sa division shawiniganaise dans le deuxième semestre de 2020, mais la suspension des travaux risque de faire glisser cet échéancier de quelques mois. L’homme d’affaires ne peut toutefois encore donner un horizon plus précis pour le moment.

«Fort probablement qu’on va décaler d’au moins un trimestre», avance-t-il. «Mais tant qu’on n’aura pas arrêté la date finale du financement et la reprise de la construction, c’est impossible de donner une date approximative un peu crédible.»

La direction organisera sa conférence téléphonique de mise à jour sur la construction dans la deuxième moitié du mois de mai. Elle publiera les résultats de son troisième trimestre dans le même horizon. M. Bourassa ne peut pas encore indiquer si de nouveaux partenaires d’affaires seront annoncés à ce moment. La direction analyse même des hypothèses de fusion ou d’acquisition.

«Aucune pierre ne sera pas retournée», image-t-il.

Depuis la publication de son communiqué de presse du 13 février qui annonçait une nouvelle recherche de financement de 375 millions $, le titre de Nemaska Lithium peine à remonter la pente. Ce jour-là, sa valeur était passée de 0,55 $ à 0,36 $. Il a clôturé lundi à 0,285 $, en hausse de 5,6 % par rapport à vendredi. La semaine dernière, le titre était descendu à 0,25 $, son plancher de la dernière année.

«Tous les titres de lithium, incluant les producteurs majeurs, sont à la baisse», fait remarquer M. Bourassa. «En plus, nous avons une pression supplémentaire pour savoir comment on va se financer.»